CRANE DU VIEILLARD.

Ce crâne, dont il n'existait que le côté droit, fut reconnu par M.

Miraglia pour celui d'un homme de soixante à soixante et dix ans, à

l'épaisseur des os, qui dépassait trois lignes, à la presque disparition

des sutures effacées sur une grande étendue, quoique facile à

désarticuler, à cause de la fragilité amenée par le temps et les

intempéries; à l'épaisseur anormale des os occipitaux, avec

aplatissement de leurs cavités, à cause de l'atrophie du cervelet; à

l'engorgement des alvéoles à l'endroit des dents tombées par l'âge; en

outre, l'extension de l'arcade dentaire, l'ampleur de la face,

l'extension des lobes antérieurs, indiquaient une tête d'homme.

L'examen du crâne démontra que celui auquel il avait appartenu était un

de ces hommes qui vivent entre la vertu et le vice, n'ayant reçu de leur

organisation qu'un esprit faible, se pliant facilement aux

circonstances, et agissant et opérant selon les impulsions qu'ils

reçoivent. Une ligne, tirée du trou acoustique au sommet de la tête,

fait ressortir un médiocre développement des parties antérieures du

cerveau, et les régions cérébrales, qui représentent les sentiments

moraux, sont suffisamment développées, quoique la base et les côtés de

l'encéphale, siéges des tendances animales, soient larges et étendus au

delà de la mesure ordinaire.

Les organes de la _philogéniture_, de la _destructivité_, de la

_sécrétivité_ et de l'_acquisivité_ étaient énormes; la _combattivité_,

la _circonspection_ et l'_estime de soi_ étaient grandes; la _fermeté_,

la _vénération_, la _bienveillance_ et la _conscienciosité_ peu

développées. Tous les autres organes étaient plutôt petits que grands,

moins cependant quelques-uns qui présentaient les indices d'un

développement normal. Avec cette organisation, ne pas savoir être

vertueux était une faute entraînant aux plus grands vices et aux plus

grands crimes.

Jacques Ortis; Les fous du docteur Miraglia · 第 64 / 85 题