Cela vous sera fait, ou bien, ajoutent les Pères, je vous donnerai
quelque chose de meilleur encore... Notre-Seigneur promet d’exaucer
toutes nos demandes (pures et exemptes du péché, bien entendu, les
autres Lui seraient un outrage). Il se réserve une seule chose: de
changer l’objet de notre demande en un meilleur, de nous donner plus
encore que nous demandons. O réserve bénie et bien digne de Vous, ô Cœur
Sacré de Jésus! Réserve divine par laquelle Vous trouvez moyen de faire
plus encore que de tout accorder, que Vous êtes bon! que nous sommes
heureux!... Et que Votre prévoyance est sage! car nous sommes si
ignorants qu’avec les meilleures intentions, nous demandons souvent des
choses médiocres ou dangereuses, des choses qui feraient du mal... Mais
Vous, mon Dieu, mon Père, Vous arrangez tout cela et Vous nous donnez ce
qui nous vaut le mieux...
St JEAN, 17, 1. «Père, voici l’heure, glorifie ton fils, pour que ton
fils te glorifie.»
Voici de beaucoup la plus longue prière de N.-S. que nous ait conservée
le Saint-Évangile [la prière après la Cène]... Étudions-en donc toutes
les parcelles et gravons-la dans notre esprit, pour faire de cette
oraison le modèle des nôtres. Considérons surtout deux choses: le
caractère général de cette prière et sa substance dans ce verset. Le
caractère, c’est la confiance, l’abandon; extrême simplicité des termes,
familiarité tendre: «Père», c’est un Fils qui parle avec un familier et
tendre abandon à Son Père... La substance, c’est la glorification de
Dieu «pour que Ton fils Te glorifie». Remarquons que ce caractère et
cette substance sont aussi ceux des premiers mots du _Pater_: «Notre
Père, que Votre nom soit sanctifié...» Combien cette confiance, cette
tendre familiarité, cette demande en premier lieu, avant tout et plus
que tout, de la glorification de Dieu, doivent donc se trouver dans
toutes nos prières et en former le fond, la partie principale!
St JEAN, 17, 2, 3, 4, 5. «Tu lui as donné le pouvoir sur toute chair,
pour que tous ceux que tu lui as donnés, il leur donne la vie éternelle.
La vie éternelle, c’est de te connaître, toi le seul vrai Dieu et Celui
que tu as envoyé, Jésus-Christ. Je t’ai glorifié sur la terre; j’ai
achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. Maintenant glorifie-moi,
Père, auprès de toi, de la gloire que j’ai eue auprès de toi avant que
le monde fût.»
Le caractère de la prière continue à être le plus parfait abandon, la
simplicité, la familiarité: Notre-Seigneur «pense tout haut» aux pieds
de Son Père. La matière, la substance, c’est qu’Il demande la mort, Il
demande le ciel: imitons-Le; que nos oraisons aient ce caractère
d’abandon filial, pensons tout haut aux pieds de Dieu et demandons-Lui
souvent la fin de notre exil, cette mort qui nous approchera enfin de
Lui; demandons-la, désirons-la très ardemment, pour Le voir, jouir de
Lui, Le posséder, pour L’aimer parfaitement, pour ne plus L’offenser:
demandons très souvent à Dieu de nous retirer bientôt de cette terre où
nous L’offensons, et L’aimons si peu et où nous sommes séparés de Lui,
et de nous conduire au Ciel où nous L’aimerons, ne L’offenserons pas et
serons à Ses pieds pendant l’éternité...