Au cours d’une conversation subséquente, Lapillus spécifia que cette
paix d’oraison ne diffère de la paix intérieure connue de tout chrétien
qui remplit ses devoirs que par l’intensité. Il dit encore qu’elle
constitue une voie pour aller à Dieu mais que d’autres voies, d’où les
grâces sensibles sont absentes, peuvent être pareillement bonnes à
suivre: l’acceptation de l’aridité dans la souffrance en union avec
Jésus crucifié, par exemple.
Il avertit aussi qu’il fallait se garder de demander ces grâces. Et, en
référence il cita sainte Térèse qui dit dans _le Château intérieur_:
«Dieu n’est pas obligé de nous donner ces joies spirituelles comme il
s’est obligé de nous donner la béatitude si nous gardons ses
commandements. Nous pouvons nous sauver sans cela. Il sait mieux que
nous ce qui nous convient...» Demander les grâces sensibles si Dieu ne
juge pas à propos de nous les accorder gratuitement «ce serait nous
tourmenter en pure perte. Si la source refuse de nous verser cette eau,
nous nous fatiguerons en vain. Nous aurons beau multiplier nos
méditations, nous pressurer le cœur et offrir nos larmes, tout sera
inutile. Dieu fait ce don à qui il lui convient et il le fait souvent au
moment où l’âme y pense le moins.»