St LUC, 5, 32.
«Souvenez-vous, mes petits enfants, comme je vous ai défendus, chaque
fois que les Pharisiens vous faisaient des reproches ou cherchaient à
vous embarrasser par leurs questions. Faites de même... Défendez les
bons contre les méchants, les faibles contre ceux qui les oppriment
injustement. Je vous ai défendus, par amour pour vous et par amour pour
tous les hommes, pour vous personnellement, pour vous porter à m’aimer
par reconnaissance, à aimer votre prochain par l’imitation de ce que je
faisais, pour vous délivrer d’un mal prochain, d’un danger ou d’une
peine qui vous menaçait pour vous donner l’exemple et vous _apprendre à
défendre vos fils_, vos enfants spirituels, tous les innocents, tous les
opprimés, comme je vous ai défendus... Ai-je jamais manqué à ce devoir
de défendre ceux qu’on attaquait injustement? Jamais, et je n’y
manquerai pas jusqu’à mon dernier soupir... Je défends ceux qu’on
attaque, même contre vous, contre mes amis; je défends Magdeleine contre
sa sœur... Je suis fidèle et je ne vois jamais attaquer mes amis sans
prendre aussitôt leur défense. Faites de même, c’est une œuvre de
charité, une des marques de l’amour que vous devez avoir pour le
prochain...»
_Jeudi, 3 heures du matin._--... Oh! qu’il est doux d’être à Vos pieds,
entre la Sainte Vierge, sainte Magdeleine, parmi Vos saints Apôtres qui,
eux aussi, se sont levés et veillent silencieusement, Vous regardant et
priant!... Les heures passent, et Vous priez toujours, Vous contemplez
Votre Père, et Vous Le priez pour Vos enfants... Cette dernière prière
est courte, car elle est toujours exaucée et toute-puissante: Votre Père
vous écoute toujours, Il fait tout ce que Vous voulez, et Vous ne
demandez que ce qu’Il veut; aussi un mot Vous suffit pour demander. Vous
lui mettez les choses devant les yeux par un simple mouvement de l’âme,
priant, en peu de paroles, Celui qui exauce pleinement toutes Vos
paroles, et avec qui Vous ne faites qu’un... Mais, la contemplation de
Ses beautés est longue, en Vous l’acte d’amour dure longtemps..., cette
contemplation est amour; cette adoration, l’éternité tout entière ne
Vous sera pas de trop pour Vous y livrer: elle remplira pour Vous les
siècles éternels: aussi les heures d’une nuit sont bien peu de chose et
passent comme un éclair dans cette céleste occupation... Vous contemplez
Dieu, immobile, tantôt à genoux, tantôt assis, promenant de temps en
temps un regard tendre sur ces enfants de Dieu serrés autour de Vous et
sur leurs anges gardiens qui Vous adorent. Vous contemplez Dieu; Marie,
Magdeleine, les Apôtres Le contemplent aussi, car ils Vous regardent:
leurs yeux ne se détachant pas de leur Bien-Aimé. Ils prient en silence,
les yeux fixés sur Vous, Vous, le Tout de leur âme, dont le pâle et doux
visage est faiblement éclairé à la pâle lumière d’une petite lampe. Ils
Vous regardent, et la plupart se perdent dans cette contemplation
muette, s’abîmant à Vos pieds sans autres pensées, mais Vous regardant
et Vous adorant avec tout l’amour de leur cœur. Quelques-uns sentent, en
Vous regardant, s’élever de douloureuses pensées dans leur âme... Ce
Jésus Bien-Aimé, ce Dieu béni, ce Maître chéri, combien de temps Le
verrons-nous encore parmi nous? Combien de nuits passerons-nous encore
ainsi, à Ses pieds, dans cette douce prière? Dans trois semaines, à
pareille heure, il Lui restera un jour et demi à vivre. O douleur des
douleurs! Et, douleur mille fois plus grande, au milieu de quels
tourments sortira-t-Il de cette terre qui ne L’a pas reçu, qui Le
chasse, qui n’a eu pour Lui, toute sa vie, que des persécutions? Oh! mon
Dieu, si Vous avez tant d’ennemis et de bourreaux et si peu d’amis,
faites du moins que Vos amis soient fidèles, qu’ils soient courageux,
ardents à Votre service, ne reculant devant rien de ce qui peut Vous
plaire, devant rien de ce qu’il Vous est agréable qu’ils fassent, mais
qu’ils soient prêts à tout pour Votre amour et Votre service!...