Évangile selon St MATHIEU, Ch. 4, v. 10.
«Tu adoreras le Seigneur ton Dieu.» C’est Vous qui nous le dites, mon
Seigneur et mon Dieu; c’est la première parole sortie de Votre bouche
touchant la prière, qu’on trouve dans l’Évangile; c’est aussi le
principal, le fond de nos prières: adorer, se mettre à Vos pieds, sous
Vos pieds, comme un néant, comme une poussière bonne seulement à être
sous Vos pieds, mais une poussière pensante, une poussière aimante, une
poussière qui Vous admire, qui Vous vénère, qui Vous aime passionnément,
qui baise et embrasse Vos pieds en étant foulée par eux, se fond en
amour et en vénération devant Vous...
Voilà mon premier devoir envers Vous, mon Seigneur et mon Dieu, mon
Maître, mon Créateur, mon Sauveur, mon Dieu Bien-Aimé!...
C’est pour me perfectionner et perfectionner mon prochain que je fais
ces petites méditations. Et ce double perfectionnement, je ne le veux
que parce qu’il est le plus que je puisse faire pour Votre gloire.
Daignez donc bénir, mon Dieu, ce petit travail, ce doux travail,
entrepris uniquement pour Votre gloire, pour la consolation de Votre
Cœur. Cœur Sacré de Jésus, je dépose en Vous ce travail fait pour Vous,
répandez sur lui Vos grâces et qu’il soit ce que Vous voulez. Notre-Dame
du Perpétuel-Secours, accordez-moi en ceci comme en toutes mes pensées,
mes paroles et mes actions, votre secours tout puissant et la grâce de
vous le demander sans cesse.
Ma Mère Sainte Magdeleine, Saint Joseph, Saint Jean-Baptiste, Saint
Pierre, Saint Paul, mon bon Ange, Saintes Femmes qui avez broyé des
parfums pour embaumer Notre Seigneur, broyez ce travail et broyez-moi
surtout moi-même et répandez-moi comme un parfum d’agréable odeur sur
les pieds de Notre-Seigneur...
St MATHIEU, ch. 5, v. 44. «Mais moi je vous dis: Aimez vos ennemis,
etc...»
Prier pour nos persécuteurs et nos ennemis. Mettons soigneusement, avec
le soin scrupuleux de l’amour, cet ordre à exécution. Et, pour être bien
sûr de ne pas l’omettre, fixons-nous telle ou telle prière à dire chaque
jour pour nos persécuteurs et nos ennemis. Quand notre Bien-Aimé laisse
tomber un commandement de ses lèvres, n’est-ce pas bien le moins que
nous le recueillions et que nous l’exécutions avec tout l’empressement,
tout l’amour et toute la perfection possibles?
St MATHIEU, ch. 6, v. 6. «Lorsque vous prierez, entrez dans votre
chambre, et, la porte en étant fermée, priez votre Père dans le secret.»
Notre-Seigneur nous donne, ici, le précepte de la prière solitaire: nous
enfermer dans notre chambre et y prier dans la solitude notre Père qui
nous voit dans le secret. Donc, à côté de la prière bien-aimée devant le
Saint-Sacrement, à côté de la prière en commun où Notre-Seigneur est au
milieu de ceux qui se réunissent pour Le prier, aimons et pratiquons
chaque jour la prière solitaire et secrète, cette prière où nul ne nous
voit que notre Père Céleste, où nous sommes absolument seuls avec Lui,
où nul ne sait que nous Le prions; tête à tête, secret délicieux, où
nous répandons notre cœur en liberté, loin de tous les yeux, aux genoux
de notre Père...