«Mon enfant, les pensées forment un jeu de patience merveilleux; il
s'agit de trouver entre elles un certain ordre. Tant que cet ordre n'est
pas trouvé, elles clochent entre elles et nous font mal; quand vous le
tenez, vous voyez Dieu.»
Oh! comme j'essayais de mettre de l'ordre dans mes pauvres pensées; mais
j'étais trop jeune... Et personne ne m'aidait.
La nuit était presque venue, j'eus moins de honte à commettre une
extravagance. Je ramassai dans l'ombre tous mes beaux désirs d'enfant,
écornés déjà aux réalités de la vie, et, au risque d'être pris pour un
insensé si quelqu'un m'entendait, je mis mes mains en porte-voix sur ma
bouche, et criai au poète:
--Que voyez-vous? que voyez-vous? vous qui avez l'air d'être au-dessus
de nous!