M. le curé m'avait dit, en m'expliquant les auteurs anciens:

«Mon enfant, les pensées forment un jeu de patience merveilleux; il

s'agit de trouver entre elles un certain ordre. Tant que cet ordre n'est

pas trouvé, elles clochent entre elles et nous font mal; quand vous le

tenez, vous voyez Dieu.»

Oh! comme j'essayais de mettre de l'ordre dans mes pauvres pensées; mais

j'étais trop jeune... Et personne ne m'aidait.

La nuit était presque venue, j'eus moins de honte à commettre une

extravagance. Je ramassai dans l'ombre tous mes beaux désirs d'enfant,

écornés déjà aux réalités de la vie, et, au risque d'être pris pour un

insensé si quelqu'un m'entendait, je mis mes mains en porte-voix sur ma

bouche, et criai au poète:

--Que voyez-vous? que voyez-vous? vous qui avez l'air d'être au-dessus

de nous!

L'enfant à la balustrade · 第 63 / 66 题