Madame de Louville est une enfant. Beauté, jeunesse, orgueil et

témérité, cela est bien connu, bien peu redoutable et bien peu excitant;

mais une femme vraiment forte, habilement humble, généreuse envers les

autres, soi-disant vieille, et plus belle que les plus jeunes, tenez,

vous aurez beau dire, vous savez bien que tout cela est d'un prix

inestimable, et qu'il y aurait une gloire immense...

LOUISE.

A l'immoler?

VALROGER.

Non, mais à le conquérir.

LOUISE.

Conquérir! Comment donc? le mot est charmant! Est-ce une déclaration que

vous me faites?

VALROGER.

Si vous voulez.

LOUISE.

Et si je ne veux pas?

VALROGER.

Il est trop tard. Vous l'avez provoquée, et vous n'avez point paré à

temps.

LOUISE.

Au fait, c'est vrai. Eh bien! monsieur, vous êtes très-aimable, et je

vous remercie.

VALROGER.

Cela veut dire que vous prenez mes paroles pour un hommage banal!

LOUISE.

Je n'ai garde; j'en suis trop flattée pour cela.

VALROGER.

Ah çà mais, vous êtes atrocement railleuse! Je commence à vous croire

coquette tout de bon.

LOUISE.

C'est dans mon rôle.

VALROGER.

Le rôle d'ange gardien de madame de Louville?

LOUISE.

C'est cela! Si je ne m'empare pas de votre coeur aujourd'hui, mon

proverbe est manqué.

VALROGER.

Eh bien! il est manqué; je vous déteste!

LOUISE.

Oh! que non.

VALROGER.

Vous croyez le contraire?

LOUISE.

Pas du tout. Je vous suis parfaitement indifférente.

VALROGER.

Et sur ce terrain-là vous me payez largement de retour!

LOUISE.

Ah! mais non.

VALROGER.

J'entends! vous me détestez aussi, vous.

LOUISE.

C'est tout le contraire. Regardez-moi en face.

VALROGER.

Bien volontiers.

LOUISE.

Eh bien?

VALROGER.

Eh bien?

LOUISE.

Trouvez-vous que j'ai l'air de me moquer de vous?

VALROGER.

Parfaitement.

LOUISE.

Oh! l'homme habile! Eh bien! on vous a surfait, vous êtes un bon jeune

homme, vous n'avez jamais rien lu dans les yeux d'une femme.

VALROGER.

D'une femme comme vous, c'est possible.

LOUISE.

Quelle femme suis-je donc?

VALROGER.

Un sphinx! Je n'ai jamais vu tant d'aplomb dans le dédain.

LOUISE.

Et moi, je n'ai jamais vu tant d'obstination dans la méfiance. Voyons,

par quoi faut-il vous jurer que je vous aime?

VALROGER, (riant).

Vous m'aimez, vous!

LOUISE.

De tout mon coeur!

VALROGER, (à part).

C'est une folle! (Haut.) Jurez-le sur l'honneur, si vous voulez que je

vous croie.

LOUISE.

L'honneur d'une femme? Vous n'y croyez pas. Dans les mélodrames, on jure

par son salut éternel; mais vous n'y croyez pas davantage.

VALROGER.

Par votre amitié pour madame de Louville!

LOUISE.

Encore mieux: par l'innocence de ma fille!

VALROGER.

Quel âge a-t-elle?

LOUISE.

Six ans.

VALROGER.

J'y crois. Donc vous m'aimez, comme ça, tout doucement, de tout votre

coeur, comme le premier venu?

LOUISE.

Je n'aime pas le premier venu. Écoutez-moi, vous allez comprendre que je

ne ris pas, et que mon affection pour vous est très-sérieuse.

VALROGER.

Ah! voyons cela, je vous en prie!

LOUISE.

Vous souvenez-vous d'un jeune garçon qui s'appelait Ferval?

VALROGER.

Non, pas du tout!

LOUISE.

Augustin de Ferval.

VALROGER.

C'est très-vague...

LOUISE.

Alors, puisqu'il faut mettre les points sur les _i_, vous vous

souviendrez peut-être d'une certaine demoiselle qui s'appelait Aline, et

qui n'était pas du tout reine de Golconde?

VALROGER.

Eh bien! madame?

LOUISE.

Eh bien! monsieur, cette jolie personne, que vous protégiez, fut prise

au sérieux par un jeune provincial, mauvaise tête...

VALROGER.

J'y suis, je me souviens! Il y a de cela cinq ou six ans. Vous le

connaissez, ce petit Ferval?

LOUISE.

C'était mon frère, un enfant qui eut la folie de vous provoquer et dont

vous n'avez pas voulu tirer vengeance, car, après lui avoir laissé la

satisfaction de vous envoyer une balle, vous avez riposté sur lui avec

une arme chargée à poudre. Il ne l'a jamais su; mais des amis à vous

l'ont dit en secret à sa mère, qui l'a répété à sa soeur. Vous voyez

bien que cette soeur ne peut pas rire quand elle prétend qu'elle vous

aime!

VALROGER.

Alors on a bien raison de prétendre qu'un bienfait n'est jamais perdu,

car votre amitié doit être une douce chose; pourtant...

LOUISE.

Pourtant?...

VALROGER.

Vous avez tort de l'offrir pour si peu, madame! C'est un excitant

dangereux.

LOUISE.

Dangereux pour qui?

VALROGER.

Pour moi.

LOUISE.

Pourquoi me répondez-vous comme cela, voyons? A quoi bon poursuivre

l'escarmouche de convention et garder le ton plaisant, quand je vous dis

tout bonnement les choses comme elles sont?

VALROGER.

C'est que vous oubliez vos propres paroles: je suis un méchant, et j'ai

le coeur froid comme glace.

LOUISE.

Je n'ai jamais cru cela.

VALROGER.

Eh bien! vous avez eu tort; il fallait le croire.

LOUISE.

Pourquoi mentez-vous? Je ne comprends plus.

VALROGER.

Je ne mens pas. Je suis amoureux de vous.

LOUISE.

Si c'était vrai, cela ne prouverait pas que vous eussiez le coeur froid.

VALROGER.

Attendez! je suis amoureux de vous à ma manière, sans vous aimer.

LOUISE.

Je comprends; ma confiance vous-humilie, ma loyauté vous blesse. Vous

vous vengez en me disant une chose que vous jugez offensante.

VALROGER.

Oui, madame, j'ai l'intention de vous offenser.

LOUISE.

Pourquoi?

VALROGER.

Pour que vous me détestiez.

LOUISE.

Parce que l'amitié d'une honnête femme vous fait l'effet d'un outrage?

VALROGER.

C'est comme ça. Je ne veux pas de la vôtre.

LOUISE.

Vous êtes brutalement sincère!

VALROGER.

Oui. Je suis un séducteur percé à jour, comme vous êtes une coquette

classique.

LOUISE.

Alors me voilà déjouée et rembarrée! Je suis coquette tout de bon, et

j'ai voulu me frotter à un vindicatif plus malin que moi, qui me remet à

ma place et compte faire de moi un exemple. Est-ce cela?

VALROGER.

Précisément.

LOUISE.

Comment vais-je sortir de là?

VALROGER.

Vous n'en sortirez pas.

LOUISE, (élevant la voix avec intention.)

C'est-à-dire que vous allez faire pour moi ce que vous comptiez faire

pour madame de Louville?

VALROGER.

Oui, madame.

LOUISE.

Vous viendrez me voir?

VALROGER.

Tous les jours.

LOUISE.

Et si la porte vous est fermée?...

VALROGER.

Je resterai sous la fenêtre. Je coucherai dans le jardin, sous un arbre.

LOUISE.

Je suis sauvée! vous vous enrhumerez!

VALROGER.

Je tousserai à vous empêcher de dormir. Vous m'enverrez de la tisane!

LOUISE.

Vous refuserez de la boire?

VALROGER.

Au contraire. Je la boirai.

LOUISE.

Et alors?

VALROGER.

Alors vous aurez pitié de moi, vous me recevrez.

LOUISE.

Et puis après?

VALROGER.

Je reviendrai.

LOUISE.

Je me laisserai compromettre?

VALROGER.

Non! vous fuirez, mais je vous suivrai partout. Partout vous me

trouverez pour ouvrir la voiture et vous offrir la main.

LOUISE.

C'est bien connu, tout ça.

VALROGER.

Tout est connu. Je n'ai rien découvert de neuf, il n'y a rien de mieux

que les choses qui réussissent toujours.

LOUISE.

Alors c'est cela, c'est bien cela qui s'appelle compromettre une femme?

VALROGER.

Pas du tout! Compromettre une femme, c'est se servir des apparences

qu'on a fait naître pour la calomnier ou la laisser calomnier. Je ne

calomnie pas, moi. Je suis homme du monde et gentilhomme. Je dirai à

toute la terre que je fais des folies pour vous en pure perte, ce qui

sera vrai jusqu'au jour où vous en ferez pour moi.

LOUISE.

Et pourquoi en ferai-je?

VALROGER.

Parce que la folie est contagieuse.

LOUISE.

Et je deviendrai folle, moi?

VALROGER.

Ne vous fiez pas au passé.

LOUISE.

Vous savez bien que je n'en tire pas vanité. Pourtant ce qui est passé

est acquis.

VALROGER.

Non! vous l'avez dit vous-même, votre vertu a été aidée par l'absence de

péril. Pourtant vous avez dû allumer des passions; mais il y a à peine

un homme sur mille qui soit doué d'assez de persévérance pour consacrer

des mois et des années à la conquête d'une femme... Or je sais, je vois

que vous n'avez pas rencontré cet homme-là.

LOUISE.

Et vous vous piquez de l'être?

VALROGER.

Je le suis.

LOUISE.

Ça vous amuse?

VALROGER.

C'est mon unique amusement.

LOUISE.

Vous êtes né hostile et vindicatif, comme on naît poète ou rôtisseur?

VALROGER.

Le bonheur de l'homme est de développer ses instincts particuliers.

LOUISE.

Même les mauvais?

VALROGER.

Enfin vous reconnaissez que je suis mauvais?

LOUISE.

C'est à quoi vous teniez? Vous vouliez faire peur; sans cela vous croyez

votre effet manqué, et la confiance vous humilie. C'est une manie que

vous avez, je le vois bien; avec moi, elle ne sera pas satisfaite. Je

vous crois bon.

VALROGER.

Vous éludez la question. Si je suis tel que je m'annonce, vous devez me

haïr.

LOUISE.

Et vous voulez être haï?

VALROGER.

Oui; pour commencer, cela m'est absolument nécessaire.

LOUISE.

Eh bien! comme, en ne vous accordant pas le commencement, je serai,

espérons-le, préservée de la fin, je déclare que, méchant ou non, je ne

puis haïr le bienfaiteur de mes pauvres et le sauveur de mon frère.

VALROGER.

Vaine invocation au passé! Vous me haïrez quand même!

LOUISE.

Comment vous y prendrez-vous?

VALROGER.

D'abord je vais faire la cour à madame de Louville.

LOUISE, (regardant vers une portière en tapisserie.)

A quoi bon, si je n'en suis pas jalouse?

VALROGER.

Vous m'avez demandé grâce pour elle. Il faut que je sois inexorable pour

vous prouver que je ne vaux rien.

LOUISE, (lui montrant la portière, dont les plis sont agités.)

Vous pouvez lui faire la cour; à présent qu'elle a tout entendu, elle

saura se défendre. Vos plans sont livrés, et peut-être... (Elle va à

la fenêtre.) Cette voiture qui roule... Oui, c'est un renfort qui lui

arrive.

VALROGER.

Son mari?

LOUISE.

Précisément.

VALROGER.

Si madame de Louville est hors de cause, on se passera de ce moyen-là.

LOUISE.

C'est tout ce que je voulais. Merci, mon cher monsieur; elle est sauvée,

et moi, je ne vous crains pas.

VALROGER.

Merci, ma chère madame, voilà que vous acceptez le défi!

LOUISE.

Le défi de quoi? Vous voulez que je vous craigne pour arriver à vous

aimer? C'est un prologue inutile, puisque nous voici d'emblée au

dénoûment. Ce que vous voulez, ce n'est pas l'amour, vous en êtes

rassasié, vous n'y tenez pas, et c'est ma vertu, c'est-à-dire ma

tranquillité seule, que vous voudriez ébranler. Eh bien! sachez que,

dans les âmes fermées aux malsaines agitations de la passion folle, il

y a des émotions plus douces et plus pures qu'on peut être fier d'avoir

fait naître et de conserver toujours jeunes. Il n'est pas humiliant

d'être maternellement aimé par une femme mûre, et il ne serait pas du

tout glorieux de lui tourner ridiculement la tête.

VALROGER

Une femme mûre!...

LOUISE.

J'ai trente-six ans, mon bon monsieur!

VALROGER.

Ce n'est pas vrai, votre fille n'en a que six!

LOUISE.

Mais mon fils en a quinze!

VALROGER.

Allons donc!

LOUISE.

Je n'ai pas son extrait de naissance dans ma poche, sans cela... Mais

vous voilà calmé et un peu honteux, convenez-en, de vous être trompé,

vous si clairvoyant, sur l'âge d'une femme. Vous verrez mon fils, cela

vous guérira tout à fait, car vous viendrez chez moi, tous les jours

si vous voulez, et sans être condamné à coucher préalablement sous un

arbre. Vous vous enrhumerez pour d'autres, il y aura toujours de la

tisane chez moi. Vous me trouverez toujours entourée d'êtres qui ne

me quittent jamais, mon fils, ma fille et mon neveu, le fils de cet

Augustin de Ferval à qui vous avez sauvé la vie en dépit de lui-même;

plus ma mère qui vous bénit et prie pour vous tous les jours, plus ma

belle-soeur, la femme du même Augustin, qui est dans le secret, et qui

vous regarde comme un saint, tout perverti que vous passez pour être.

Voyez s'il y aura moyen d'entrer chez nous comme un loup dans une

bergerie! Tout ce cher monde s'est réjoui en vous sachant fixé près de

nous. Notre pauvre Augustin n'est plus, il est mort l'an dernier, et

c'est son deuil que je porte; mais nous vous devons de l'avoir conservé

six ans, de l'avoir vu heureux, marié et père. Sa femme et son

enfant sont des trésors qu'il nous a laissés. Toute cette famille

reconnaissante, grands et petits, vous sautera au cou et aux jambes, et,

quand vous aurez été bien et dûment embrassé sur les deux joues comme un

ami qu'on attendait depuis longtemps et à qui l'on ne sait comment faire

fête, vous sentirez que vous êtes un homme de chair et d'os comme les

autres,--non le spectre de don Juan, le héros d'un autre siècle et d'un

autre pays. Vous laisserez fondre la glace artificielle amassée autour

de ce coeur-là, qui est vivant et humain, puisqu'il est généreux et

compatissant. Votre génie du mal rira de lui-même et vous laissera

consentir à aimer les honnêtes gens, à les protéger même, ce qui est

bien plus facile que de leur tendre des pièges, et bien moins triste

que de se battre les flancs pour les méconnaître. Vous garderez votre

science, vos ruses pour celles qui les provoquent et qui ont de quoi

mettre à ce jeu-là. On vous pardonnera d'avoir ce goût bizarre, vous,

honnête homme, de perdre votre temps à contempler, à étudier, à mesurer

la faiblesse de notre sexe, tout en excitant sa perversité. Tenez! on

vous pardonnera tout, même d'être incorrigible. On pensera que ce métier

de punisseur des torts féminins est une tâche navrante, et que vous

devez être un homme malheureux. On s'efforcera de vous soigner comme un

malade, ou de vous distraire comme un convalescent; si par moments vous

êtes tenté de faire la guerre à vos amis, ils se diront: c'est une

épreuve; il veut savoir si nous méritons l'estime qu'il nous accorde.

Alors on se tiendra de son mieux pour vous montrer qu'on y attache le

plus grand prix. Et, si on ne réussit pas à mettre dans votre existence

une affection pure et bienfaisante, on en aura beaucoup de chagrin, je

vous en avertis, parce que l'amitié, qui n'est pas une chose convulsive,

n'est pas non plus une chose froide. Donc vous aurez, sans vous donner

aucune peine pour cela, un triomphe assuré chez nous, celui d'avoir

touché, ému, réjoui ou attristé des âmes qui ne sont pas banales, et qui

ne se donnent pas à tout le monde.

VALROGER.

Tenez, madame de Trémont, je vous aime tant, telle que vous êtes, que

je me regarderais comme un sot et comme un lâche si j'avais prémédité

d'entamer cette noble et touchante sérénité. Vous avez fort bien compris

que je valais mieux que cela, que d'ailleurs je n'eusse jamais osé

menacer sérieusement une personne telle que vous; mais je cesse de rire,

et vous rends les armes. On me l'avait bien dit: vous êtes la plus

sincère, la plus tendre et la plus forte des femmes, et il y a longtemps

que je sais une chose, c'est que la bonté est l'arme la plus solide

de votre sexe. Toute vertu sans modestie est provocation, comme toute

résistance sans conviction est grimace. Je suis heureux et fier de vous

répéter que je vous comprends, que je vous respecte... Et, puisque vous

m'acceptez pour frère, voulez-vous consacrer ce lien qui m'honore?

LOUISE.

Comment?

VALROGER.

Vous avez parlé tout à l'heure de m'embrasser sur les deux joues...

LOUISE.

C'était une métaphore!

VALROGER.

Pourquoi ne serait-ce pas la formule qui scelle un pacte d'honneur?

LOUISE.

N'avez-vous pas encore une autre raison à donner?

VALROGER.

Une autre raison?

LOUISE.

Vous ne voulez pas la dire! Non! ce n'en est pas une pour vous. Vous

avez trop de générosité pour exiger une réparation; mais voulez-vous

savoir une chose? C'est qu'au moment où vous êtes entré ici, si j'avais

écouté mon premier mouvement, je vous aurais sauté au cou; ne prétendez

pas que c'eût été une reconnaissance exagérée. Je sais tout, monsieur de

Valroger, je sais qu'une de ces joues-là a été frappée par le gant de

mon pauvre étourdi de frère, et, comme je ne sais pas laquelle...

VALROGER.

Toutes deux, madame, toutes deux!

LOUISE.

Je ne dis pas le contraire; mais toute réparation demande des témoins,

et justement en voici qui nous arrivent. (Elle l'embrasse sur les deux

joues devant M. de Louville et sa femme qui viennent d'entrer. Anne

pousse un grand cri de surprise, M. de Louville éclate de rire. Valroger

met un genou en terre et baise la main de Louise.)

VALROGER.

Merci, madame, merci!

M. DE LOUVILLE, (riant.)

Bravo, mon cher! voilà qui s'appelle enlever d'assaut les citadelles

imprenables.

VALROGER.

C'est-à-dire que c'est moi la forteresse, et que je me suis rendu

à discrétion! (Bas, pendant que Louise va en riant auprès d'Anna.)

Dites-moi, Louville, est-ce qu'il n'y a pas moyen d'épouser cette

femme-là?

M. DE LOUVILLE.

Allons donc! Elle a peut-être quarante ans!

VALROGER.

En eût-elle cinquante!

M. DE LOUVILLE.

Ah bah! mais elle a aimé son mari, elle adore son fils... Non, c'est

impossible!

VALROGER.

C'est dommage; c'eût été pour moi le seul moyen de devenir un homme

sérieux!

FIN

TABLE

Francia.

Un bienfait n'est jamais perdu.

Francia; Un bienfait n'est jamais perdu · 第 10 / 10 段