De 1830 à 1847, le gouvernement de cette époque a exécuté pour

1,538,000,000 de grands travaux publics. Pour accomplir cette oeuvre, il

n'a eu recours aux moyens de crédit, ou, en d'autres termes, il n'a

grevé l'avenir que jusqu'à concurrence de 984,000,000, même en y

comprenant les 441,000,000 de dette flottante, quoiqu'il ait laissé,

dans son actif, des ressources suffisantes pour les couvrir. Si donc,

dans les premières années de son existence, le gouvernement de 1830 a dû

recourir à des ressources extraordinaires pour payer une partie des

dépenses de son établissement, il a, pour ainsi dire, restitué ces

dépenses en payant sur ses ressources ordinaires une partie

(554,000,000) des grands travaux publics que les gouvernements ont

toujours payés avec des ressources extraordinaires.

Comment ont été employés les crédits que je viens d'indiquer? Quels

grands travaux publics extraordinaires ont été accomplis de 1830 à 1848?

C'est le dernier fait que je tiens à mettre en lumière.

Le gouvernement de 1830 a continué d'abord les oeuvres commencées par

ses prédécesseurs. Les nombreuses lacunes que présentaient les anciennes

routes royales ont été achevées. Les pentes qui les rendaient

dangereuses ou impraticables ont été rectifiées. Les canaux entrepris

par la Restauration ont été complétement exécutés, et les grands ports

maritimes encore inachevés énergiquement continués. D'anciennes et

célèbres cathédrales ont été restaurées. Les monuments entrepris par

l'ancienne monarchie ou par l'Empire, les églises de Sainte-Geneviève et

de la Madeleine, la Sainte-Chapelle, l'arc de triomphe de l'Étoile, le

Muséum d'histoire naturelle, l'École des beaux-arts, les palais

législatifs ou ont été terminés ou agrandis ou embellis. Les besoins

nouveaux ont reçu aussi leur satisfaction; une nouvelle école normale

supérieure a été offerte à l'enseignement public grandement et

libéralement développé. Les maisons centrales de détention ont été

appropriées à un meilleur régime pénitentiaire. Les hospices des aliénés

et des sourds-muets ont été mis en état de mieux répondre à leur

destination. De nouvelles routes ont été ouvertes pour pacifier et

enrichir les contrées qu'avait désolées la guerre civile. Les voies

navigables à l'intérieur du pays ont été perfectionnées. Deux grands

canaux, celui de la Marne au Rhin et le canal latéral à la Garonne, ont

été ouverts. Le réseau télégraphique a été étendu. Le matériel de la

guerre et de la marine a été complété et amélioré à grands frais. Paris

et Lyon ont été fortifiés.

Je trouve dans un écrit publié en 1848, peu de mois après la révolution

de février[250], par M. Lacave-Laplagne, mon collègue comme ministre des

finances de 1842 à 1847, un tableau des fonds affectés, sur les

ressources ordinaires et extraordinaires des budgets, aux travaux

publics extraordinaires, notamment à ceux que je viens de rappeler. Ce

tableau, dressé en 1848, a pu être complété par des renseignements plus

récents qu'il serait trop long d'expliquer ici. J'en tire cependant

quelques chiffres, qui donnent une idée approximativement juste de

l'importance des principaux travaux ainsi accomplis. De 1830 à 1847

inclusivement, il a été dépensé sur les ressources ordinaires des

budgets:

[Note 250: _Observations sur l'administration des finances pendant le

gouvernement de Juillet, et sur ses résultats_, par M. Lacave-Laplagne;

Paris, 1848. Cet ouvrage et quatre autres écrits publiés de 1848 à 1864,

savoir: 1° _Histoire financière du gouvernement de Juillet, _par M. L.

Vitet, 1848; 2° _De l'équilibre des budgets sous la monarchie de _1830,

par M. S. Dumon, ancien ministre des finances (1849); 3° _Le roi

Louis-Philippe; liste civile_: par M. le comte de Montalivet (1851); 4°

_Rien! Dix-huit années de gouvernement parlementaire, _par M. le comte

de Montalivet (1864); contiennent, sur l'administration politique et

financière du gouvernement de 1830 et sur ses résultats, des

renseignements aussi véridiques que circonstanciés.]

Pour les canaux. 35,773,000 fr.

Pour les routes royales, ponts, etc. 14,708,000

Pour les routes départementales. 3,996,000

Pour les monuments publics de divers genres. 46,388,000

La somme totale des fonds affectés, sur les ressources ordinaires des

budgets, aux travaux publics extraordinaires, s'élève, selon ce tableau,

à 328,125,000 fr.;

Et ce chiffre est conforme à celui que j'ai déjà indiqué.

La somme totale des fonds appliqués, sur les ressources extraordinaires

portées dans des budgets spéciaux, à des emplois de même nature,

s'élève, selon le tableau de M. Lacave-Laplagne, à 1,136,280,000 fr.

Ce qui fait, en tout, pour les travaux publics extraordinaires exécutés

de 1830 à 1848, une somme totale de 1,461,415,000 fr.

Les renseignements plus complets que j'ai recueillis portent ce total,

comme je l'ai dit d'abord, à la somme de 1,538,000,000

fr.

Le plus considérable de ces travaux a été sans contredit l'établissement

des chemins de fer. Non-seulement c'est sous le gouvernement de 1830 que

cette grande oeuvre a pris son premier élan; c'est de lui qu'elle a reçu

la forte impulsion et les lois fondamentales qui ont présidé à ses

développements et déterminé son succès. De 1833 à 1847, je trouve, dans

le tableau chronologique des travaux législatifs de cette époque,

trente-cinq lois proposées, discutées et promulguées pour l'étude et

l'exécution des chemins de fer successivement entrepris dans toute

l'étendue de la France[251]. Et, à l'origine comme au terme de cette

législation, se placent deux grandes lois: l'une 9 _août_ 1847.--Loi sur

l'achèvement du chemin de fer de Paris à Valenciennes.

[Note 251: En voici le tableau:

27 _juin_ 1833.--Loi pour des études sur les chemins de fer.

9 _juillet_ 1836.--Loi d'établissement du chemin de fer de Paris à

Versailles.

Chemin de fer de Montpellier à Cette.

6 _mai_ 1838.--Chemin de fer de Strasbourg à Bâle.

26 _juillet_ 1839.--Chemin de fer de Lille à Dunkerque.

1er _août_ 1839.--Chemin de fer de Paris à Versailles.

--de Paris à Orléans.

--de Paris au Havre et à Dieppe.

15 _juillet_ 1840.--Loi qui modifie quelques-unes des lois

précédentes.

13 _juin_ 1841.--Chemin de fer de Bordeaux à la Teste.

11 _juin_ 1842.--Prolongement du chemin de fer de Paris à Rouen

jusqu'au Havre.--Loi pour l'établissement d'un système général de

chemins de fer en France.

28 _juillet_ 1843.--Chemin de fer d'Avignon à Marseille.

7 _juillet_ 1844.--Chemin de fer de Montpellier à Nîmes.

26 _juillet_ 1844.--Chemin de fer de Paris à la frontière d'Espagne

(entre Tours et Bordeaux).

--De Paris à la Méditerranée par Lyon (entre Paris et Dijon, Châlons

et Lyon).

--De Paris sur l'Océan (par Tours et Nantes).

26 _juillet_ 1844.--De Paris sur l'ouest de la France (par Chartres,

Laval et Rennes).

--De Paris sur l'Angleterre et la frontière de Belgique (par Calais,

Dunkerque et Boulogne).

--D'Orléans à Vierzon et de Vierzon à Bourges.

--De Paris sur le centre de la France (du 11 juin 1842) qui a

posé les bases du réseau général des chemins de fer et qu'on a

justement appelée leur charte; l'autre (du 15 juillet 1845) qui a

réglé la police des chemins de fer et fondé ainsi le régime

permanent de ce grand et nouveau système de communication. Cette

dernière loi, présentée et soutenue par M. Dumon, alors ministre des

travaux publics, n'a pas cessé d'être en vigueur.

Au 31 décembre 1847, il y avait 2,059 kilomètres de chemins de fer

en pleine exploitation, et 2,144 kilomètres de chemins de fer en

construction.

Châteauroux et Limoges, par Bourges sur Clermont.

2 _août_ 1844.--De Paris sur la frontière d'Allemagne, par Nancy et

Strasbourg.

5 _août_ 1844.--De Paris à Sceaux.

5 _juillet_ 1845.--De Lille à la frontière de Belgique.

15 _juillet_ 1845.--Loi sur la police des chemins de fer.

16 _juillet_ 1845.--Loi complémentaire sur le chemin de fer de Paris

à Lyon et de Lyon à Avignon.

19 _juillet_ 1845.--Loi complémentaire des chemins de fer de Tours à

Nantes et de Paris à Strasbourg.--Embranchement sur Reims et

Metz--sur Dieppe et Fécamp--de Rouen au Havre--d'Aix sur Marseille

et Avignon.

21 _juin_ 1846.--Chemin de fer de Dijon sur Mulhouse avec

embranchements.

--Développements du réseau de l'Ouest.

--De Bordeaux à Cette.

3 _juillet_ 1846.--D'Orléans à Vierzon et de Nîmes à Montpellier

(loi complémentaire).]

--Loi sur des modifications aux conditions de concession du chemin de

fer de Paris à Lyon.

--Loi sur le classement du chemin de fer de Montereau à Troyes.

Je n'ajoute rien à ces faits. Ils contiennent une claire et concluante

réponse aux deux questions que j'ai posées en tête de ce résumé: «Quelle

influence a exercée, pendant sa durée, sur l'état et le sort de la

France, le gouvernement de 1830? Qu'est-il resté et que reste-t-il à la

France de l'influence et des oeuvres de ce gouvernement?» Évidemment

l'ordre politique et l'ordre civil, l'ordre moral et l'ordre matériel,

les droits de la liberté et ceux de la sécurité publique, les progrès de

la prospérité et du bien-être dans toutes les classes de la nation ont

été, pour le gouvernement de 1830, l'objet d'une constante préoccupation

et d'une honnête et efficace action. Il a compris sa mission et

poursuivi son but, sérieusement, simplement, sans charlatanerie, sans

fantaisie, et le bien de ses oeuvres a survécu au malheur de sa chute.

Il a eu les caractères essentiels et il atteignait de jour en jour les

résultats essentiels d'un gouvernement légal et libre. Ce fut son

travail. Ce sera son honneur.

FIN DU HUITIÈME ET DERNIER VOLUME.

TABLE DES MATIÈRES

DU TOME HUITIÈME.

CHAPITRE XLIV.

LE GOUVERNEMENT PARLEMENTAIRE.

(1840-1848.)

Le gouvernement libre est le but et le besoin des sociétés

modernes.--La responsabilité du pouvoir est le principe essentiel

du gouvernement libre.--Le gouvernement libre peut et doit avoir,

selon les lieux et les temps, des formes différentes.--Exemples:

l'Angleterre et la France, les États-Unis d'Amérique et la

Suisse.--Le gouvernement parlementaire est l'une des formes du

gouvernement libre.--La formation des partis politiques est l'une

des conditions du gouvernement parlementaire.--Accomplissement de

ces conditions par le cabinet du 29 octobre 1840.--Son homogénéité

et son unité.--Les changements survenus dans sa composition ne les

altèrent point.--Rapports de ses membres entre eux.--Ses rapports

avec les Chambres.--Formation et action du parti conservateur.--De

la corruption électorale et parlementaire.--De l'opposition

parlementaire.--Séance du 26 janvier 1844 à la Chambre des

députés.--Rapports du cabinet et mes rapports personnels avec le

roi Louis-Philippe.--De la maxime: «Le roi règne et ne gouverne

pas.»--Caractères du gouvernement parlementaire pendant la durée du

cabinet du 29 octobre 1840.

CHAPITRE XLV.

LES MARIAGES ESPAGNOLS.

(1842-1847.)

Notre politique envers l'Espagne de 1833 à 1842 et ses deux

principes.--Question du mariage de la reine Isabelle.--Notre

politique dans cette question.--Mission de M. Pageot à Londres,

Vienne et Berlin.--Idée du prince de Metternich.--Idée de la cour

de Londres pour le prince Léopold de Coburg.--Mes communications

avec le cabinet anglais à ce sujet.--Chute du régent

Espartero.--Changement d'attitude du cabinet anglais.--M. Olozaga

et la reine Isabelle.--M. Gonzalès Bravo.--M. Bresson, ambassadeur

de France à Madrid.--Sir Henri Bulwer, ministre d'Angleterre à

Madrid.--Retour de la reine Christine en Espagne.--Réforme de la

constitution espagnole de 1837.--Le général Narvaez.--Situation des

divers prétendants à la main de la reine Isabelle.--Mort de

l'infante doña Carlotta.--Le comte de Trapani.--Conversation du roi

Louis-Philippe avec le comte Appony.--Abdication de don

Carlos.--Négociation pour le mariage de la reine Isabelle avec le

comte de Trapani.--Nos relations à ce sujet avec le cabinet

anglais.--Vrai sentiment de la reine Christine pour le mariage de

ses deux filles.--Première idée du mariage du duc de Montpensier

avec l'infante doña Fernanda.--Entretiens, au château d'Eu, avec

lord Aberdeen à ce sujet.--Menées entre Madrid et Lisbonne en

faveur du prince Léopold de Coburg.--Participation de sir Henri

Bulwer.--Avertissement loyal de lord Aberdeen.--Mes instructions à

M. Bresson.--Chute du général Narvaez.--Cabinet Miraflores.--Mon

mémorandum du 27 février 1846.--Cabinet Isturiz.--Chute du cabinet

de sir Robert Peel et de lord Aberdeen.--Avénement de lord

Palmerston au _Foreign-Office_.--Sa dépêche du 19 juillet

1846.--Mes instructions à M. Bresson.--Résolution de la reine

Christine pour les deux mariages de ses filles.--Le duc de Cadix et

le duc de Montpensier.--Négociation à ce sujet.--Conclusion des

deux mariages.--Le duc de Montpensier et le duc d'Aumale en

Espagne.--Opposition du cabinet anglais.--Son

inefficacité.--Célébration des deux mariages.--Leurs conséquences.

CHAPITRE XLVI.

L'ITALIE ET LE PAPE PIE IX.

(1846-1848.)

Pie IX en 1846 et en 1866.--Contraste entre ces deux

époques.--Quelle est la part de Pie IX lui-même dans sa

destinée?--Mes instructions à M. Rossi pour le conclave de

1846.--Amnistie de Pie IX à son avénement--Le cardinal Gizzi,

secrétaire d'État.--Pie IX réformateur.--Ses premières

conversations avec M. Rossi.--Inexpérience et faiblesse politique

de la cour de Rome.--La question romaine et la question

italienne.--Le cardinal Ferretti, secrétaire d'État.--Occupation de

Ferrare par les Autrichiens.--Réformes accomplies à Rome.--Le parti

libéral romain modéré et laïque.--Sa bonne attitude en 1847 pour la

fête anniversaire de l'amnistie.--Garde civique romaine.--Lettre

que m'adresse M. J. Mazzini sur le parti modéré en Italie.--Dépêche

du prince de Metternich sur le même sujet.--Complication des

questions romaines et des questions italiennes.--Notre politique en

Italie.--Lettre du prince de Joinville à cet égard.--Ma

réponse.--Mes instructions à nos agents en Italie.--Installation de

la _consulta_ d'État à Rome.--L'esprit réformateur, l'esprit

national et l'esprit révolutionnaire en Italie.--Nos préparatifs

pour une expédition destinée à protéger le pape, en janvier

1848.--Chute du cabinet du 29 octobre 1840 et révolution du 24

février 1848.--Crise radicale dans la situation de Pie

IX.--Ministère et assassinat de M. Rossi.--Un abîme entre le pape

réformateur et le pape révolutionnaire.--Quelle est la part des

peuples dans l'insuccès des gouvernements?--Louis XVI et Pie

IX.--Lettre de M. Rossi à moi après la révolution du 24 février

1848.

CHAPITRE XLVII.

LA SUISSE ET LE SONDERBUND.

(1840-1848.)

Sentiments du roi Louis-Philippe sur la Suisse.--Leur fondement

historique.--Napoléon Ier et l'acte de médiation de 1803.--Le

congrès de Vienne et le pacte fédéral de 1815.--Les révolutions

cantonnales de 1830.--En 1832, la révision du pacte fédéral

échoue.--Ma situation personnelle envers la Suisse.--Lutte des

conservateurs et des radicaux suisses.--Abolition des couvents et

confiscation de leurs biens dans le canton d'Argovie.--Appel des

jésuites pour l'instruction publique dans le canton de

Lucerne.--Première expédition des corps francs contre

Lucerne.--Hésitation et inertie de la Diète helvétique.--Notre

attitude diplomatique envers la Suisse.--Seconde expédition des

corps francs contre le canton de Lucerne.--Installation des

jésuites à Lucerne.--Révolutions radicales dans les cantons de Vaud

et de Berne.--Assassinat de M. Jacob Leu, d'Ébersol.--Formation du

Sonderbund, ligue des cantons catholiques.--M. de Boislecomte,

ambassadeur de France en Suisse.--Ses conversations avec M.

Ochsenbein, président de la Diète.--Révolution radicale dans le

canton de Genève.--Nos relations avec les cours de Vienne, de

Berlin et de Pétersbourg sur les affaires de Suisse.--Mon

insistance pour que nous nous entendions aussi avec

l'Angleterre.--Le duc de Broglie ambassadeur à Londres.--Ses

conversations avec lord Palmerston.--Négociations sur un projet de

note identique et de médiation à présenter par les cinq puissances

à la Diète helvétique et au Sonderbund.--La guerre civile éclate en

Suisse.--M. Peel chargé d'affaires d'Angleterre en Suisse.--Défaite

du Sonderbund.--Présentation tardive de la note identique des cinq

puissances.--Vues des cours de Vienne et de Berlin.--Le comte de

Colloredo et le général Radowitz à Paris.--Notre attitude envers

eux.--Résumé de nos vues et de nos actes envers la Suisse à cette

époque.

CHAPITRE XLVIII.

LES RÉFORMES POLITIQUES ET LA CHUTE DU MINISTÈRE DU 29 OCTOBRE 1840.

(1840-1848.)

Ma disposition personnelle en terminant ces _Mémoires_.--Pensée

dominante et constante du ministère du 29 octobre 1840.--La

prépondérance des classes moyennes; ses motifs et son

caractère.--Le parti conservateur.--Le but des réformes électorale

et parlementaire était de changer cette politique.--Diversité des

éléments de l'opposition.--L'opposition monarchique et l'opposition

républicaine.--Diversité des éléments de l'opposition

monarchique;--de l'opposition républicaine.--De 1840 à 1847, la

question des réformes reste dans l'arène parlementaire.--Divers

débats à ce sujet.--La question passe dans le champ de l'agitation

extérieure.--Les banquets de 1847.--Leur caractère.--Attitudes

diverses de l'opposition monarchique et de l'opposition

républicaine.--Ascendant croissant de l'opposition

républicaine.--Attitude du gouvernement envers les banquets.--Ma

conversation avec M. de Morny.--Ma conversation avec le roi

Louis-Philippe.--Projet d'un nouveau banquet à Paris.--Ouverture de

la session de 1848.--Discussion de l'adresse.--Résolution et

langage du gouvernement sur la question des réformes.--L'opposition

se décide à assister au nouveau banquet proposé.--Le gouvernement

se décide à l'interdire.--Question de légalité élevée à ce

sujet.--Compromis entre des représentants du cabinet et des

représentants de l'opposition pour faire décider cette question par

les tribunaux.--Luttes intérieures entre les divers éléments de

l'opposition.--Les meneurs révolutionnaires de l'opposition

républicaine ajoutent au banquet un plan de mouvement

populaire.--Manifeste publié dans ce but.--Changement de scène.--Le

gouvernement interdit le banquet.--L'opposition parlementaire y

renonce et propose à la Chambre des députés l'accusation du

ministère.--Journées des 21 et 22 février.--Le 23 février,

manifestations réformistes dans une partie de la garde

nationale.--Conversation du roi, d'abord avec M. Duchâtel, puis

avec moi.--Chute du cabinet.--Je l'annonce à la Chambre.--Émotion

de la majorité.--Rapports entre le roi et le cabinet.--Persistance

des menées de l'opposition républicaine révolutionnaire.--Mesures

de résistance préparées par le gouvernement.--Tragique incident,

dans la soirée du 23 février, devant le ministère des affaires

étrangères.--Ses effets.--Nomination du maréchal Bugeaud au

commandement de la garde nationale et des troupes; dernier acte du

ministère.--Ma dernière visite au roi Louis-Philippe.--Mon

impression sur ses sentiments et ses dispositions intérieures dans

cette crise.

CHAPITRE XLIX

RÉSUMÉ.

FIN DE LA TABLE DU TOME HUITIÈME ET DERNIER.

________________________________________

PARIS.--IMPRIMÉ CHEZ JULES BONAVENTURE.

55, QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS.

Mémoires pour servir à l'Histoire de mon temps (Tome 8) · 第 39 / 39 段