MÉDITATION SUR LA VIE PUBLIQUE

St LUC, 4, 42.

[Notre-Seigneur]: «C’est ainsi que j’ai passé devant vos yeux les trois

ans de ma vie publique, passant les jours tout entiers à instruire et à

guérir, à faire le bien, aux âmes d’abord, aux corps ensuite. Et, le

soir, que faisais-je? Le soir, je me retirais loin de cette foule à

laquelle je m’étais si pleinement consacré le jour, et, cherchant la

solitude, je m’enfermais avec vous dans une maison hospitalière, ou

bien, j’allais dans la montagne, sur quelque sommet désert, et je

passais la nuit en prière..., de toute manière, je passais la nuit dans

le recueillement, le silence, à l’écart des foules, dans la veille et la

prière... C’est l’exemple que je vous laisse. C’est pour vous que j’ai

agi ainsi: Moi qui suis assez fort, assez maître de Moi pour être

partout comme seul avec mon Père, puisque je Le vois sans cesse, je suis

toujours avec Lui, je n’ai besoin ni de solitude pour me recueillir, ni

de silence pour Le prier, ni de prières particulières pour m’unir à Lui.

Au milieu des foules, en parlant, je suis aussi uni à Lui que dans la

plus profonde solitude. Je n’ai pas besoin de méditer pour Le connaître,

car je Le connais; je n’ai pas besoin de me fortifier par Sa

contemplation, car je suis divinement fort... Je n’ai besoin ni de

solitude, ni de veille, ni de silence, ni de prière, car, au dedans de

Moi, la prière est continuelle et parfaite... C’est pour vous donner

l’exemple que j’ai passé tant de nuits dans une veille solitaire, à

prier mon Père, sous le ciel étoilé ou dans le secret d’une chambre

close... Puisque je fais tout pour vous tous, aimez-Moi donc et

aimez-vous les uns les autres... Et suivez mes exemples; prenez un

sommeil aussi court que possible, et passez la plus grande partie que

vous pourrez de vos nuits à veiller dans le recueillement et le silence,

en priant, en contemplant, en vous abîmant en Dieu...»

Écrits spirituels de Charles de Foucauld · 第 67 / 139 题