Mon Seigneur Jésus, il faut que Vous me parliez du courage et que Vous
me le donniez surtout, car, Vous le savez, c’est peut-être ce qui me
manque le plus, bien qu’il me manque tant de choses... Ce matin encore,
j’en ai manqué trois fois: deux fois je me suis éveillé sans me lever,
pardon, pardon! et à la sonnerie de la cloche de l’Angelus, je ne suis
pas sorti tout de suite de peur de la pluie... pardon!... Comme si ce
n’était pas une grâce mille fois bénie de m’éveiller plus tôt pour être
plus tôt en tête-à-tête avec Vous, pour me mettre plus tôt à Vos pieds,
à Vos genoux, la tête dans Vos mains à Vous dire que je Vous aime...
comme si le réveil, n’était pas Votre appel..., comme si, au réveil, ne
brillaient pas devant mon âme, en lettres étincelantes, ces mots: «Il
est l’heure d’aimer Dieu!»...
... «Il te faut du courage contre les hommes, contre leurs menaces et
leurs séductions, contre les persécutions, contre les douceurs, contre
les méchants, et avec les bons et avec les saints, pour supporter les
mauvais traitements et ne pas te laisser amollir par les bons, pour être
en tout, avec tous, ce que je veux que tu sois, pour recevoir les
railleries, les contradictions, les coups, les blessures et la mort
comme mon soldat fidèle, pour résister à l’affection, à la tendresse, à
l’amour, aux bonnes paroles, aux bonnes grâces, aux louanges, aux dons
les plus délicats, pour ne pas craindre ta peine ni celle des autres,
mais uniquement la mienne... Il te faut du courage contre le démon:
contre les terreurs, les troubles, les tentations, les séductions, les
ténèbres, les fausses lumières, les épouvantes, les tristesses, les
dissipations, les chimères, les fausses prudences, les _peurs_ surtout
(car c’est son arme habituelle, surtout avec toi qui es timide,
inconstant), par lesquelles il cherchera à t’arracher à Moi...