«Bénissons Dieu mille fois, si, par les tristesses dont Il nous inonde,
il semble que la terre nous repousse. Ces tristesses, ces douleurs,
cette amertume dont tout nous semble imprégné ici-bas, c’est le lot
qu’eut Notre-Seigneur... que nous sommes heureux de le partager!
Plaignons les heureux...! Plaignons ceux que les joies, même les plus
pures, même les plus légitimes, attachent à la terre! Que le bon Dieu
est bon de nous avoir tout ôté pour que nous ne puissions plus respirer
qu’en tournant la bouche vers Lui!... Que Sa miséricorde est grande!
Qu’il a été divinement bon en nous enlevant tout, en nous arrachant
tout, pour que nous soyons plus complètement à Lui! Que les malheureux
sont heureux, et que Dieu est bon...! La tristesse me conduit à l’action
de grâces... Puissent ces jours de fête et de douleur vous apporter, je
ne dis pas la consolation, mais le bien que le Bon Dieu se charge de
vous donner. L’Enfant Jésus ne vous apportera peut-être pas de douceurs,
Il les réserve à la faiblesse; Ses mains ne sont pas moins ouvertes
cependant sur vous que sur les autres, en ces jours de grâce, et Il en
répandra, que vous le sentiez ou non, d’abondantes sur votre âme...
A sa Sœur,