Page 286, ligne dernière, et 287, ligne première: Il (le marquis de
Sévigné) ne fut.
Conrart dit de Sévigné: «Quoiqu'il eût quelque esprit et qu'il fût
bien fait de sa personne, on ne s'accommodait point de lui, et il
passait presque partout pour un fâcheux.» Ceci a été écrit avant la
comédie de Molière, et démontre que cette expression était en usage
avant notre grand comique.
Page 289, ligne 24: Portaient ainsi un remède à la sédition.
Le prévôt des marchands et toute la cour, intimidés de la hardiesse et
de l'insolence des séditieux, voulaient qu'Anne d'Autriche allât loger
avec le roi à l'hôtel de ville; mais elle eut plus de courage et de
tête que tout ce qui l'entourait, et comprit toute l'importance d'une
telle démarche.
Page 292, ligne 11: Ce parti, proposé par de vils et ambitieux
courtisans.
M. de Saint-Aulaire ne parle qu'obscurément de ce projet, et semble
l'attribuer à la reine. Anne d'Autriche gardait bien ses secrets; on
voit que même avec le maréchal Duplessis, qui lui était tout dévoué,
elle dissimulait, et qu'elle ne laissa pas percer vis-à-vis de lui le
projet qu'elle avait de faire arrêter M. le Prince: alors elle voulut
envoyer Duplessis en province. (Voyez Duplessis, _Mémoires_, t. LVII,
p. 363-368.)
Page 292, ligne 21: Les députés de la noblesse et des provinces.
Les députés de la noblesse s'étaient d'abord réunis chez le duc de
Nemours; depuis, ils tinrent leurs assemblées aux Cordeliers.
Page 294, ligne 11: Que des personnes qui détestaient ce ministre.
Villeroy, Roquelaure, Joyeuse, qui occupaient les premières charges de
la cour, étaient du parti de _Monsieur_, ou du duc d'Orléans. «Je
n'ai, disait Anne d'Autriche dans un moment de découragement, que des
traîtres et des poltrons à l'entour de moi.»
Page 294, ligne 15: Secondée par la duchesse de Navailles.
C'est à Mazarin que Navailles devait son titre de duc.
Page 299, ligne 12: Les théâtres, aussi encombrés de spectateurs.
La foule se portait surtout au théâtre de la rue Guénégaud, où les
allusions à ce qui se passait en Angleterre, et l'impopularité du
grand Condé, firent accueillir froidement la pièce nouvelle du grand
Corneille, _Don Sanche d'Aragon_, tandis que son frère (qui se faisait
appeler Corneille Delisle) s'attirait des applaudissements pour sa
comédie intitulée _l'Amour à la Mode_; il y donnait dans Oronte le
type de tous les petits maîtres qui ont été depuis mis au théâtre.
_Don Sanche_ fut imprimé en 1650, mais ne fut joué qu'en 1651; le
prince de Condé a donc pu y assister. Ceci rectifie ce qu'a dit M.
Taschereau, _Vie de Corneille_, 1829, in-8º, p. 159.
Pages 299, deux dernières lignes: Dont elle gratifiait
deux fois la semaine toute la haute société.
Le mariage du duc de Mercœur avec une fille de Mancini, nièce du
cardinal, fut une occasion de fêtes; il en était de même pour le
mariage projeté de mademoiselle de Chevreuse et du prince de Conti.
Les occasions qu'on cherchait à faire naître pour déterminer
_Mademoiselle_ et sa sœur la duchesse d'Alençon, ainsi que
mademoiselle de Longueville et d'autres riches partis, étaient aussi
des motifs puissants pour toutes ces réjouissances. Les ambassadeurs
étrangers, qui étaient invités à toutes ces réunions, voulurent faire
honneur à leur nation, et rendirent des fêtes non moins splendides.
L'ambassadeur de Venise en donna une magnifique, dans les premiers
jours de novembre 1651. Elle commença par une collation, puis après il
y eut comédie, ensuite bal, puis le dîner, après feu d'artifice, et
enfin concert. Ces fêtes duraient presque toujours toute la journée.
Dans les fêtes que donnait MADEMOISELLE, elle faisait venir aussi des
acteurs; après la comédie, on dansait, on jouait au colin-maillard.
Toute la famille royale d'Angleterre se trouvait à ces réunions, et ce
fut alors que le duc d'York fut sur le point d'épouser mademoiselle de
Longueville. (Montpensier, _Mémoires_, t. XLI, p. 156.)