Ce crâne était monstrueusement défectueux. L'énorme extension de la
région animale et la petitesse et la dépression de celle des sentiments
des facultés intellectuelles dénotaient un esprit brutalement féroce.
Les conditions matérielles de ce crâne indiquaient que c'était un jeune
homme de vingt à vingt-cinq ans, quoique les os en fussent épais et
pesants.
Les dimensions du crâne étaient presque semblables à celles du crâne de
la femme; même l'étroitesse encore plus grande du front et l'extension
encore plus grande de la région rétro-auriculaire indiquaient la
lourdeur d'esprit et la témérité. Quant aux instincts, la _combattivité_
était très-développée, ainsi que la _destructivité_; la _sécrétivité_
venait ensuite. Quant aux sentiments, l'_approbativité_ était grande, la
_circonspection_ grande, la _fermeté_ enfin plus développée encore que
ces deux derniers organes.
Ces différents crânes étudiés, le sexe, l'âge et les instincts de ceux à
qui ils appartenaient reconnus, restait à savoir si M. Miraglia avait
deviné juste. On ne pouvait avoir de certitude sur ce point qu'en
exhumant le crime commis par les quatre justiciés, dont on ignorait
encore les noms et même le crime, et le plus ou moins d'action ou de
complicité dans la perpétration du crime.
A force de chercher, M. Miraglia trouva dans les Archives criminelles de
la Vicaria, sous le nº 6154, cahier 340, à la date correspondant à
celle de l'exposition des têtes, le procès d'une femme et de trois
hommes accusés de meurtre.