CHAPITRE XXXI.

Page 431, ligne 16: Le duc de Beaufort, le héros de la populace

de Paris.

L'hôtel de Beaufort était alors rue Quincampoix.

Page 431, lignes 19, 20: Qui épouvantèrent le gouverneur, le

prévôt des marchands, les échevins.

Le carrosse du prévôt des marchands fut attaqué par la populace, et un

échevin fut blessé. On pilla la boutique d'un armurier nommé

Regnicourt. Un nommé L'Espinois, capitaine de son quartier, manqua

d'être jeté à l'eau, parce qu'il était accusé d'être retz ou mazarin.

Page 431, ligne 21: Et forcèrent à fuir sous divers déguisements...

La maréchale de Turenne, qui demeurait alors rue Saint-Louis au

Marais, alla rejoindre la cour; Seguier, premier président, en fit

autant, ainsi que le roi et la reine d'Angleterre, qui se trouvaient

alors à Paris. (Loret, liv. III, p. 64.)

Page 432, ligne 9: Força de recourir à une assemblée générale.

Talon donne, dans cet endroit de ses Mémoires, des renseignements

curieux et intéressants sur les grandes et les petites assemblées de

la ville de Paris.

Page 432, lignes 16 et 17: De ses soldats déguisés en gens du peuple.

Lefebvre de La Barre, prévôt des marchands, donna sa démission

aussitôt après le tumulte.

Page 432, ligne 22: A se soustraire à la fureur populaire.

Les vers de Loret, quoiqu'ils soient toujours dépourvus de grâce et de

poésie, ont, en racontant ces scènes déplorables, une naïveté qui

plaît, parce qu'on y voit une douleur sincère dans celui qui les

écrivait. Ce gazetier si insipide, ce versificateur si plat, était un

des plus honnêtes hommes de cette époque; il montre partout les

sentiments d'un bon Français; et s'il flattait les grands, il ne les

abandonnait pas dans le malheur, comme le prouva l'affaire de Fouquet.

Page 434, ligne 24: Avaient encore augmenté le resserrement de la

population.

Talon dit qu'il y avait alors cent mille personnes auxquelles la

charité était distribuée. Le pain blanc valait le 6 juillet onze à

douze sous la livre (c'est vingt-quatre sous d'aujourd'hui). Le pain

bis valait sept sous (quatorze sous).

Page 435, ligne 21: Pour un vol de 300,000 livres de marchandises.

C'est Chavagnac lui-même qui raconte ce fait. Ces marchandises

appartenaient à des bourgeois de Paris.

Page 435, ligne 25: Gaston fit aussitôt conduire le comte de

Rieux à la Bastille.

Il est fait mention de cette affaire du comte de Rieux dans plusieurs

des Mémoires du temps; mais c'est dans les Mémoires de Talon qu'elle

est le mieux détaillée.

Page 436, ligne 11: Beau, galant, gracieux et enjoué.

Voici le portrait que Bussy-Rabutin, qui n'est pas louangeur, nous a

laissé du duc de Nemours: «Ce duc avait les cheveux fort blonds, le

nez bien fait, la bouche petite et de belle couleur; il avait la plus

jolie taille du monde, et dans ses moindres actions une grâce qu'on ne

pouvait assez admirer; l'esprit fort enjoué et badin.»

Page 438, ligne 25: Pour en arracher cette détermination.

Condé, par le moyen de ses liaisons avec l'Espagne, avait obtenu, au

moyen d'une rançon, la liberté du duc de Guise, fait prisonnier par

les Espagnol, lors de son expédition contre le royaume de Naples; mais

en arrivant à Paris le duc de Guise se déclara pour le roi, et siégea

dans la séance où la déclaration royale qui proscrivait Condé fut

enregistrée. Le duc de Rohan aussi accepta l'amnistie, et ne suivit

pas Condé.

Page 439, ligne 24: Depuis qu'il n'était plus obligé de la disputer

à Nemours.

Lorsque Condé, par une habile manœuvre, eut enfermé l'armée de

Turenne entre la sienne et celle du duc de Lorraine, il fut saisi

d'une fièvre qui lui dura quelques jours, et l'empêcha de profiter des

succès de ses combinaisons. Guy-Joly dit, dans ses Mémoires, que cette

indisposition de M. le Prince fut causée par une comédienne dont il

s'était trop approché. Ce qui me semble prouver, comme je l'ai dit,

que Condé bien avant son départ de Paris était fort refroidi à l'égard

de la duchesse de Châtillon.

Pages 441, lignes 1 et 2: De femmes qui dans le vice conservassent

moins de respect pour la vertu.

Sauval donne encore pour amants à la duchesse de Châtillon, Bouchu,

intendant de Bourgogne, et Cambiac, auquel il donne le titre de

chanoine d'Alby et de Montauban. Mais Sauval, mal instruit des choses

de la cour, a écrit longtemps après les événements. Pour tous ces

petits faits scandaleux, qui ont de l'importance par leur influence

sur les grands événements, il faut consulter les Mémoires des

personnes qui ont connu les personnages mêmes auxquels ces anecdotes

sont relatives. Les Mémoires de Montpensier, de Motteville, et surtout

ceux de Bussy, sont les meilleures sources et les plus authentiques.

Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6) · 第 74 / 146 题