Ces pages ont paru dans _l'Aurore_, le 29 septembre 1899.
Je les écrivis, lorsque M. le président Loubet eut signé la grâce
d'Alfred Dreyfus, le 19 septembre, et que l'innocent, condamné deux
fois, fut rendu aux siens. J'étais décidé à garder le silence, tant que
mon procès ne serait pas revenu devant la Cour d'assises de Versailles;
et là seulement j'aurais parlé. Mais il était des circonstances où je
ne pouvais rester muet.