»Je songerai à vos intérêts particuliers, n'y songez pas vous-même...

Le Portugal restera à ma disposition... Qu'aucun projet personnel ne

vous occupe et ne dirige votre conduite; cela me nuirait et vous

nuirait encore plus qu'à moi. Vous allez trop vite dans vos

instructions du 14. La marche que vous prescrivez au général Dupont

est trop rapide; à cause de l'événement du 19 mars, il y a des

changements à faire. Vous donnerez de nouvelles dispositions; vous

recevrez des instructions de mon ministre des affaires étrangères.

J'ordonne que la discipline soit maintenue de la manière la plus

sévère: point de grâce pour les plus petites fautes. L'on aura pour

l'habitant les plus grands égards; l'on respectera principalement les

églises et les couvents.

»L'armée évitera toute rencontre, soit avec les corps de l'armée

espagnole, soit avec des détachements; il ne faut pas que d'aucun côté

il soit brûlé une amorce.

»Laissez Solano dépasser Badajoz, faites-le observer; donnez vous-même

l'indication des marches de mon armée pour la tenir toujours à une

distance de plusieurs lieues des corps espagnols. Si la guerre

s'allumait, tout serait perdu.

»C'est à la politique et aux négociations qu'il appartient de décider

des destinées de l'Espagne. Je vous recommande d'éviter des

explications avec Solano, comme avec les autres généraux et les

gouverneurs espagnols.

»Vous m'enverrez deux estafettes par jour; en cas d'événements

majeurs, vous m'expédierez des officiers d'ordonnance; vous me

renverrez sur-le-champ le chambellan de Tournon, qui vous porte cette

dépêche; vous lui remettrez un rapport détaillé. Sur ce, etc.

»Signé NAPOLÉON.»

Avant de parler de l'authenticité de cette lettre, je dois dire un mot

de la portée qu'on cherche à lui donner. On veut y voir la preuve que

Napoléon n'approuva rien de ce qui fut fait en Espagne, que tout fut

fait à son insu, malgré lui, par l'imprudente légèreté de Murat, par

son impatiente ambition. C'est une très-fausse induction, car la

veille du jour où cette lettre fut écrite, le lendemain, et pendant

tout le temps qui suivit, Napoléon écrivit une longue suite de lettres

ordonnant point par point, à Murat, tout ce qui fut exécuté; et quand

celui-ci, inspiré par les événements, prit quelque chose sur lui, il

se trouva que Napoléon lui ordonnait les mêmes choses de Paris ou de

Bayonne. Si, par exemple, Murat entra dans Madrid le 23, il avait

l'ordre formel d'y entrer un ou deux jours avant. On tire donc de

cette lettre une fausse induction quand on veut en profiter pour

exonérer Napoléon de la responsabilité des événements d'Espagne et

rejeter cette responsabilité sur Murat. Elle n'est et ne peut être

qu'une inconséquence d'un moment, placée au milieu de la conduite la

plus soutenue, la plus obstinément persévérante: inconséquence, il est

vrai, pleine de génie, car on ne peut pas prévoir d'une manière plus

extraordinaire ce qui arriva depuis; mais inconséquence enfin, car

pour un moment Napoléon cessa de vouloir ce qu'il voulait la veille,

ce qu'il voulut encore le lendemain, et put paraître éclairé par une

lumière surnaturelle qui lui révélait l'avenir tout entier. Cette

inconséquence, d'abord invraisemblable, ne présente donc aucun intérêt

pour la justification de Napoléon. Mais elle en présente beaucoup pour

l'histoire de l'esprit humain; car on se demande avec curiosité

comment il se fait qu'un des génies les plus fermes, les plus résolus

qui aient paru dans le monde, ait pu dans un court intervalle de temps

voir les choses sous la face la plus contraire, et vouloir un tout

autre résultat que celui qu'il voulait dans l'instant d'auparavant, et

que celui qu'il voulut dans l'instant d'après. Pourtant, quand on

connaît le coeur humain, quand on a surtout appris à le connaître dans

les grandes affaires, on ne sait que trop que les plus puissantes

volontés sont sujettes à ce va-et-vient des événements, et que les

plus grandes résolutions ont souvent failli n'être pas prises. Il y a

telle victoire restée immortelle qui a failli n'être pas remportée,

parce qu'il a tenu à la plus légère circonstance que la bataille ne

fut pas livrée. L'inconséquence est donc très-ordinaire; car il arrive

aux plus grands esprits, aux plus grands caractères, de varier avant

de se résoudre. La lettre en question notamment prouve d'une manière

bien frappante à quel point Napoléon savait voir le côté contraire

des résolutions qu'il prenait, et de quelle extraordinaire prévoyance

il était doué, mais de combien peu de poids était cette prévoyance

quand ses passions l'entraînaient. J'ai donc mis un intérêt

philosophique en quelque sorte à rechercher ce qu'il fallait penser de

l'authenticité de cette lettre, et voici par quelles opinions diverses

j'ai passé avant de me fixer définitivement pour l'affirmative.

Au premier aspect, la lettre est si admirable de pensée et de langage

qu'on ne doute pas qu'elle ne soit de Napoléon lui-même. Lui seul en

effet a écrit de ce ton sur les grandes affaires politiques et

militaires. Elle a produit ce même effet sur tous les écrivains qui se

sont occupés jusqu'ici de Napoléon. Mais ces écrivains, ne connaissant

rien ou presque rien des vrais documents, n'ont pu comme moi être

frappés des contradictions qu'elle présente avec d'autres données

historiques tout à fait certaines, et n'ont pas même pris la peine de

mettre en question son authenticité. Pour moi cependant il y a eu des

raisons de douter de cette authenticité tellement graves, que je ne

sais pas si aux yeux des vrais critiques je parviendrai à les

détruire.

Ainsi d'abord cette lettre est en contradiction formelle avec tout ce

qui précède et tout ce qui suit. Les uns l'ont datée du 27, les autres

du 29 mars (la vraie date, comme on le verra, ne peut être que du 29).

Eh bien, il y a du 27, il y a du 30, des lettres de Napoléon qui

disent exactement le contraire, c'est-à-dire qui approuvent Murat en

tout, qui non-seulement approuvent, mais qui prescrivent l'entrée dans

Madrid, qui prescrivent le plan au moyen duquel on s'empara de toute

la famille d'Espagne. C'est enfin la seule lettre de ce genre, dans

une immense correspondance, qui soit en opposition avec la conduite

suivie par Murat et ordonnée par Napoléon.

Secondement, tandis que toutes les lettres de Napoléon se trouvent au

dépôt du Louvre, celle-là ne s'y trouve pas. Il est vrai que cette

preuve n'est pas absolue, car sur 40 mille lettres de l'Empereur, il y

en a çà et là quelques-unes qui n'y sont pas, et la lettre dont il

s'agit pourrait bien être du nombre, infiniment petit, de celles dont

la minute n'a pas été conservée. Il n'y en a peut-être pas 100 sur

40,000 dans ce cas. Il y a plus encore: une lettre de l'Empereur, dont

voici un extrait, énumère toutes les lettres qu'il a écrites dans ces

journées, et ne mentionne point celle dont il s'agit. Arrivé à

Bordeaux, et rappelant l'une après l'autre les lettres qu'il a

successivement adressées à Murat, il lui dit: «_Je reçois votre lettre

du 3 à minuit, par laquelle je vois que vous avez reçu ma lettre du 27

mars. Celle du 30 et Savary qui doit vous être arrivé, vous auront

fait connaître encore mieux mes intentions. Le général Reille part à

l'instant pour se rendre près de vous..._» Ainsi pas un mot de la

lettre du 29. Comment imaginer qu'il ne l'eût pas énumérée si elle

avait été écrite, surtout cette lettre contredisant tout ce qu'il

avait ordonné le 27 et le 30? Il aurait dû au moins la mentionner en

déclarant qu'il fallait la considérer comme non avenue.

Mais la non-existence de cette minute au Louvre acquiert une

signification plus grande par une autre circonstance, qui est la

suivante. La correspondance fort volumineuse de Murat, sans laquelle

on ne peut pas connaître et raconter les événements d'Espagne, est

tout entière au Louvre. Elle contient la réponse la plus exacte, la

plus minutieuse, aux moindres lettres de l'Empereur. On peut dire

qu'avec cette correspondance on a sur tous les points la demande et la

réponse. Or il n'y a pas une seule lettre de Murat en réponse à cette

lettre si importante, si grave, si différente de ce qui lui avait été

prescrit. Murat, dans cette correspondance, paraît sentir avec une

vivacité extrême les moindres reproches de l'Empereur, et il n'aurait

pas dit un mot d'une lettre si gravement improbative, si différente

surtout de ce qui avait précédé et suivi! Cela est évidemment

impossible. On ne peut plus conserver de doute quand on ajoute qu'à la

date du 4 avril, onze heures du soir, Murat dit: _M. de Tournon est

arrivé ce soir; il aura trouvé le logement de Votre Majesté tout

fait_. Murat n'ajoute pas: Il m'a remis votre lettre... etc. Il est

évident que M. de Tournon ne lui avait rien remis, et surtout rien

d'aussi grave que la lettre en question. Je crois donc que la lettre

ne fut pas remise; ce qui ne prouve pas toutefois qu'elle n'eût pas

été écrite, comme je vais le démontrer tout à l'heure.

Ainsi la contradiction qu'implique cette lettre avec tout ce qui

précède et suit, sa non-existence au dépôt du Louvre, le silence de

Napoléon, le silence de Murat à son sujet, m'ont fait douter de son

authenticité, et m'ont démontré au moins qu'elle n'avait pas été

remise.

Maintenant voici comment son authenticité a été rétablie à mes yeux,

et comment je suis arrivé à croire qu'elle avait été écrite sans avoir

été remise. Qu'elle soit de Napoléon, je n'en saurais douter; et

chaque fois que je l'ai relue, et je l'ai lue vingt fois peut-être,

j'en ai été persuadé davantage. Les falsificateurs peuvent jouer le

style, ils ne savent pas jouer la pensée; et surtout il aurait fallu

qu'ils fussent au milieu des événements pour pouvoir, avec autant de

précision, parler du départ du général Savary, de la commission donnée

à M. de Tournon, et de quantité d'autres particularités de la même

nature dont cette lettre est remplie. Il y a notamment un détail qui

lui donne à mes yeux son authenticité complète, et ce détail est le

suivant: Napoléon dit à Murat: _Vous allez trop vite dans vos

instructions du 14 au général Dupont_. Or, il y a, en effet, des

instructions du 14 au général Dupont, qui méritent bien le reproche

que leur adresse Napoléon en se plaçant au point de vue où il se

plaçait dans le moment; car, en portant trop vite le général Dupont en

avant, Murat laissait les derrières de l'armée en prise aux

tentatives du général espagnol Taranco, rappelé du Portugal par les

ordres du prince de la Paix. Les falsificateurs ne pouvaient pas

savoir ce détail, qui ne peut être connu que lorsqu'on a lu

minutieusement les ordres militaires de Napoléon. J'ajoute que ce

détail prouve encore que le falsificateur ne pourrait pas être

Napoléon lui-même, essayant à Sainte-Hélène de fabriquer une lettre

après coup pour se justifier de la plus grave faute de son règne; car,

indépendamment de ce qu'il avait trop d'orgueil pour agir ainsi,

n'ayant pas même voulu se justifier par le mensonge de la mort du duc

d'Enghien, il était impossible qu'il inventât cette circonstance des

ordres du 14, attendu qu'il n'avait pas à Sainte-Hélène les pièces du

Louvre; et j'ai la preuve par ce qu'il a écrit à Sainte-Hélène que,

sans vouloir mentir, il se trompait sur les dates et sur les faits

quand il n'avait pas les pièces sous les yeux. Les meilleures mémoires

sont exposées à ces erreurs, et je l'ai souvent éprouvé en comparant

les écrits contemporains avec les correspondances de leurs auteurs.

La lettre, outre son style, porte donc avec elle la preuve de son

authenticité. Mais comment alors expliquer la contradiction de cette

lettre avec ce qui précède et ce qui suit, et surtout le silence de

Murat, qui n'en accuse pas même réception? Voici de quelle manière

j'ai essayé d'y parvenir.

J'ai trouvé au Louvre la correspondance de M. de Tournon. J'y ai vu

que seul de tous les agents français il avait blâmé l'entreprise

d'Espagne, et avait supplié Napoléon de suspendre toute résolution à

ce sujet avant d'avoir vu lui-même le pays de ses propres yeux. J'ai

lu en outre dans la correspondance de Murat, que lui Murat, le général

Grouchy et autres avaient beaucoup ri à Somosierra des sombres

terreurs de M. de Tournon; j'y ai lu de vives instances pour que

Napoléon ne prît aucune décision d'après ce que lui dirait M. de

Tournon. Il était donc le contradicteur, et le seul, de Murat et de

son état-major. J'ai encore trouvé la preuve, dans la correspondance

de M. de Tournon, qu'il resta jusqu'au 24 au soir à Burgos, attendant

l'Empereur avec impatience. Il est authentiquement prouvé qu'il arriva

à Paris quelques jours après. Il ne put en marchant fort vite arriver

avant le 29; ce qui place la lettre en question au plus tôt à la date

du 29, puisqu'il y est dit que M. de Tournon devait la remettre.

Arrivé le 29, il trouva l'Empereur sans nouvelles; car, Murat n'ayant

écrit ni le 22 ni le 23, Napoléon dut passer deux jours sans dépêches

d'Espagne, et ce durent être le 28, le 29 ou le 30, répondant aux 22

et 23, à cause du temps qu'il fallait alors pour le trajet de Madrid à

Paris. Aussi n'y a-t-il aucune lettre de l'Empereur, ni le 28 ni le 29

(si ce n'est celle en question). M. de Tournon, trouvant l'Empereur

inquiet comme on l'est toujours lorsqu'on manque de nouvelles dans de

graves événements, et les événements étaient graves en effet, car en

ce moment il savait Murat aux portes de Madrid et prêt à y entrer, M.

de Tournon dut exercer une grande influence sur son esprit, et

provoquer la lettre dont nous parlons. Napoléon le chargea

naturellement de la remettre, car elle était son ouvrage en quelque

sorte. Cette phrase: _M. de Tournon vous remettra cette lettre_, la

rattache à M. de Tournon, et les opinions personnelles de celui-ci

rendent ce lien plus évident encore. Puis les dates concordent pour

placer justement cette inconséquence momentanée de Napoléon avec

lui-même dans les deux jours où il fut sans nouvelles, après en être

resté à celle du mouvement de Murat sur Madrid. Enfin, recevant le 30

la lettre du 24, dans laquelle Murat lui apprenait combien tout

s'était heureusement passé, il revint à ses idées accoutumées,

approuva tout, et probablement reprit sa lettre, ou défendit à M. de

Tournon de la remettre, ou fit courir après lui pour lui dire de ne

pas la remettre, les choses étant changées. Quoi qu'il en soit, il est

certain qu'elle ne fut pas remise, car Murat n'en parle pas plus que

si elle n'avait pas été écrite, bien qu'il sût par les propos de M. de

Tournon que l'Empereur avait éprouvé contre lui un mécontentement

passager.

Ce qui est certain, c'est qu'entre le 24 mars au soir et le 4 avril au

soir, M. de Tournon alla de Burgos à Paris, de Paris à Madrid; ce qui

suppose qu'il ne s'arrêta pas un moment, et ce qui le place à Paris le

29, jour même où il fit varier l'Empereur et écrire la lettre dont il

s'agit. Tout s'explique alors comme on le voit, et c'est la phrase où

il est dit que M. de Tournon remettra la lettre en question qui, la

rattachant à lui, m'a permis, en recherchant ses opinions personnelles

et en conférant les dates, de tout éclaircir.

Maintenant comment cette lettre, qui n'est pas au Louvre, est-elle

parvenue à la publicité? Je l'ignore. M. de Tournon est mort. M. de

Las Cases, qui l'a imprimée le premier, est mort. Il est possible que

M. de Las Cases l'ait reçue de Napoléon, en preuve de ce qu'il ne

s'était pas complétement abusé sur les événements d'Espagne. Il est

possible aussi qu'elle soit arrivée par quelque dépositaire inconnu,

et qu'aujourd'hui on ne peut plus retrouver. Mais le style et certains

détails prouvent d'une manière irréfragable que la lettre n'a pas été

inventée; d'autres détails également authentiques prouvent qu'elle n'a

pas été remise; les opinions constatées de M. de Tournon, le soin de

l'en charger, la rattachent à lui; les dates la placent à un moment

qui dut être pour Napoléon celui de grandes inquiétudes, et la

contradiction si apparente se trouve ainsi expliquée. Napoléon fut un

instant ébranlé, dicta les contre-ordres contenus dans cette lettre;

puis, rassuré par la nouvelle de l'heureuse entrée à Madrid, revint à

ses premiers projets, et ne donna pas cours à une lettre qui s'est

retrouvée plus tard, et dont on a voulu faire une justification. Elle

ne prouve qu'une chose, c'est que l'esprit de Napoléon l'éclairait

toujours, tandis que ses passions l'entraînaient souvent, et qu'il

aurait mieux fait d'écouter l'un que les autres. J'ai cru ce point

d'histoire important à constater pour l'étude du coeur humain, et

j'espère que le public consciencieux reconnaîtra que je me suis donné

pour arriver à la vérité des peines que les historiens ne prennent pas

communément, outre que j'avais des documents qu'ils ont moins

communément encore.

FIN DES NOTES.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES

DANS LE TOME HUITIÈME.

LIVRE VINGT-HUITIÈME.

FONTAINEBLEAU.

Joie causée en France et dans les pays alliés par la paix de Tilsit.

-- Premiers actes de Napoléon après son retour à Paris. -- Envoi du

général Savary à Saint-Pétersbourg. -- Nouvelle distribution des

troupes françaises dans le Nord. -- Le corps d'armée du maréchal

Brune chargé d'occuper la Poméranie suédoise et d'exécuter le siége

de Stralsund, dans le cas d'une reprise d'hostilités contre la

Suède. -- Instances auprès du Danemark pour le décider à entrer dans

la nouvelle coalition continentale. -- Saisie des marchandises

anglaises sur tout le continent. -- Premières explications de

Napoléon avec l'Espagne après le rétablissement de la paix. --

Sommation adressée au Portugal pour le contraindre à expulser les

Anglais de Lisbonne et d'Oporto. -- Réunion d'une armée française à

Bayonne. -- Mesures semblables à l'égard de l'Italie. -- Occupation

de Corfou. -- Dispositions relatives à la marine. -- Événements

accomplis sur mer, du mois d'octobre 1805 au mois de juillet 1807.

-- Système des croisières. -- Croisières du capitaine L'Hermitte sur

la côte d'Afrique, du contre-amiral Willaumez sur les côtes des deux

Amériques, du capitaine Leduc dans les mers Boréales. -- Envois de

secours aux colonies françaises et situation de ces colonies. --

Nouvelle ardeur de Napoléon pour la marine. -- Système de guerre

maritime auquel il s'arrête. -- Affaires intérieures de l'Empire. --

Changements dans le personnel des grands emplois. -- M. de

Talleyrand nommé vice-grand-électeur, le prince Berthier

vice-connétable. -- M. de Champagny nommé ministre des affaires

étrangères, M. Crétet ministre de l'intérieur, le général Clarke

ministre de la guerre. -- Mort de M. de Portalis, et son

remplacement par M. Bigot de Préameneu. -- Suppression définitive du

Tribunat. -- Épuration de la magistrature. -- État des finances. --

Budgets de 1806 et 1807. -- Balance rétablie entre les recettes et

les dépenses sans recourir à l'emprunt. -- Création de la caisse de

service. -- Institution de la Cour des comptes. -- Travaux publics.

-- Emprunts faits pour ces travaux au trésor de l'armée. --

Dotations accordées aux maréchaux, généraux, officiers et soldats.

-- Institution des titres de noblesse. -- État des moeurs et de la

société française. -- Caractère de la littérature, des sciences et

des arts sous Napoléon. -- Session législative de 1807. -- Adoption

du Code de commerce. -- Mariage du prince Jérôme. -- Clôture de la

courte session de 1807, et translation de la cour impériale à

Fontainebleau. -- Événements en Europe pendant les trois mois

consacrés par Napoléon aux affaires intérieures de l'Empire. -- État

de la cour de Saint-Pétersbourg depuis Tilsit. -- Efforts de

l'empereur Alexandre pour réconcilier la Russie avec la France. --

Ce prince offre sa médiation au cabinet britannique. -- Situation

des partis en Angleterre. -- Remplacement du ministère Fox-Grenville

par le ministère de MM. Canning et Castlereagh. -- Dissolution du

Parlement. -- Formation d'une majorité favorable au nouveau

ministère. -- Réponse évasive à l'offre de la médiation russe, et

envoi d'une flotte à Copenhague pour s'emparer de la marine danoise.

-- Débarquement des troupes anglaises sous les murs de Copenhague,

et préparatifs de bombardement. -- Les Danois sont sommés de rendre

leur flotte. -- Sur leur refus, les Anglais les bombardent trois

jours et trois nuits. -- Affreux désastre de Copenhague. --

Indignation générale en Europe, et redoublement d'hostilités contre

l'Angleterre. -- Efforts de celle-ci pour faire approuver à Vienne

et à Saint-Pétersbourg l'acte odieux commis contre le Danemark. --

Dispositions inspirées à la cour de Russie par les derniers

événements. -- Elle prend le parti de s'allier plus étroitement à

Napoléon pour en obtenir, outre la Finlande, la Moldavie et la

Valachie. -- Instances d'Alexandre auprès de Napoléon. --

Résolutions de celui-ci après le désastre de Copenhague. -- Il

encourage la Russie à s'emparer de la Finlande, entretient ses

espérances à l'égard des provinces du Danube, conclut un arrangement

avec l'Autriche, reporte ses troupes du nord de l'Italie vers le

midi, afin de préparer l'expédition de Sicile, réorganise la

flottille de Boulogne, et précipite l'invasion du Portugal. --

Formation d'un second corps d'armée pour appuyer la marche du

général Junot vers Lisbonne, sous le titre de deuxième corps

d'observation de la Gironde. -- La question du Portugal fait naître

celle d'Espagne. -- Penchants et hésitations de Napoléon à l'égard

de l'Espagne. -- L'idée systématique d'exclure les Bourbons de tous

les trônes de l'Europe se forme peu à peu dans son esprit. -- Le

défaut d'un prétexte suffisant pour détrôner Charles IV le fait

hésiter. -- Rôle de M. de Talleyrand et du prince Cambacérès en

cette circonstance. -- Napoléon s'arrête à l'idée d'un partage

provisoire du Portugal avec la cour de Madrid, et signe le 27

octobre le traité de Fontainebleau. -- Tandis qu'il est disposé à un

ajournement à l'égard de l'Espagne, de graves événements survenus à

l'Escurial appellent toute son attention. -- État de la cour de

Madrid. -- Administration du prince de la Paix. -- La marine,

l'armée, les finances, le commerce de l'Espagne en 1807. -- Partis

qui divisent la cour. -- Parti de la reine et du prince de la Paix.

-- Parti de Ferdinand, prince des Asturies. -- Une maladie de

Charles IV, qui fait craindre pour sa vie, inspire à la reine et au

prince de la Paix l'idée d'éloigner Ferdinand du trône. -- Moyens

imaginés par celui-ci pour se défendre contre les projets de ses

ennemis. -- Il s'adresse à Napoléon afin d'obtenir la main d'une

princesse française. -- Quelques imprudences de sa part éveillent le

soupçon sur sa manière de vivre, et provoquent une saisie de ses

papiers. -- Arrestation de ce prince, et commencement d'un procès

criminel contre lui et ses amis. -- Charles IV révèle à Napoléon ce

qui se passe dans sa famille. -- Napoléon, provoqué à se mêler des

affaires d'Espagne, forme un troisième corps d'armée du côté des

Pyrénées, et ordonne le départ de ses troupes en poste. -- Tandis

qu'il se prépare à intervenir, le prince de la Paix, effrayé de

l'effet produit par l'arrestation du prince des Asturies, se décide

à lui faire accorder son pardon, moyennant une soumission

déshonorante. -- Pardon et humiliation de Ferdinand. -- Calme

momentané dans les affaires d'Espagne. -- Napoléon en profite pour

se rendre en Italie. -- Il part de Fontainebleau pour Milan vers le

milieu de novembre 1807. 1 à 322

LIVRE VINGT-NEUVIÈME.

ARANJUEZ.

Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 08 / 20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française · 第 49 / 50 段