St LUC, 23, 46. «Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains.»

C’est là la dernière prière de notre Maître, de notre Bien-Aimé...

Puisse-t-elle être la nôtre... Et qu’elle soit non seulement celle de

notre dernier instant, mais celle de tous nos instants: «Mon Père, je me

remets entre Vos mains; mon Père, je m’abandonne à Vous, je me confie à

Vous; mon Père, faites de moi tout ce qu’il Vous plaira; quoi que Vous

fassiez de moi, je Vous remercie; merci de tout, je suis prêt à tout;

j’accepte tout; je Vous remercie de tout; pourvu que Votre volonté se

fasse en moi, mon Dieu pourvu que Votre volonté se fasse en toutes Vos

Créatures, en tous Vos enfants, en tous ceux que Votre Cœur aime, je ne

désire rien d’autre, mon Dieu; je remets mon âme entre Vos mains; je

vous la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je

Vous aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me

remettre en Vos mains sans mesure; je me remets entre Vos mains avec une

infinie confiance, car Vous êtes mon Père...»

Évangile selon St JEAN, 3, 29. «L’ami de l’Époux, qui est là et

l’écoute, jubile de joie en entendant la voix de l’Époux.»

Ne dois-je pas dire ces paroles, mon Dieu, mon Seigneur Jésus, chaque

fois que j’entends quelque texte inspiré: Psaume, Évangile surtout,

_Pater_, _Ave_, enfin tout texte des livres inspirés? C’est bien la voix

de l’Esprit Saint qui parle, chaque fois que je les lis, que je les

entends. Je dois donc dire ces paroles de saint Jean, et ajouter avec

lui: «Donc, en ce moment, mon bonheur est parfait...» C’est dans cette

jubilation que je dois être, chaque fois que j’entends, que je lis, que

je récite quelque texte, si court qu’il soit, de la parole de Dieu, de

la parole du Bien-Aimé, de la parole de l’Époux si passionnément

chéri!... C’est dans cette jubilation, dans ce transport d’amour où doit

me jeter la voix de l’Époux, que je dois donc réciter l’office divin,

dire le Saint Rosaire, lire la Sainte Écriture... Aime-t-on,

respecte-t-on, vénère-t-on, admire-t-on, adore-t-on la parole écrite ou

parlée de ce qu’on aime?... Adorons donc, baisons, chérissons, adulons

toute parole du Bien-Aimé de nos cœurs!...

St JEAN, 12, 38. «Père, sauvez-moi de cette heure. Mais c’est pour cette

heure que je suis venu. Père, glorifiez votre Nom.»

C’est, sous une autre forme à peine différente, la prière de Gethsémani,

l’appel pur et simple à Dieu, la demande en toute simplicité de ce que

désire la nature, la nature qui souffre et qui a besoin, et, tout de

suite après, on se reprend et on dit: mais non, mon Dieu, ceci ou autre

chose, peu m’importe, la seule chose qui m’importe, c’est Votre gloire.

Glorifiez Votre Nom! Donnez-moi ce qui Vous glorifiera le plus. C’est

cela que je Vous demande et pas autre chose! Ne faites pas attention à

ma première demande; je l’ai faite et j’ai dû la faire parce que Vous

êtes mon Père et que c’est mon devoir de Vous exposer mes besoins...

Mais, après Vous avoir dit mes besoins avec simplicité, je Vous

rappelle, je Vous répète, je Vous dis et je Vous redis que j’ai un autre

besoin mille fois plus grand, mille fois plus ardent, c’est celui de

Vous voir glorifié; c’est là mon vrai, mon seul besoin! C’est celui que

je Vous supplie de toute mon âme de satisfaire. Mon Père, glorifiez-Vous

en moi! Mon Père, glorifiez Votre Nom!... Mon Seigneur Jésus, permettez

que Votre indigne et misérable petite créature se joigne à Vous et fasse

avec Vous cette prière: Mon Dieu, je Vous dis avec mon Seigneur Jésus,

en joignant ma voix à Sa voix adorable: «Non ce que je veux, mais ce que

Vous voulez»: mon seul désir est que Vous soyez le plus glorifié

possible, c’est ma soif. Mon Père, faites de moi ce qui Vous plaira le

plus, quoi que ce soit, mon Père, glorifiez Votre Nom!

Écrits spirituels de Charles de Foucauld · 第 20 / 139 题