NOTES:

[23] Jules Janin a écrit sur cette belle accusation une page à la Janin

que Voltaire eût signée.

[24] Madame de Fontaine-Martel, qui avait beaucoup aimé et qui avait

été beaucoup aimée, ce qui n'est pas la même chose, demanda à son lit

de mort quelle heure il était. On lui répondit qu'on ne savait pas.

«Dieu soit béni! s'écria-t-elle, quelque heure qu'il soit, il y a un

rendez-vous.»

[25] On sait que sa gazette, les _Lettres historiques et galantes_,

publiée à Amsterdam sur la fin du grand règne, est composée de lettres

qui vont sans cesse se répondant l'une à l'autre, comme s'il y avait

un journaliste en France et un autre en Hollande. Il n'y avait qu'un

journaliste: c'était madame du Noyer qui répondait à madame du Noyer.

[26] Il y a encore un mot de Voltaire sur les vertus de Pimpette:

«On a noirci mademoiselle du Noyer; mais sa vertu l'a vengée. Elle

est pensionnaire du roi, et vit d'ordinaire dans une terre qui lui

appartient, et où elle nourrit les pauvres; elle s'est acquis, auprès

de tous ceux qui la connaissent, la plus grande considération.» Elle

devait finir ainsi.

[27]

O toi dont la délicatesse,

Par un sentiment fort humain,

Aima mieux ravir ma maîtresse

Que de la tenir de ma main!

[28] L'_Écossaise_.--_Lindane_ (mademoiselle de Livry). _Freeport_ (le

marquis de Gouvernet).

[29] «Cette épître a été adressée à mademoiselle de Livry, alors madame

la marquise de Gouvernet. C'est d'elle que parle M. de Voltaire dans

son épître à M. de Génonville, dans l'épître adressée à ses mânes,

et dans celles à M. le duc de Sully et à M. de Gervasi. Le suisse de

madame la marquise de Gouvernet ayant refusé la porte à M. de Voltaire,

que mademoiselle de Livry n'avait point accoutumé à un tel accueil, il

lui envoya cette épître. Lorsqu'il revint à Paris, en 1778, il vit chez

elle madame de Gouvernet, âgée, comme lui, de plus de quatre-vingts

ans. C'est en revenant de cette visite qu'il disait: «Ah! mes amis, je

viens de passer d'un bord du Cocyte à l'autre.» Dans le temps de sa

liaison avec mademoiselle de Livry, M. de Voltaire lui avait donné son

portrait, peint par Largillière.» _Note de l'édition Beaumarchais._

[30] Ce portrait de Voltaire à vingt-quatre ans, peint par Largillière,

est connu par quelques copies médiocres, témoin celle du Comité de

lecture à la Comédie-Française, ou détestables, témoin celle du Musée

de Versailles, à la salle des Académiciens. L'original est aujourd'hui

au château de Villette, dans une galerie d'illustres personnages des

dix-septième et dix-huitième siècles.

[31] On a douté de cet amour du poëte et de la comédienne, mais il est

écrit en toutes lettres. Le 1er mai 1731, Voltaire écrit à Thiriot à

propos des vers que j'ai déjà cités: «Ces vers m'ont été dictés par

l'indignation, par la tendresse et par la pitié.» Le 1er juin: «Ces

vers remplis de la juste douleur que je ressens encore de sa perte

et d'une indignation peut-être trop vive sur son enterrement, mais

indignation pardonnable à un homme qui a été son admirateur, son ami,

son amant.»

[32] Mademoiselle Rachel, qui a été à la fois mademoiselle Rachel et

Adrienne Lecouvreur, a consacré avec MM. Scribe et Legouvé cette page

dramatique et romanesque, où la maîtresse de Maurice de Saxe insulta

publiquement sa rivale, la duchesse de Bouillon, en lui jetant à la

figure les vers de Phèdre:

Je sais mes perfidies,

Œnone, et ne suis point de ces femmes hardies

Qui, goûtant dans le crime une tranquille paix,

Ont su se faire un front qui ne rougit jamais.

[33] Madame du Chastelet avait quarante-deux ans; le soleil des beaux

jours allait se coucher pour elle: comment ne pas chercher un peu de

lumière encore quand le dernier rayon s'affaiblit et s'éteint? Comment

ne pas saluer le rivage quand on prend la pleine mer, le jour de

l'exil?--Ainsi parlent toutes les pécheresses.

[34] Cela s'appelle, au Théâtre-Français, _la Comédie à Ferney_.

Le roi Voltaire · 第 84 / 187 题