L'amour de la nature, disais-je, suscite une sorte de rêverie qui

nous apaise et nous rend plus doux, étant faite d'une vague et

flottante sympathie pour toutes les formes innocentes de la vie

universelle... Il nous fait éprouver que nous sommes entourés

d'inconnu et réveille en nous le sentiment du mystère, qui

risquerait de se perdre par l'abus de la science et de la sotte

confiance qu'elle inspire. Il nous procure cette douceur de

rentrer, volontaires et conscients, dans le royaume de la vie sans

pensée, dans notre pays d'origine. Il nous insinue une sérénité

fataliste, qui est un grand bien; il assoupit en nous toute la

partie douloureuse de nous-même; et ce qui est charmant, c'est que

nous la sentons qui s'endort, et que nous nous en souvenons sans en

souffrir. Il serait beau de voir un jour l'humanité vieillie,

dégoûtée des agitations stériles, excédée de sa propre

civilisation, déserter les villes, revenir à la vie naturelle, et

employer à en bien jouir toutes les ressources d'esprit, toute la

délicatesse et la sensibilité acquises par d'innombrables siècles

de culture. L'humanité finirait ainsi à peu près comme elle a

commencé. Les derniers hommes seraient, comme les premiers, des

hommes des bois, mais plus instruits et plus subtils que les

membres de l'Institut, et aussi beaucoup plus philosophes... Au

fait, le bonheur final où la race humaine aspire et vers lequel

elle croit marcher se conçoit bien mieux sous cette forme que sous

celle d'une civilisation industrielle et scientifique.

* * * * *

Ce qui me revenait confusément ce jour-là, n'est-ce pas le songe qui est

au fond de l'absurde _Discours sur les Sciences et les Arts_ et du

ténébreux _Discours sur l'inégalité_! Ainsi il y a tel mouvement de

notre sensibilité par où nous sommes encore disciples de Rousseau sans

le savoir.

Outre l'amour des aspects de la terre, outre la rêverie, il apporte

(surtout dans les _Confessions_), une espèce de réalisme cordial et

souriant. Jean-Jacques n'est point, comme les autres écrivains de son

temps, un gentilhomme ou un bourgeois formé dans les collèges. Un

souffle frais et libre entre avec lui dans notre littérature. Son charme

est grand. Il dure, et, dans les intervalles de sa rhétorique, se fait

sentir encore.

* * * * *

J'ai dit ses nouveautés heureuses. Je n'ai plus qu'à indiquer son

influence posthume.

Dans la politique d'abord. Ce n'est ni Voltaire, ni Montesquieu, et ses

disciples qui ont donné sa forme à la Révolution, c'est Rousseau. La

théorie de la démocratie absolue et du droit divin du nombre date de

lui. La Terreur, c'est (je vous l'ai fait voir) l'application à un grand

et vieux royaume d'une théorie de gouvernement rêvée par un sophiste

pour une bourgade... Et le bréviaire du jacobinisme, c'est toujours le

_Contrat Social_.

Rousseau fut le dieu de la Révolution. Elle le porte au Panthéon et lui

vote une statue; elle pensionne Thérèse remariée, après la cinquantaine,

à un palefrenier.--Vous vous rappelez que, dès 1788, Marat commentait le

_Contrat social_ dans les rues et sur les places. Le jargon

révolutionnaire, c'est la langue de Rousseau mal parlée. Rousseau

enchante le peuple par son affirmation de la bonté des pauvres et de la

méchanceté des riches et des grands. On lui rend un culte. Je possède un

recueil d'opuscules composés sur Rousseau de 1787 à 1793, qui montre à

quel point l'homme est un animal religieux. Il y a le compte rendu d'une

fête champêtre célébrée à Montmorency en l'honneur de Jean-Jacques.

Sept discours,--et quels discours!--et des chants, et des emblèmes, et

des allégories. Une de ces fêtes qu'il rêvait dans sa _Lettre sur les

Spectacles_.--Il y a aussi un _Éloge de Rousseau, qui a concouru pour le

prix de l'Académie française_ (1790); et l'_Éloge de Rousseau, citoyen

de Genève par Michel Edme Petit, citoyen français_ (1793). On y voit ce

que peuvent devenir les idées de Rousseau dans le cerveau d'un imbécile.

C'est d'une sottise extraordinaire, et d'une sottise toute prête à

devenir féroce. Et il y a enfin (car je ne puis tout mentionner) des

_Réflexions philosophiques et impartiales sur J.-J. Rousseau et madame

de Warens_, où Rousseau est non seulement excusé, mais glorifié pour

l'abandon de ses enfants, et comparé à Brutus et à Manlius sacrifiant

leurs fils à la patrie! Rousseau est simplement, pour les nigauds et les

coquins de ce temps-là, le sauveur, le rédempteur de l'humanité. Sans

lui, sans quelques phrases de cet étranger dans son _Discours sur

l'inégalité_, surtout sans son _Contrat social_ (auquel il tenait si

peu), il est possible qu'on n'eût pas songé, en 1792, à faire la

république.

En littérature, ce que Rousseau a légué aux générations qui l'ont suivi,

c'est le romantisme, c'est-à-dire (au fond et en somme, et quoique bien

des poèmes ou livres de romantiques semblent échapper à cette

définition) l'individualisme encore, l'individualisme littéraire,

l'étalage du «moi»,--et la rêverie inutile et solitaire, et le désir,

et l'orgueil, et l'esprit de révolte: tout cela exprimé, soit de façon

directe, soit par des masques transparents auxquels le poète prête son

âme. (Mais, au reste, je ne saurais mieux faire que de vous renvoyer au

beau livre de M. Pierre Lasserre: le _Romantisme français_.)

Au point où Rousseau l'a porté (surtout dans les _Confessions_ et les

_Rêveries_) cet individualisme littéraire était chose insolite, non

connue auparavant, et où l'on pouvait voir un emploi indécent et anormal

de la littérature. Car évidemment elle n'a pas été faite pour ça.--A

l'origine, le poète chante ou récite aux hommes assemblés des histoires,

ou des chansons ou des éloges de héros ou des préceptes de morale. Il

est clair qu'on ne lui demande pas de confidences intimes. Telle est la

littérature primitive et «naturelle», la seule qu'aurait dû admettre

Jean-Jacques, prêtre de la nature.--Plus tard, après l'invention de

l'écriture, après l'imprimerie, on a instinctivement senti qu'il ne

convenait d'exposer au public,--multipliés par la copie ou par la lettre

imprimée,--que des pensées, des récits, des images propres à intéresser

tout le monde; qu'il était peu probable que la personne intime et

secrète de l'écrivain importât aux autres hommes, et qu'il y aurait, du

reste, impudeur à l'exprimer publiquement.--L'individualisme en

littérature, l'antiquité l'a ignoré (sauf dans quelques strophes ou

distiques d'élégiaques). Le moyen âge, le XVIe siècle, le XVIIe et

le XVIIIe, jusqu'à Rousseau, ne l'ont presque pas connu. Montaigne

lui-même n'est indiscret qu'à la façon d'Horace, par exemple. Il ne se

confesse pas tout entier, ni toujours (il s'en faut de beaucoup); et

tous ses aveux se rapportent à des observations générales sur la nature

humaine.

Rousseau, par ses _Confessions_, a véritablement inauguré le genre et

l'a, du premier coup, réalisé totalement. Personne ne se confessera plus

comme s'est confessé Jean-Jacques.

Je vous ai, dans ma première leçon, parlé de ce livre unique. J'ajoute

une réflexion. Rousseau a commencé les _Confessions_ à Motiers en 1762,

sur l'exhortation d'un libraire et d'abord dans une pensée d'apologie.

S'il n'avait pas été persécuté, il ne les aurait peut-être pas écrites.

S'il ne les avait pas écrites, d'abord il serait moins illustre; puis,

nous le connaîtrions moins; nous ne saurions pas ses hontes, ni

l'abandon de ses enfants; ou du moins nous n'en serions nullement sûrs;

et enfin, son chef-d'oeuvre nous manquant et, par suite, l'étrange

attrait de sa renommée étant moindre, l'action de ses autres écrits

n'eût peut-être pas été aussi puissante.--Voilà, direz-vous, des

hypothèses bien vaines.--Attendez. Comme il y a beaucoup d'imprévu et

d'aventure dans la vie de Rousseau et que son oeuvre est liée à sa vie,

il y en a beaucoup aussi dans les causes qui l'ont déterminé à écrire

tel ou tel de ses livres (je vous l'ai fait remarquer vingt fois). Il

n'a tenu qu'à des hasards apparents que Rousseau n'eût pas écrit telle

chose funeste et redoutable,--et dont lui-même n'était pas très

persuadé. Il est surtout illustre et puissant par les deux livres qu'il

y avait le plus de chances qu'il n'écrivît pas: le _Contrat social_ et

les _Confessions_. Joseph de Maistre dirait là-dessus (je suppose) que

ce que nous appelons la part du hasard dans une vie humaine, c'est la

part de la volonté divine, et qu'ainsi la destinée de Rousseau, plus que

celle d'aucun autre écrivain célèbre, a été dirigée, a été voulue par

une Providence irritée dont il a été l'instrument aveugle.--Je dirai,

moi, simplement que, ce qu'il a écrit ayant si fort agi sur des

générations d'hommes,--et n'étant pas certain cependant qu'il ait pensé

tout ce qu'il a écrit, ni qu'il l'eût écrit, telle circonstance

accidentelle de sa vie venant à manquer,--Rousseau m'apparaît à cause de

cela, dans la suite de nos grands écrivains (entre lesquels il vient

brusquement s'inscrire du dehors), étrange, mystérieux, tragiquement

prédestiné et, bien mieux que celui à qui Renan applique cette formule,

«créé par un décret spécial et nominatif de l'Éternel».

Je ferme ma parenthèse. Donc, la descendance littéraire de Jean-Jacques,

c'est Chateaubriand, c'est madame de Staël, c'est Senancour, c'est

Lamartine, Hugo, Musset, Sand, Michelet... Sans Rousseau, ils n'auraient

pas été tout ce qu'ils sont.

Puis-je regretter, en énumérant de si grands écrivains,

l'individualisme romantique? Oh! non, car ils m'ont trop souvent charmé,

et trop profondément. Et puis, peut-on dire qu'il n'y ait que des

confidences personnelles dans les poètes et les écrivains romantiques?

Sont-ils romantiques tout entiers? Avez-vous rencontré, dans

Chateaubriand, Lamartine, Hugo ou Vigny, beaucoup de sentiments

personnels, qui ne soient en même temps généraux par quelque côté?--Ce

qui est peut-être vrai, c'est que le meilleur et le plus solide de la

littérature du XIXe siècle resterait, le romantisme ôté, et qu'en

effet la littérature la plus ancienne, la plus nécessaire et la plus

forte, c'est bien la littérature objective, impersonnelle (philosophie,

histoire, roman de moeurs et de caractères, théâtre même).

Mais que l'autre est souvent séduisante! et que les souffrances, les

fautes et les sentiments les plus intimes d'un homme qui a le génie de

l'expression agissent délicieusement sur notre sensibilité! Un individu

de cette sorte, lorsqu'il s'examine et se décrit, descend quelquefois

plus loin dans son âme qu'il ne descendrait dans celle des autres... Et

je sais que la littérature personnelle est forcément la glorification

d'un certain nombre de péchés capitaux: mais, sans elle, bien des choses

n'auraient pas été dites, qu'il eût été dommage qui ne fussent pas

dites. Avouons, si vous le voulez, que cette littérature-là est quelque

chose de déréglé, quelque chose qui n'est pas tout à fait dans

l'ordre... Mais, tout de même, il eût été triste que le romantisme,--qui

depuis cinquante ans décline,--ne fût pas né...

Suivrai-je l'influence de Rousseau chez les étrangers? Ici, je manque

par trop de compétence et de science; je ne puis,--après vous avoir

renvoyé au livre excellent de Joseph Texte[16],--que vous répéter ce

qu'on a coutume de dire: que l'influence de Rousseau s'est exercée sur

Goethe, Schiller, Byron; sur Kant, Fichte, Jacobi, Schleiermacher; et,

avec une évidence éclatante, sur Tolstoï.

[Note 16: _Jean-Jacques Rousseau et les origines du cosmopolitisme

littéraire_.]

J'ai lu Rousseau tout entier, disait Tolstoï à l'un de nos

compatriotes; j'ai lu ses vingt volumes, y compris le dictionnaire

de musique. Je l'admirais avec plus que de l'enthousiasme; j'avais

un culte pour lui. A quinze ans je portais à mon cou, au lieu de la

croix habituelle, un médaillon avec son portrait. Il y a des pages

de lui qui me sont si familières qu'il me semble les avoir écrites.

Et enfin (et je l'ai souvent senti dans cette longue promenade à travers

son oeuvre), soit par lui-même, soit par les écrivains qui ont subi son

influence, il agit aujourd'hui encore sur beaucoup d'entre nous, même à

notre insu. Il agit encore sur la part la plus aveugle de nous-mêmes,

sur notre sensibilité: car lui-même est un être sensible

prodigieusement, et d'une sensibilité sans règle, c'est-à-dire très

distincte de la bonté, souvent ennemie de la raison, et souvent

maîtresse d'erreur et instigatrice de révolte.

* * * * *

Avant de le quitter, je le considère dans le plus complaisant des

nombreux portraits qu'il a laissés de lui-même: ses quatre _Lettres à M.

de Malesherbes_. (Et cette manie d'«expliquer éternellement son

caractère» a vraiment quelque chose de peu viril, et est signe, déjà, de

faiblesse mentale.)--Lorsqu'il compose ces quatre _Lettres_, il est dans

son plus beau moment; il vient d'écrire la _Julie_, le _Contrat_ et

l'_Émile_; et sa folie n'est que commençante. Or, comment se voit-il? et

comment se définit-il?

Dans ce portrait,--qu'il veut pourtant aussi avantageux que

possible,--il oublie, ou néglige, ou dédaigne les parties les plus

saines de lui-même, celles où se seraient sans doute reconnus ses aïeux

parisiens et catholiques; il oublie le Jean-Jacques qui a écrit des

choses si raisonnables sur le patriotisme, par exemple (dans l'article

_Économie politique_), ou sur le naïf _Projet de paix perpétuelle_ de

l'abbé de Saint-Pierre; celui qui a écrit l'admirable troisième partie

de la _Nouvelle Héloïse_, et, dans l'_Émile_, la _Profession de foi du

Vicaire_ et les chapitres délicieux sur l'éducation de Sophie, et

certaines pages des _Lettres de la Montagne_ et, dans sa correspondance

privée, tant de lettres pleines de raison (car c'est surtout pour le

public qu'il osait ses folies).

Il oublie, dis-je, ce qu'il eut de meilleur; et voici comme il se peint.

Après avoir exprimé son «dégoût des hommes», il en cherche la cause.

«Elle n'est autre, dit-il, que cet _indomptable esprit de liberté que

rien n'a vaincu_» (car, naturellement, il donne aux choses de favorables

noms). Il continue en disant que «_personne au monde ne le connaît que

lui seul_». Il assure connaître ses défauts et ses vices, mais il ajoute

aussitôt: «Avec tout cela, je suis très persuadé que, de tous les hommes

que j'ai connus en ma vie, aucun ne fut meilleur que moi.»

Il se définit lui-même «une âme paresseuse qui s'effraie de tout soin,

un tempérament ardent, bilieux, facile à s'affecter, et sensible à

l'excès à tout ce qui l'affecte». Il proclame son mépris absolu de

l'opinion. (Or l'«opinion», comme il l'entend, peut être le sentiment

des sots, mais peut être aussi la plus respectable et la plus nécessaire

des traditions.) Il écrit fièrement: «Je hais les grands», lui qui a si

longtemps paru ne pouvoir se passer d'eux.--Son plus grand plaisir,

c'est de rêver. Il raconte les orgies silencieuses de sa sensibilité et

de son imagination à travers les bois de Montmorency:

Et cependant, dit-il, au milieu de tout cela, le _néant de mes

chimères_ venait quelquefois me contrister tout à coup. Quand tous

mes rêves se seraient tournés en réalités, ils ne m'auraient pas

suffi; j'aurais imaginé, rêvé, désiré encore. Je trouvais en moi un

vide inexplicable que rien n'aurait pu remplir, un certain

élancement du coeur vers une autre sorte de jouissance dont je

n'avais pas l'idée, et dont pourtant je sentais le besoin.

Qu'est-ce que tout cela, sinon l'éclatant portrait d'un poète

lyrique--et d'un révolté? (Et c'est par ce second trait qu'il a séduit

beaucoup d'hommes, car la révolte plaît d'abord.)

Poète, grand poète, âme de désir, tempérament _du même ordre_ que celui

d'un Byron, d'un Léopardi ou d'un Musset,--mais dont la poésie tout

individuelle s'est, par une série de hasards, principalement exercée sur

des objets qui ne souffrent point la poésie, surtout celle-là, et qui

veulent de l'observation et de la raison. Et ce qu'il y a de plus

terrible, c'est que ces théories, qu'édifiaient son imagination et sa

sensibilité servies par une brillante et décevante dialectique, ces

théories qui devaient être si malfaisantes après lui,--de son propre

aveu il n'y croyait pas au sens exact du mot: il les rêvait; et c'est

par des «chimères» dont il a confessé «le néant» qu'il devait ravager

l'avenir.

Car ce n'est pas seulement le poète lyrique dont il trace le portrait

dans ses _Lettres à M. de Malesherbes_: c'est encore,--avec le rêveur

ivre et engourdi de songes,--le solitaire orgueilleux, l'autodidacte

outrecuidant, l'indiscipliné, le révolutionnaire par instinct,

l'insociable qui réforme tous les jours la société, l'homme qui date

tout de lui, qui ramène tout à lui et subordonne tout à son rêve ou à

son caprice; qui fait à chaque instant table rase de toute l'oeuvre

humaine, et qui croit faire avancer les hommes en rompant la continuité

entre les générations; l'homme qui peut bien faire complices de ses

imaginations les anthropoïdes ou les Spartiates, mais qui, en réalité,

ne tient nul compte des morts de sa race, «plus nombreux que les

vivants»;--bref, exactement le contraire d'un Bossuet ou d'un Auguste

Comte.

J'ai adoré le romantisme, et j'ai cru à la Révolution. Et maintenant je

songe avec inquiétude que l'homme qui, non tout seul assurément, mais

plus que personne, je crois, se trouve avoir fait chez nous ou préparé

la révolution et le romantisme, fut un étranger, un perpétuel malade, et

finalement un fou.

Mais on l'a aimé. Et beaucoup l'aiment encore; les uns, parce qu'il est

un maître d'illusions et un apôtre de l'absurde; les autres, parce qu'il

fut, entre les écrivains illustres, une créature de nerfs, de faiblesse,

de passion, de péché, de douleur et de rêve. Et moi-même, après cette

longue fréquentation dont j'ai tiré plus d'un plaisir, je veux le

quitter sans haine pour sa personne,--avec la plus vive réprobation pour

quelques-unes de ses plus notables idées, l'admiration la plus vraie

pour son art, qui fut si étrangement nouveau, la plus sincère pitié pour

sa pauvre vie,--et une «horreur sacrée» (au sens latin) devant la

grandeur et le mystère de son action sur les hommes.

FIN

* * * * *

TABLE

PREMIÈRE CONFÉRENCE

Les Six premiers livres des Confessions

DEUXIÈME CONFÉRENCE

Rousseau à Paris.--Thérèse

TROISIÈME CONFÉRENCE

Le Discours sur les sciences et les arts.--La réforme morale de Rousseau

QUATRIÈME CONFÉRENCE

Le Discours sur l'inégalité.--Rousseau à l'Ermitage

CINQUIÈME CONFÉRENCE

La Lettre sur les Spectacles

SIXIÈME CONFÉRENCE

La Nouvelle Héloïse

SEPTIÈME CONFÉRENCE

Émile

HUITIÈME CONFÉRENCE

Le Contrat social.--La Profession de foi du Vicaire Savoyard

NEUVIÈME CONFÉRENCE

La Lettre à l'archevêque de Paris.--Les Lettres de la Montagne.

--Dernières années de Rousseau.--Les Dialogues

DIXIÈME CONFÉRENCE

Les Rêveries.--Résumés et Conclusions

IMPRIMERIE L. POCHY, RUE VIEILLE-DU-TEMPLE, PARIS.--1215-3-07.

* * * * *

DU MÊME AUTEUR

FORMAT GRAND IN-18

LES ROIS, ROMAN.......................1 VOL.

THÉÂTRE

L'AÎNÉE, comédie en quatre actes.

L'ÂGE DIFFICILE, comédie en trois actes.

LA BONNE HÉLÈNE, comédie en deux actes, en vers.

LE DÉPUTÉ LEVEAU, comédie en quatre actes.

FLIPOTE, comédie en trois actes.

MARIAGE BLANC, drame en trois actes.

LA MASSIÈRE, comédie en quatre actes.

LE PARDON, comédie en trois actes.

RÉVOLTÉE, pièce en quatre actes.

LES ROIS, drame en cinq actes.

BERTRADE, comédie en quatre actes.

_En cours de publication_:

THÉÂTRE COMPLET

Déjà parus, tomes I et II.............2 vol.

Jean-Jacques Rousseau · 第 20 / 20 段