au peuple des États-Unis
_PRÉFACE_
_En allant aux États-Unis j’avais un but précis: me rapprocher du centre
vital de ce pays afin d’acquérir une idée des ressorts intimes de son
extraordinaire activité. Les observations que comporte un tel sujet sont
de nature délicate. Un visiteur, réduit aux moyens ordinaires
rencontrerait, pour les faire, des obstacles presque insurmontables. Ces
obstacles m’étaient aplanis par un accueil tout familial. Je n’ai pas
visité un territoire, j’ai fraternisé avec des âmes. C’est ce qui donne
leur signification à ces impressions de voyage. J’ai été réduit, pour
les écrire, aux seules ressources du souvenir, n’ayant pas eu le temps
de prendre des notes. Mais, toutes fragmentaires qu’elles soient,
c’était pour moi un besoin du cœur de les fixer. Je les offre
aujourd’hui, en double hommage, à mes concitoyens de France et à tous
ces amis d’Amérique dont je ne pourrai jamais oublier l’hospitalité
cordiale._
_Paris, décembre 1905._