A trois heures du matin, Téharo m'éveilla.--A ce moment je me crus là-
bas, à Brightbury, couché dans ma chambre d'enfant, sous le toit béni de
la vieille maison paternelle; je crus entendre les vieux tilleuls de la
cour remuer sous ma fenêtre leurs branches moussues,--et le bruit
familier du ruisseau sous les peupliers...
Mais c'étaient les grandes palmes des cocotiers qui se froissaient au
dehors,--et la mer qui rendait sa plainte éternelle sur les récifs de
corail.
Téharo m'éveillait pour partir; le temps s'était calmé, et on apprêtait
la pirogue.
Quand je fus dehors, j'en éprouvai du bien; mais j'avais la fièvre
encore, et la tête me tournait un peu.
Les Maoris allaient et venaient sur la plage, apportant dans l'obscurité
les mâts, les voiles et les pagayes.
Je m'étendis, épuisé, dans l'embarcation, et nous partîmes.