Il faudrait que tout le pays fût couvert de religieux, religieuses et de
bons chrétiens restant dans le monde, pour prendre contact avec tous ces
pauvres musulmans, pour les rapprocher doucement, pour les instruire,
les civiliser, et enfin, quand ils seront des hommes, en faire des
chrétiens. Avec les musulmans, on ne peut pas en faire d’abord des
chrétiens, et civiliser ensuite; la seule voie possible est l’autre,
bien plus lente: instruire et civiliser d’abord, convertir ensuite...
Mais il faudrait pour cela un effort: ce n’est pas sans effort qu’on
peut amener lentement à Jésus les quatre millions de musulmans de
l’Algérie. Dans cette partie du Sahara où je suis seul, entre ici et
Béni-Abbès, il y a cent mille âmes... Tous ont droit qu’on travaille au
salut de leurs âmes; les Touaregs plus encore que les autres, si c’est
possible... Les âmes ont toutes le même prix, celui du sang de Jésus,
mais, ne pouvant s’occuper encore de toutes, il semble qu’il faut
s’attacher d’abord à celles qui laissent espérer les plus prompts et
meilleurs résultats; les Touaregs sont de ceux-ci: c’est une race neuve,
forte, intelligente...
A un ami,