C’est là la dernière prière de notre Maître, de notre Bien-Aimé...
Puisse-t-elle être la nôtre... Et qu’elle soit non seulement celle de
notre dernier instant, mais celle de tous nos instants: «Mon Père, je me
remets entre Vos mains; mon Père, je m’abandonne à Vous, je me confie à
Vous; mon Père, faites de moi tout ce qu’il Vous plaira; quoi que Vous
fassiez de moi, je Vous remercie; merci de tout, je suis prêt à tout;
j’accepte tout; je Vous remercie de tout; pourvu que Votre volonté se
fasse en moi, mon Dieu pourvu que Votre volonté se fasse en toutes Vos
Créatures, en tous Vos enfants, en tous ceux que Votre Cœur aime, je ne
désire rien d’autre, mon Dieu; je remets mon âme entre Vos mains; je
vous la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je
Vous aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me
remettre en Vos mains sans mesure; je me remets entre Vos mains avec une
infinie confiance, car Vous êtes mon Père...»
Évangile selon St JEAN, 3, 29. «L’ami de l’Époux, qui est là et
l’écoute, jubile de joie en entendant la voix de l’Époux.»
Ne dois-je pas dire ces paroles, mon Dieu, mon Seigneur Jésus, chaque
fois que j’entends quelque texte inspiré: Psaume, Évangile surtout,
_Pater_, _Ave_, enfin tout texte des livres inspirés? C’est bien la voix
de l’Esprit Saint qui parle, chaque fois que je les lis, que je les
entends. Je dois donc dire ces paroles de saint Jean, et ajouter avec
lui: «Donc, en ce moment, mon bonheur est parfait...» C’est dans cette
jubilation que je dois être, chaque fois que j’entends, que je lis, que
je récite quelque texte, si court qu’il soit, de la parole de Dieu, de
la parole du Bien-Aimé, de la parole de l’Époux si passionnément
chéri!... C’est dans cette jubilation, dans ce transport d’amour où doit
me jeter la voix de l’Époux, que je dois donc réciter l’office divin,
dire le Saint Rosaire, lire la Sainte Écriture... Aime-t-on,
respecte-t-on, vénère-t-on, admire-t-on, adore-t-on la parole écrite ou
parlée de ce qu’on aime?... Adorons donc, baisons, chérissons, adulons
toute parole du Bien-Aimé de nos cœurs!...
St JEAN, 12, 38. «Père, sauvez-moi de cette heure. Mais c’est pour cette
heure que je suis venu. Père, glorifiez votre Nom.»
C’est, sous une autre forme à peine différente, la prière de Gethsémani,
l’appel pur et simple à Dieu, la demande en toute simplicité de ce que
désire la nature, la nature qui souffre et qui a besoin, et, tout de
suite après, on se reprend et on dit: mais non, mon Dieu, ceci ou autre
chose, peu m’importe, la seule chose qui m’importe, c’est Votre gloire.
Glorifiez Votre Nom! Donnez-moi ce qui Vous glorifiera le plus. C’est
cela que je Vous demande et pas autre chose! Ne faites pas attention à
ma première demande; je l’ai faite et j’ai dû la faire parce que Vous
êtes mon Père et que c’est mon devoir de Vous exposer mes besoins...
Mais, après Vous avoir dit mes besoins avec simplicité, je Vous
rappelle, je Vous répète, je Vous dis et je Vous redis que j’ai un autre
besoin mille fois plus grand, mille fois plus ardent, c’est celui de
Vous voir glorifié; c’est là mon vrai, mon seul besoin! C’est celui que
je Vous supplie de toute mon âme de satisfaire. Mon Père, glorifiez-Vous
en moi! Mon Père, glorifiez Votre Nom!... Mon Seigneur Jésus, permettez
que Votre indigne et misérable petite créature se joigne à Vous et fasse
avec Vous cette prière: Mon Dieu, je Vous dis avec mon Seigneur Jésus,
en joignant ma voix à Sa voix adorable: «Non ce que je veux, mais ce que
Vous voulez»: mon seul désir est que Vous soyez le plus glorifié
possible, c’est ma soif. Mon Père, faites de moi ce qui Vous plaira le
plus, quoi que ce soit, mon Père, glorifiez Votre Nom!