RETRAITE DE 1904

1º.--_Observation_: «Il descendit avec eux et vint à Nazareth»; 2º.

_Examen_: Mes paroles, mes lettres sont-elles celles de Jésus à

Nazareth? Y en a-t-il trop ou pas assez? Sont-elles ce qu’il

faut?--Résolutions: Diminuer (en général) la longueur des lettres, mais

non leur nombre; parler (en général) peu longtemps à chacun, et peser

mes termes pour dire tout ce qu’il y a à dire en mots précis et brefs;

prier (faire une communion spirituelle) avant d’aborder quelqu’un par

lettres ou paroles... Parler plus que je ne fais de Dieu, de Jésus...

Augmenter ma conversation avec les petits, la raccourcir avec les

grands... Dans l’embarras, prier... Dans le doute, me taire...

Cœur Sacré de Jésus, je Vous remets ces résolutions et je Vous supplie

que cette retraite, et tous les moments de ma vie, soient pour Votre

plus grande gloire.

Mère du Perpétuel Secours, je me remets à jamais entre vos mains pour

que, dans la vie et dans la mort, vous fassiez toujours ce que vous

voulez de moi, me portant, dans cette vie et dans l’autre, entre vos

bras, comme vous portâtes Jésus enfant, ô ma Mère bien-aimée!

_Détachement, dépouillement de Jésus_: «Si on veut prendre votre

manteau, donnez encore votre tunique.» Si j’aime Jésus, je ne suis

attaché qu’à Lui seul, à Ses paroles, Ses exemples, Sa volonté. Le

posséder, Lui obéir, L’imiter, ne faire qu’un avec Lui, me perdre en

Lui, par la perte de ma volonté en la Sienne... tout cela crie:

détachement total de tout ce qui n’est pas Lui!... Ne désirer la

possession que de Lui seul crie: détachement! Ses paroles crient:

détachement! Ses exemples crient: détachement! Sa volonté crie:

détachement!...

Voir sans cesse Jésus en moi, faisant en moi Sa demeure avec Son Père...

Travailler de toutes mes forces à me sanctifier: _Mortification,

mortification! pénitence, mort!_ C’est quand on souffre le plus qu’on se

sanctifie le plus et qu’on sanctifie le plus: «Si le grain de blé ne

meurt pas, il ne rapporte rien... Quand je serai élevé de terre,

j’attirerai tout à moi!...» C’est, non par Ses divines paroles, non par

Ses miracles, non par Ses bienfaits que Jésus sauve le monde, c’est par

Sa croix: l’heure la plus fructueuse de Sa vie est celle des plus grands

abaissements, anéantissements, celle où Il est le plus abîmé dans la

souffrance et l’humiliation...

L’obéissance est la mesure de l’amour: soyez d’une obéissance parfaite

pour avoir un amour parfait...

Pour travailler le plus que je peux à la glorification de Dieu, pour

qu’en des contrées infidèles reculées, où nul ne connaît Jésus, où les

plus grandes fêtes: Noël, Pâques, toute l’année, s’écoulent sans une

messe, sans une prière, sans qu’une bouche prononce le nom de Jésus;

pour qu’en ces contrées il y ait des Tabernacles, des prêtres; pour que

de nombreuses messes y soient dites, les sacrements reçus; pour que de

ferventes prières y montent vers le Ciel, que la vie chrétienne y

répande ses grâces; que sur de nombreux autels, la Sainte Hostie

perpétuellement exposée soit, nuit et jour, adorée par de fervents

religieux et religieuses, moyen: _me sanctifier le plus possible_...

L’heure la mieux employée de notre vie est celle où nous aimons le plus

Jésus...

Une âme fait du bien, non dans la mesure de sa science ou de son

intelligence, mais dans celle de sa sainteté...

Envelopper tous les hommes, en vue de Dieu, dans un même amour et un

même oubli. Ne pas plus se soucier de la santé et de la vie que l’arbre

d’une feuille qui tombe.

Nous souvenir du seul Jésus, penser au seul Jésus, estimant un gain

toute perte au prix de laquelle nous faisons en nous la place plus

grande à la pensée et à la connaissance de Jésus, à côté de qui tout le

reste est néant.

«Réserver toutes mes forces pour Dieu.»

Écrits spirituels de Charles de Foucauld · 第 99 / 139 题