LETTRE A M. LOUBET

Ces pages ont paru dans _l'Aurore_, le 22 décembre 1900.

Encore sept mois, entre l'article précédent et celui-ci. L'Exposition

universelle avait fermé ses portes le 12 novembre, et il fallait en

finir, achever d'étrangler la vérité et la justice. C'est ce qu'on

a fait. Mon procès de Versailles ne viendra plus, on m'a privé du

droit absolu que j'avais d'en appeler d'une condamnation par défaut.

Brutalement, on a supprimé la vérité que j'aurais pu faire, la justice

que je me serais fait rendre. De même, voilà les trois experts, les

sieurs Belhomme, Varinard et Couard, qui galopent, avec les trente

mille francs dans leurs poches; et il faudra tout recommencer devant

la justice civile. Je constate simplement, je ne me plains pas, car

mon œuvre est quand même faite.--Pour mémoire, j'ajoute qu'aujourd'hui

encore, en février 1901, je suis suspendu de mon grade d'officier, dans

l'ordre de la Légion d'honneur.

La vérité en marche: L'affaire Dreyfus · 第 58 / 72 题