CHAPITRE XIX.

1661-1664.

Plusieurs lettres de madame de Sévigné sont trouvées dans les

papiers du surintendant.--Louis XIV en prend connaissance.--Il en

parle de manière à ne laisser aucune prise à la malignité

publique; cependant elle s'exerce sur cet incident.--Chagrin

qu'en ressent madame de Sévigné.--Lettre qu'elle écrit à Pomponne

à ce sujet.--Madame de Sévigné se montre plus attachée aux amis

du surintendant, parce qu'ils étaient exilés. Simon de Pomponne

était de ce nombre.--Noble conduite des gens de lettres envers

Fouquet.--Mademoiselle de Scudéry correspond avec lui.--Madame de

Sévigné écrit à Ménage pour l'engager à détruire les bruits qui

couraient sur son compte au sujet des lettres trouvées chez

Fouquet.--Citation de cette lettre.--Fouquet comparait devant le

tribunal qui doit le juger.--Madame de Sévigné, alors à Paris,

écrit à Pomponne plusieurs lettres sur ce procès.--Position de

Pomponne.--Intérêt des lettres que madame de Sévigné lui adresse

au sujet de Fouquet.--Faveur dont madame de Sévigné jouissait

auprès de la cour et de Louis XIV.--Fidélité de madame de Sévigné

au malheur.--Sa sensibilité pour Fouquet partagée par madame de

Guénégaud, avec laquelle elle était liée--Détails sur Arnauld

d'Andilly;--sur le procès de Fouquet;--sur madame de

Guénégaud.--L'hôtel de Nevers, des lettres de madame de Sévigné,

et l'hôtel Guénégaud.--Madame de Sévigné agissait en faveur du

surintendant.--Elle craignait qu'il ne fût condamné à mort.--Ses

anxiétés pendant le procès.--Apparition d'une comète.--L'effet

qu'elle produit sur les esprits.--Ce qu'en dit de Neuré.--Détails

sur de Neuré.--Madame de Sévigné annonce à Pomponne que Fouquet a

la vie sauve.--Louis XIV aurait voulu le faire condamner à

mort.--Madame de Sévigné craint qu'on n'empoisonne Fouquet; la

vue de la comète la rassure.--Madame de Sévigné mande à Pomponne

le départ de Fouquet pour Pignerol.--Louis XIV, par la sévérité

de son maintien, inspirait le respect et la crainte.--Les lettres

de madame de Sévigné à Pomponne ne sont pas inférieures aux

autres qu'elle a écrites.--Suite de l'histoire de Fouquet.--Il

n'obtient la permission de voir sa femme qu'au bout de sept ans

de captivité.--Son entrevue avec Lauzun.--Sa mort obscure.--On

est incertain s'il est mort avant ou après avoir recouvré son

entière liberté.

Comme tous ceux qui ont de nombreuses affaires dont les documents

devront être réunis sous leurs yeux lorsqu'ils auront à s'en occuper,

Fouquet conservait avec soin toutes ses lettres. Elles furent saisies.

Les correspondances qu'il entretenait avec plusieurs femmes de la cour

se trouvaient réunies dans des cassettes particulières[436]. Celles-ci

furent portées directement au roi, qui les examina. Il en trouva un

certain nombre de madame de Sévigné, qui attirèrent son attention par

l'enjouement, la grâce et la facilité du style. Mais quoiqu'il eût

dit, et que Le Tellier eût répété après lui, que ces lettres,

uniquement relatives à des affaires de famille, ne pouvaient que faire

honneur à celle qui les avait écrites, dès qu'on en connut l'existence

la malignité publique s'exerça sur notre aimable veuve. On voit par la

lettre suivante, que madame de Sévigné écrivit alors à de Pomponne,

combien elle était péniblement affectée des discours qu'on tenait à ce

sujet dans le monde.

Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6) · 第 27 / 146 题