26 décembre 1897.

«Bénissons Dieu mille fois, si, par les tristesses dont Il nous inonde,

il semble que la terre nous repousse. Ces tristesses, ces douleurs,

cette amertume dont tout nous semble imprégné ici-bas, c’est le lot

qu’eut Notre-Seigneur... que nous sommes heureux de le partager!

Plaignons les heureux...! Plaignons ceux que les joies, même les plus

pures, même les plus légitimes, attachent à la terre! Que le bon Dieu

est bon de nous avoir tout ôté pour que nous ne puissions plus respirer

qu’en tournant la bouche vers Lui!... Que Sa miséricorde est grande!

Qu’il a été divinement bon en nous enlevant tout, en nous arrachant

tout, pour que nous soyons plus complètement à Lui! Que les malheureux

sont heureux, et que Dieu est bon...! La tristesse me conduit à l’action

de grâces... Puissent ces jours de fête et de douleur vous apporter, je

ne dis pas la consolation, mais le bien que le Bon Dieu se charge de

vous donner. L’Enfant Jésus ne vous apportera peut-être pas de douceurs,

Il les réserve à la faiblesse; Ses mains ne sont pas moins ouvertes

cependant sur vous que sur les autres, en ces jours de grâce, et Il en

répandra, que vous le sentiez ou non, d’abondantes sur votre âme...

A sa Sœur,

Écrits spirituels de Charles de Foucauld · 第 87 / 139 题