Évangile selon St Luc, 1, 39.
«A peine incarné, j’avais demandé à ma Mère de me porter à la maison où
va naître Jean, afin de le sanctifier avant sa naissance... Je me suis
donné au monde pour son salut, dans l’Incarnation... Avant même de
naître, je travaille à cette œuvre, la sanctification des hommes... et
je pousse ma Mère à y travailler avec Moi... Ce n’est pas elle seule que
je pousse à travailler, à sanctifier les autres, dès qu’elle me possède:
c’est toutes les autres âmes à qui je me donne. Un jour, je dirai à mes
apôtres: «Prêchez», et je leur donnerai leur mission et leur tracerai
leurs règles... Ici, je dis aux autres âmes, à toutes celles qui me
possèdent et vivent cachées, qui me possèdent, mais n’ont pas reçu
mission pour prêcher, je leur dis de sanctifier les âmes en me portant
parmi elles en silence; aux âmes de silence, de vie cachée, vivant loin
du monde dans la solitude, je dis: «Toutes, toutes, travaillez à la
sanctification du monde, travaillez-y comme ma Mère, sans parole, en
silence; allez établir vos pieuses retraites au milieu de ceux qui
m’ignorent; portez-Moi parmi eux en y établissant un Autel, un
Tabernacle, et portez-y l’Évangile, non en le prêchant de bouche, mais
en le prêchant d’exemple, non en l’annonçant, mais en le vivant;
sanctifiez le monde, apportez-Moi au monde, âmes pieuses, âmes cachées
et silencieuses, comme Marie m’a porté à Jean...
_5 heures soir._--... Le temps passe, mon Dieu, les heures s’écoulent...
encore une journée finie, encore un soir arrivé; hélas! hélas! qu’ils
sont peu nombreux les jours qui Vous restent à passer ici-bas! Combien
peu de soirs nous compterons encore à Vos pieds!... Dans vingt-cinq
jours, où serez-Vous à cette heure? Hélas, mon Dieu, Vous ne serez plus
vivant, et par quelles douleurs Vous serez sorti de la vie!... Vous êtes
venu ici-bas pour nous seuls, mon Dieu... et les hommes ne Vous ont pas
reçu à Votre naissance, et Vous feront sortir violemment du monde, au
milieu des plus affreux tourments... C’est ainsi que la terre aura reçu
son Dieu, les hommes leur Sauveur et leur Créateur!... Il est vrai que
c’est pour entrer dans Votre gloire que Vous quittez la terre... Et il
est bien juste que Vous cessiez d’être l’homme des douleurs pour être le
Roi de gloire... Mon Dieu, par quel débordement de tourments allez-Vous
passer, avant de prendre Votre place à la droite de Votre Père!... Quand
Vous êtes entré dans le monde, on ne Vous a pas reçu: toutes les portes
de Bethléem se sont fermées à Votre naissance... Vous étiez à peine né
depuis quelques jours, qu’on Vous a poursuivi pour Vous faire périr...
Pendant les trente années qui ont suivi, Vous n’avez trouvé la paix qu’à
condition de Vous cacher, ou en pays étranger ou dans Votre petite
ville, perdue dans la montagne, ensevelie dans le silence et dans
l’abjection... Dès que Vous êtes sorti du silence, on Vous a persécuté:
les premiers, Vos concitoyens, ont voulu Vous mettre à mort, et, depuis
trois ans que Vous prêchez, ce ne sont que menaces de mort de toutes
parts, et voici que Vous allez permettre qu’on en vienne à l’effet.
Voilà comment la terre a reçu son Dieu! Et Vous ne l’avez pas maudite,
mon Dieu, et Vous la quitterez en la bénissant! Et Vous la bénissez
chaque jour, et Vous la bénirez des millions de fois chaque jour,
jusqu’à la consommation des siècles. Et Vous la comblez, et continuez
toujours à la combler de grâces insignes...; Vous reviendrez en elle,
non seulement Vous reviendrez, mais Vous serez en elle jusqu’à la
consommation des siècles, et non seulement en un endroit, mais en une
foule de lieux!... Mais, maintenant, c’est l’heure du départ qui va
sonner. Mon Dieu, merci d’être à Vos pieds!... Merci de cette grâce que
Vous me faites de partager avec la Sainte Vierge, sainte Magdeleine, Vos
saints Apôtres, Votre dernière retraite, Vos derniers voyages et Vos
derniers jours!...