4 décembre 1912.

Le saint temps de l’Avent, toujours si doux, l’est particulièrement ici.

Tamanrasset, avec ses quarante feux de pauvres cultivateurs, est bien ce

que pouvaient être Nazareth et Bethléem au temps de Notre-Seigneur.

Lettre écrite par Charles de Foucauld, quelques heures avant sa mort, le

matin du 1er décembre 1916, à un ami.

Ces souffrances, ces inquiétudes anciennes et récentes, acceptées avec

résignation, offertes à Dieu en union et aux intentions des douleurs de

Jésus, sont non pas la seule chose, mais la plus précieuse que le Bon

Dieu vous offre pour que vous arriviez devant Lui les mains pleines...

Notre anéantissement est le moyen le plus puissant que nous ayons de

nous unir à Jésus et de faire du bien aux âmes; c’est ce que saint Jean

de la Croix répète presque à chaque ligne... Quand on peut souffrir et

aimer, on peut beaucoup, on peut le plus qu’on puisse en ce monde: on

sent qu’on souffre, on ne sent pas toujours qu’on aime, et c’est une

grande souffrance de plus; mais on sait qu’on voudrait aimer, et vouloir

aimer, c’est aimer... On trouve qu’on n’aime pas assez;--ceci c’est

vrai, on n’aimera jamais _assez_,--mais le Bon Dieu, qui sait de quelle

boue Il nous a pétri, et qui nous aime bien plus qu’une mère ne peut

aimer son enfant, nous a dit, Lui qui ne meurt pas, qu’il ne

repousserait pas celui qui vient à Lui...»

Écrits spirituels de Charles de Foucauld · 第 129 / 139 题