Invitation de faire parvenir
la description
du nouveau système
de fortification dont
il est l'inventeur.
«J'ai reçu, monsieur, la lettre que vous m'avez écrite le premier du
mois courant, et par laquelle vous demandez à me soumettre un nouveau
système de fortifications dont vous êtes inventeur.
«Mes nombreuses occupations ne me permettent pas de satisfaire le
désir que vous paraissez manifester de m'exposer votre plan de
vive voix. Mais, dans le cas où vous voudriez me faire parvenir la
description du nouveau système dont vous parlez, en y joignant tous
les dessins et tous les détails que vous jugerez utiles, pour en
indiquer les avantages avec toute l'étendue convenable, je pourrai le
faire examiner, et j'aurai soin de vous faire ensuite connaître le
résultat de l'examen qui aura lieu.
«Recevez l'assurance, de ma considération.
«_Le ministre secrétaire d'État
de la guerre._
«Pour le Ministre:
«_Le lieutenant-général directeur_,
«Saint-Cyr Nugues.»
Et j'ai trouvé également dans le dossier la note suivante, qui confirme
la lettre qu'on vient de lire:
«Monsieur le lieutenant d'artillerie Zola a présenté au ministre
de la guerre une notice, avec plans à l'appui, sur une espèce de
fortification applicable à Paris. Cet ouvrage a été envoyé au comité
du génie pour être examiné, et M. le lieutenant-général Nugues m'a
chargé de cet examen.
«Je n'ai pu encore que jeter un coup d'œil superficiel sur cet
ouvrage; mais il m'a paru annoncer dans son auteur un esprit
d'observation et de calcul qui pourrait s'appliquer avec succès à
toute autre chose; ses dessins sont corrects et bien présentés; et je
ne doute pas que M. Zola ne pût remplir avec distinction la place de
capitaine qu'il sollicite, en ce moment, dans la Légion étrangère.
«A Paris, le 4 mai 1831.
«_Le maréchal de camp_,
«Prévost de Vernois.»
Mon père, nommé lieutenant dans la Légion étrangère, partit pour
l'Afrique, et son projet de fortification dut dormir dans quelque
casier du ministère. Après l'obscure aventure où il se trouva
compromis, il revint à Marseille, ouvrit un cabinet d'ingénieur,
s'occupa du nouveau port qu'il était question de construire, sollicita
et obtint du prince de Joinville une audience pour être autorisé
à donner le nom de «Docks Joinville» à tout un système nouveau de
magasins qu'il avait imaginé, puis revint enfin à son projet de
fortification, lorsque les discussions s'ouvrirent sur la façon de
fortifier Paris. Le 20 septembre 1840, il écrivit une longue lettre à
M. Thiers, alors président du conseil. Ensuite, il voulut voir le roi
Louis-Philippe lui-même, il s'adressa à l'aide de camp de service pour
demander une audience au roi; et sa lettre commence ainsi:
«En 1836, j'ai eu l'honneur d'être présenté à Sa Majesté par le
général comte d'Houdetot. Aujourd'hui, une question plus grave
m'impose le devoir de solliciter de Sa Majesté une nouvelle
audience...»
Voici la double réponse qu'il reçut:
AIDE DE CAMP «Palais de Saint-Cloud, 9 octobre 1840.
DE SERVICE
PRÈS DU ROI
«L'aide de camp de service a l'honneur d'informer M. Zola que sa
demande d'audience a été mise sous les yeux de Sa Majesté et qu'il
s'empressera de lui transmettre les ordres du Roi aussitôt qu'il les
aura reçus.
«Le Roi a ordonné que la pièce qui accompagnait la lettre de M.
Zola fût renvoyée à M. le ministre de la guerre, et ce renvoi a été
immédiatement effectué.»
MINISTÈRE
DE LA GUERRE