Juliette garda le silence. Charles lui prit la main.
«Resterais-tu, Juliette? répéta-t-il affectueusement.
--Non, dit-elle avec effort.
Charles, avec agitation:--Et tu ferais bien, car ce serait trop dur pour
toi; ce serait impossible! Et c'est toi, bonne et douce Juliette, qui
serais sacrifiée! Que Marianne se marie si elle veut, qu'elle fasse
cette folie, moi je ne me marierai pas et je ne te quitterai pas. Je
vivrai près de toi et je mourrai près de toi et avec toi, te bénissant
et t'aimant jusqu'au dernier jour de ma vie. Et je ne serai jamais
ingrat envers toi, Juliette; je ne t'abandonnerai jamais; et je mettrai
tout mon bonheur à te soigner, à te promener, à te rendre la vie aussi
douce que possible; comme je le faisais au temps de mon enfance, et
comme je le fais avec bien plus de bonheur depuis que je suis homme et
que je comprends mieux tout ce que je te dois.
Juliette:--Oh! Charles! mon ami! que tu es bon et dévoué!
Charles:--Qu'aurais-tu fait si je m'étais marié?
Juliette:--Je me serais retirée dans un couvent, et j'espère que j'y
serais morte bientôt.