Flahaut. Une multitude d'affaires, d'occupations diverses, m'en ont
empêchée pendant si long-temps, que je n'ai plus osé me présenter chez
elle. Si le hasard fait qu'elle lise ces lignes, elle saura du moins que
je suis loin de l'avoir oubliée.
MADEMOISELLE QUINAULT.
Madame de Verdun, une de mes meilleures amies, me fit faire connaissance
avec mademoiselle Quinault, qui, après avoir été célèbre comme grande
actrice dans la tragédie et dans la comédie, l'était encore comme une
des femmes les plus spirituelles et les plus instruites de son temps;
elle avait quitté le théâtre en 1741. Amie intime de M. d'Argenson et de
d'Alembert, son salon était devenu le rendez-vous de tout ce que Paris
avait de distingué en gens de lettres et en gens du monde, et l'on
recherchait avec empressement le plaisir de passer quelques momens avec
elle.
À l'époque où je l'ai connue, mademoiselle Quinault, malgré son grand
âge, conservait tant d'esprit et tant de gaieté, qu'en l'écoutant on la
voyait jeune. Sa mémoire était prodigieuse, et certes elle avait eu le
temps de l'orner; car elle avait alors quatre-vingt-cinq ans. Entre
mille anecdotes que lui fournissaient sans cesse ses souvenirs, elle
nous raconta qu'étant allée un jour voir Voltaire, avec qui elle était
fort liée, elle trouva le grand homme au lit. Il lui parla d'une
tragédie de lui pour laquelle il désirait que Le Kain mît une écharpe;
mais une écharpe placée de certaine façon, et dans la chaleur de la
description, voilà Voltaire qui jette ses couvertures, relève sa chemise
pour en former une écharpe, laissant totalement à découvert son corps
décrépit aux yeux de mademoiselle Quinault, fort embarrassée de sa
personne.
Mademoiselle Quinault n'est morte qu'en 1783, plus que nonagénaire.
Madame de Verdun, qui était allée chez elle un matin, fut surprise de la
trouver parée, couverte de rubans couleur de rose, mais dans son
lit.--Comment, dit madame de Verdun, je ne vous ai jamais vue si
coquette?--Je me suis parée ainsi, répondit mademoiselle Quinault, parce
que je dois mourir aujourd'hui. Le soir même, en effet, elle avait cessé
de vivre.
LE COMTE DE RIVAROL.
Mon frère me présenta un matin le comte de Rivarol, que son esprit
faisait extrêmement rechercher dans les plus brillantes sociétés de
Paris, même avant qu'il eût rien écrit. Comme je ne l'attendais point,
j'étais dans mon atelier, et je mettais ce que nous appelons l'harmonie
à plusieurs tableaux que je venais de terminer. On sait que ce dernier
travail ne permet aucune distraction, en sorte qu'en dépit du désir que
j'avais toujours eu d'entendre causer M. de Rivarol, je jouis fort peu
du charme de sa conversation, tant j'étais préoccupée: il parlait en
outre avec une telle volubilité que j'en étais comme étourdie. Je
remarquai cependant qu'il avait une belle figure et une taille
extrêmement élégante; il n'en dut pas moins me trouver si maussade que
je ne l'ai plus revu chez moi. Il se peut à la vérité qu'un autre motif
l'ait empêché d'y revenir. Il passait sa vie avec le marquis de
Champcenetz, qui s'est toujours montré fort méchant pour moi. Le marquis
de Champcenetz, sans avoir ni tout le talent, ni la force de tête de
l'auteur du discours _sur l'universalité de la langue française_, avait
beaucoup d'esprit, qu'il employait habituellement à déchirer le
prochain. Il avait, comme M. de Bièvre, le goût des calembourgs; et il
en faisait sans cesse, en sorte que Rivarol l'appelait l'épigramme de la
langue française.
C'est le marquis de Champcenetz, qui, condamné à mort par le tribunal
révolutionnaire, demanda gaiement à ses juges s'il lui était permis de
chercher un remplaçant pour la garde nationale.
PAUL JONES.
J'ai souvent soupé chez madame Thilorié, soeur de madame de Bonneuil,
avec ce célèbre marin, qui a rendu tant de services à la cause
américaine et fait tant de mal aux Anglais. Sa réputation l'avait
précédé à Paris, où l'on savait dans combien de combats, avec sa petite
escadre, il avait triomphé des forces dix fois supérieures de
l'Angleterre. Néanmoins, je n'ai jamais rencontré d'homme aussi modeste:
il était impossible de le faire jamais parler de ses hauts faits; mais
sur tout autre sujet, il causait volontiers avec infiniment d'esprit et
de naturel.
Paul Jones était Écossais de naissance. Je crois qu'il aurait beaucoup
désiré devenir amiral dans la marine française; j'ai même entendu dire
que, lorsqu'il revint à Paris une seconde fois, il en fit la demande à
Louis XVI, qui le refusa. Quoi qu'il en soit, il alla d'abord en Russie,
où le comte de Ségur le présenta à l'impératrice Catherine II, qui
l'accueillit avec la plus grande distinction et le fit dîner avec elle.
Il quitta Pétersbourg pour aller joindre Suvarow et le prince de Nassau,
avec lesquels il se distingua de nouveau dans la guerre contre les
Turcs. De retour à Paris, il y est mort pendant la révolution, mais
avant la terreur.
MESMER.
Comme j'entendais parler sans cesse de ce fameux charlatan, j'eus la
curiosité d'assister une fois à ce qu'il appelait ses _séances_, afin de
juger par moi-même cette jonglerie. En entrant dans la première salle où
se tenaient les partisans du _magnétisme animal_, je trouvai beaucoup de
monde rangé autour d'un grand baquet bien goudronné: hommes et femmes,
pour la plupart, se tenaient par la main, formant la chaîne. Mon désir
fut d'abord de faire partie de ce cercle; mais je crus m'apercevoir que
l'homme qui allait devenir mon voisin avait la gale; on sent si je me
hâtai de retirer ma main et de passer dans une autre pièce. Pendant le
trajet, plusieurs affidés de Mesmer dirigeaient vers moi de toutes parts
de petites baguettes de fer dont ils étaient munis, ce qui
m'impatientait prodigieusement. Après avoir visité les différentes
salles, qui toutes étaient remplies comme la première de malades et de
curieux, j'allais m'en aller, lorsque je vis sortir d'une chambre
voisine une jeune et grande demoiselle, assez jolie, que Mesmer tenait
par la main. Elle était tout échevelée, et jouait le délire, ayant grand
soin pourtant de tenir ses yeux fermés. Tout le monde aussitôt entoura
les deux personnages.--Elle est inspirée, dit Mesmer, et elle devine
tout, quoique parfaitement endormie. Alors, il la fit asseoir, s'assit
devant elle et lui prenant les deux mains, il lui demanda quelle heure
il était? Je remarquai fort bien que le patron tenait ses pieds posés
sur les pieds de la prétendue sibylle, ce qui rendait facile d'indiquer
l'heure, et même les minutes; aussi la demoiselle répondit-elle avec
tant d'exactitude, qu'elle se trouva d'accord avec toutes les montres
des assistans.
J'avoue que je sortis indignée qu'une pareille charlatanerie pût réussir
chez nous. Ce Mesmer a gagné des monceaux d'or; outre ses séances, qui,
toujours fort suivies, lui ont rapporté immensément, ses nombreuses
dupes firent en sa faveur une souscription qui s'éleva, m'a-t-on dit, à
près de cinq cent mille francs. Mesmer, cependant fut bientôt contraint
d'aller jouir dans quelque lieu ignoré de la fortune qu'il venait
d'amasser à Paris: le bruit s'étant généralement répandu qu'il se
passait à ses séances beaucoup de choses indécentes, les doctrines de ce
jongleur furent soumises à l'examen de l'Académie des Sciences et de la
Société royale de Médecine, et le jugement de ses deux corps savans sur
le _magnétisme animal_ fut tel, qu'il obligea Mesmer à quitter la
France.
Aujourd'hui que les baquets et les petites baguettes de fer ont disparu,
nous voyons encore des personnes persuadées que telle ou telle femme qui
souvent ne sait pas lire, endormie par un magnétiseur, non-seulement
peut vous dire l'heure qu'il est, mais encore deviner votre maladie et
vous indiquer le meilleur traitement à suivre. Grand bien fasse ces
sibylles somnambules à ceux qui les consultent; pour mon compte, si
j'étais malade, j'aimerais mieux appeler un habile médecin éveillé.
MM. CHARLES ET ROBERT.
J'ai vu monter en ballon les deux premiers hommes qui ont eu le courage
de s'élever dans l'air avec une si frêle machine, dont l'invention
venait d'être faite très récemment par Montgolfier. Ces deux hommes
étaient Charles et Robert. Ils avaient posé leur ballon sur le grand
bassin des Tuileries, et le jour fixé pour l'ascension, une foule telle
que je n'en ai jamais vu de pareille remplissait le jardin. Quand on eut
coupé les cordes et que le ballon s'éleva majestueusement à une si
grande hauteur que nous le perdîmes de vue, l'admiration, la peur pour
les deux braves que portait la petite nacelle firent pousser un cri
général. Beaucoup de personnes, et j'avoue que j'étais du nombre,
avaient les larmes aux yeux. Heureusement on apprit peu d'heures après
que Charles et Robert étaient descendus sans aucun accident à quelques
lieues de Paris, dans un village, où l'arrivée de ces êtres aériens dut
faire une bien vive sensation.
M. Charles était membre de l'Académie des Sciences et l'un de nos savans
les plus distingués. C'était de plus un excellent homme, aimant la
musique avec passion. Il faisait chaque année dans son magnifique
cabinet de physique des cours extrêmement suivis, non-seulement par les
personnes occupées de sciences, mais aussi par les gens du monde.
LISTE DES TABLEAUX ET DES PORTRAITS QUE J'AVAIS FAITS AVANT DE QUITTER
LA FRANCE EN 1789.
* * * * *
De 1768 à 1772.
1 Ma mère en sultane, grand pastel.
1 Ma mère, vue par le dos.
2 Mon frère en écolier. Un à l'huile, l'autre au pastel.
1 M. Le Sèvre, en bonnet de nuit et en robe de chambre.
3 Monsieur, madame et mademoiselle Bandelaire.
1 M. Vandergust.
1 Mademoiselle Pigale, marchande de modes de la reine.
1 Son commis.
1 Ma mère en pelisse blanche. À l'huile.
1 Madame Raffeneau.
1 La baronne d'Esthal.
2 Ses deux enfans.
1 Madame Daguesseau avec son chien.
1 Madame Suzanne.
1 Madame la comtesse de la Vieuville.
1 M. Mousat.
1 Mademoiselle Lespare.
2 Madame de Fossy et son fils.
2 Le vicomte et la vicomtesse de la Blache.
1 Mademoiselle Dorion.
1 Mademoiselle Mousat.
1 M. Tranchart.
1 M. le marquis de Choiseul.
1 Le comte de Zanicourt.
1 M. Bandelaire en buste, au pastel.
--
31
Un grand nombre de têtes d'études et de copies d'après Raphaël, Vandyck,
Rembrandt, etc.
* * * * *
1773.
2 M. et madame de Roisy.
1 M. de la Fontaine.
1 M. le comte Dubarry.
5 M. le comte de Geoffré.
1 M. le maréchal comte de Stainville.
3 Madame de Bonneuil.
1 Madame de Saint-Pays.
1 Madame Paris.
1 M. Perrin.
1 Copie du marquis de Vérac.
1 Une Américaine.
1 Madame Thilorié, buste.
1 Copie de la même.
1 Madame Tétare.
1 Copie de l'évêque de Beauvais.
1 M. de Vismes.
1 M. Pernon.
1 Mademoiselle Dupetitoire.
1 Mademoiselle Baillot.
--
27
* * * * *
1774
1 L'abbé Giroux.
1 Le petit Roissy.
1 Copie du chancelier.
1 Copie de M. de la Marche.
1 Madame Damerval.
1 Le comte de Brie.
1 Madame Maingat.
1 Madame la baronne de Lande.
1 Madame Le Normand.
1 Madame de la Grange.
1 M. Méraut.
1 Le vicomte de Boisjelin.
1 M. de Saint-Malo.
1 M. Desmarets.
1 Madame la comtesse d'Harcourt.
2 Mesdemoiselles Saint-Brie et de Sence.
1 Madame la comtesse de Gontault.
1 Mademoiselle Robin.
1 M. de Borelly.
1 M. de Momanville.
2 Mesdemoiselles Rossignol, Américaines.
1 Madame de Belgarde.
--
24
* * * * *
1775.
1 Madame de Monville avec son enfant.
1 Madame Denis.
1 M. le comte de Schouvaloff.
1 M. le comte de Langeas.
1 Madame Mongé.
1 Madame Tabari.
1 Madame de Fougerait.
1 Madame de Jumilhac.
1 La marquise de Roncherol.
1 Le prince de Rochefort.
1 M. de Livoy.
1 Madame de Ronsy.
1 M. de Monville.
1 Mademoiselle de Cossé.
1 Madame Augeard.
1 Copie de madame Dameroal.
1 Madame Deplan.
1 M. Caze.
1 M. Goban.
1 Mademoiselle de Rubec.
1 Le chevalier de Roncherol.
1 Le prince de Rohan père.
1 Le prince Jules de Rohan.
1 Mademoiselle de Rochefort.
1 M. Ducluzel.
2 Le comte et la comtesse de Cologand.
1 Mademoiselle Julie, qui a épousé Talma.
1 Madame Courville.
1 Madame la marquise de Gérac.
1 Madame de la Borde.
1 Mademoiselle de Givris.
1 Mademoiselle de Ganiselot.
1 M. de Veselay.
--
34
* * * * *
1776.
_Depuis mon mariage_.
1 La princesse de Craon.
1 Le marquis de Chouart.
1 Le prince de Montbarrey.
1 M. Gros, peintre, enfant.
1 Madame Grant, depuis princesse de Talleyrand.
1 Le comte des Deux-Ponts.
1 Madame de Montbarrey.
1 Un banquier.
2 M. et madame Toullier.
1 La princesse d'Aremberg.
1 M. de Saint-Denis.
12 Monsieur, frère du roi.
2 M. et madame de Valesque.
1 Le petit Vaubal.
1 Madame de Lamoignon.
4 M. de Savalette.
1 Le prince de Nassau.
1 Madame de Brente.
1 Milady Berkley.
1 Madame Saulot.
1 La comtesse Potoska.
2 Madame de Verdun.
1 Madame de Montmorin.
1 Sa fille.
--
41
* * * * *
1777.
1 Le marquis de Crevecoeur.
1 Le baron de Vombal.
1 Madame Périn.
1 M. Oglovi.
1 M. Saint-Hubert.
1 Madame de Nolstein.
1 Madame de Beaugoin.
2 Mademoiselle Dartois.
1 Madame Le Normand.
1 M. de Finnel.
1 M. de Lange.
1 Madame de Montlegiëts.
1 Madame de la Fargue.
--
14
* * * * *
1778.
1 Madame la duchesse de Chartres.
1 Madame de Teuilly.
1 M. de Saint-Priest, ambassadeur.
2 M. et madame Dailly.
2 M. et madame Domnival.
1 Madame Monge.
1 Madame Degéraudot.
1 M. le marquis de Cossé.
1 Le marquis d'Armaillé.
1 Le duc de Cossé.
1 Mademoiselle de Ponse.
1 Monsieur, frère du roi, pour M. de Lévis.
1 Madame la marquise de Montemey.
1 Madame de Foissy.
2 Les enfans de Brongniart.
1 M. de Raunomanoski.
1 Madame de Rassy.
1 Madame la présidente de Bec de Lièvre.
1 Copie d'un portrait de la reine.
2 Madame, femme de Monsieur, frère du roi.
1 Copie d'un portrait de madame Dubarry.
1 Mademoiselle Lamoignon.
1 Ma tête.
1 Copie d'un portrait de la reine pour M. Boquet.
1 Madame Filorier.
--
29
* * * * *
1779.
1 Le marquis de Vrague.
1 Madame la comtesse de Virieux.
1 La présidente Richard.
1 Madame de Mongé.
1 Grand portrait de la reine pour l'impératrice de Russie.
2 Bustes de la reine.
2 Copies des mêmes.
1 Madame de Savigny.
2 La même et son fils.
2 M. et madame de Lastic.
1 Une femme en lévite pour M. de Cossé.
1 Madame Dicbrie.
2 Copies des bustes de la reine.
2 Madame Duclusel.
1 Madame de Verdun.
1 Le comte de Dorsen fils.
2 M. et madame de Montesquiou.
1 Portrait de la reine pour M. de Sartines.
1 Madame de Palerme.
1 Petit Américain.
1 Mademoiselle de la Ferté.
1 Tête penchée pour M. de Cossé.
1 Monseigneur le duc d'Orléans.
1. Madame la marquise de Montellon.
2 Copies du duc d'Orléans.
2 Copies du grand portrait de la reine, pour M. et madame de Vergennes.
1 Madame de Vannes.
1 Madame la comtesse de Tournon.
1 Le prince de Montbarrey.
--
38
* * * * *
1780.
1 Madame Lessout.
1 Grand tableau de la reine.
1 _Idem._
4 Madame de Verdun, sa mère, sa belle-soeur et son mari.
1 Madame la baronne de Montesquiou.
1 Madame de Montaudrari.
1 Madame Foulquier.
2 Madame Genty.
1 La duchesse de Mazarin.
--
13
* * * * *
1781.
1 Tête d'une jeune fille, respirant l'odeur d'une rose.
1 Madame Young.
1 M. le comte de Cossé.
1 Madame la princesse de Crouy.
1 Madame de Saint-Alban.
1 M. de Landry.
2 Portraits de moi.
1 Tête d'étude pour M. le Pelletier de Morfontaine.
1 Tête d'étude pour M. Proult.
3 Têtes d'étude pour M. de Cossé.
1 Monsieur, frère du roi.
1 Copie du même.
1 Madame la duchesse de Chaulnes.
1 Mademoiselle Dumoley.
1 La comtesse Dubarry.
1 Esquisse de mon tableau de Junon.
1 Tête d'étude de ma Vénus.
1 Madame d'Harvelay.
2 Mademoiselle de la Borde.
1 Mademoiselle Devaron.
1 Madame de Moreton.
1 Madame de la Porte.
1 M. Dumoley fils.
3 La princesse de Lamballe.
1 Copie de M. de Moreton.
--
31
* * * * *
1782.
1 Madame, soeur du roi.
1 Copie de la même.
1 Madame la duchesse de Polignac.
1 Copie de la même.
1 Le baron de Montesquiou.
1 Madame de Verdun.
1 Madame de Chatenay.
3 Le prince Henry de Prusse.
--
10
* * * * *
1783.
1 Madame la marquise de la Guiche.
1 Madame Grant.
1 La landgrave de Salm.
1 Madame la maréchale de Mailly.
2 Madame la comtesse d'Artois.
2 Madame la comtesse de Simiane.
2 Madame la duchesse de Guiche.
1 La reine avec un chapeau.
2 La reine en grand habit.
2 Madame Elisabeth.
1 Copie de la même.
1 Mademoiselle Lavigne.
3 Copies de la reine avec un chapeau.
4 La reine en robe de velours.
4 Copies du même.
1 Monsieur le dauphin.
1 Madame, fille du roi.
--
30
* * * * *
1784.
1 M. le comte de Vaudreuil.
5 Copies du même.
1 La comtesse de Grammont-Cadrousse.
1 Madame la comtesse de Serre.
1 M. de Beaujou.
--
9
* * * * *
1785.
1 M. de Beaujon.
1 La princesse de Carignan.
1 Madame Fodi.
1 M. de Calonne.
1 Madame la comtesse de Ségur.
1 Copie de la même.
1 M. le comte de Ségur.
1 Copie du même.
1 Madame la baronne de Crussol.
1 M. de Saint-Hermine.
1 Grétry.
1 Madame la comtesse de Clermont-Tonnerre.
1 Madame la comtesse de Virieux.
1 La vicomtesse de Vaudreuil.
2 Copies de la reine en grand habit.
1 Madame Vigée.
1 Copie de M. de Calonne.
1 M. de Beaujon pour son hospice.
--
19
* * * * *
1786.
1 La petite Fouquet.
1 Madame de Tott.
1 Le petit d'Espagnac.
1 La petite de la Briche.
1 Madame de Puységur.
1 Madame Raymond.
1 Madame Daudelot.
1 Madame Davaray.
1 Madame la comtesse de Sabran.
1 Mon portrait avec ma fille.
--
10
* * * * *
1787.
1 Ma fille lisant la Bible.
1 Madame de Rougé et ses deux fils.
1 Madame Dugazon, dans _Nina_.
1 Cailleau, en chasseur.
2 Ses deux enfans.
2 Ma fille, de profil et de face dans un miroir.
1 Madame de la Grange.
1 Grand tableau de la reine et de ses enfans.
1 Mon portrait.
2 Madame la comtesse de Béon.
1 M. Le Jeune.
3 Monsieur le dauphin, Madame, et M. le duc de Normandie, pour madame de
Polignac.
1 La tante de madam de Verdun.
1 La duchesse de Guiche, tenant une guirlande de fleurs.
1 La même, au pastel.
2 La duchesse de Polignac, avec un chapeau de paille.
1 La même tenant un papier de musique et chantant près d'un piano.
1 Madame de Chatenay la mère.
1 Madame Dubarry en pied.
1 La même en peignoir.
1 Madame de Polignac.
--
27
* * * * *
1788.
1 Le duc de Polignac.
1 Son père.
1 Robert, le peintre, pour moi.
1 Madame Dumoley.
1 Madame de la Briche.
1 Madame la comtesse de Beaumont.
1 Le petit baron d'Escars.
1 Le petit prince Lubomirsky.
1 Le même en amour de la gloire.
1 Le petit Brongniart.
1 La marquise de Grollier.
1 Le Bailly de Crussol.
1 Madame de la Guiche en laitière.
1 M. d'Angevilliers.
--
14
* * * * *
1789.
1 M. de Chatelux, fait de souvenir.
1 M. le duc de Normandie en pied.
1 Madame Péregaux.
1 Madame de Ségur, profil.
1 Grand portrait de la reine pour le baron de Breteuil.
1 La duchesse de la Rochefoucauld.
1 Petit amour pour M. le Pelletier de Morfontaine.
1 Madame la duchesse d'Orléans.
1 Mon portrait avec ma fille pour M. d'Angevilliers.
1 Madame de Grollier.
1 Le Bailly de Crussol.
1 Madame d'Aumont.
2 Madame de Polignac.
2 Madame de Guiche, pastel.
1 Madame de Pienne.
1 Madame de la Châtre.
1 Madame de Fresne-Daguesseau.
1 Le maréchal de Ségur.
1 Madame, et monsieur le dauphin.
1 Robert, peintre de paysage.
1 Petit ovale de ma fille.
1 Madame Chalgrin.
1 Mon portrait au pastel.
1 Le portrait de Joseph Vernet, qui est au Musée.
1 Le prince de Nassau en pied.
1 Mon portrait tenant ma fille dans mes bras.
1 Madame Raymond tenant son enfant.
2 Madame de Simiane.
2 Madame Rousseau.
1 Madame Duvernais.
1 Madame de Saint-Alban.
1 Madame Savigni.
1 Mademoiselle Dorion.
--
37
444 total général.
* * * * *
TABLEAUX D'HISTOIRE.
La Poésie, la Peinture et la Musique.
Une scène espagnole.
L'Amour endormi sous un bosquet de roses, avec deux nymphes qui le
regardent.
Une jeune fille effrayée d'être surprise en chemise et se cachant la
gorge.
Une jeune fille qui écrit et que l'on surprend.
L'Innocence qui se réfugie dans les bras de la Justice.
Une Vénus, liant les ailes de l'Amour.
Junon demandant à Vénus sa ceinture.
Une bacchante avec la peau de tigre.
La Paix qui ramène l'Abondance.
NOTES
[1: Nous avons placé toutes les notes et portraits à la fin de ce
volume.
_(Note de l'Éditeur.)_]
[2: Ce portrait est un buste ovale que je fis d'après elle: j'avais
alors quinze ans et demi].
[3: À présent on y voit des tableaux des peintres modernes français. Je
suis la seule qui n'en ait pas dans cette collection.]
[4: À cette époque, le marquis de Choiseul était du nombre, ce qui
m'indignait, car il venait d'épouser la plus jolie personne du monde.
Elle s'appelait mademoiselle Rabi; c'était une Américaine, âgée de seize
ans. Je ne crois pas qu'on ait jamais rien vu de plus parfait.]
[5: Il était même fort brillant. Les filles entretenues dépensaient des
trésors pour y éclipser tout le monde, et l'on cite une demoiselle
Renard que l'on y vit paraître un jour dans une voiture traînée par
quatre chevaux dont les harnais étaient couverts de pierres fausses,
imitant le diamant à s'y méprendre.]
[6: Je ne sais pour lequel La Harpe fit les vers suivans:
_Quatrain pour le portrait de la reine._
Le ciel mit dans ses traits cet éclat qu'on admire;
France, il la couronna pour la félicité:
Un sceptre est inutile avec tant de beauté;
Mais à tant de vertus il fallait un empire.
]
[7: Ce M. Campan parlait toujours de la reine. Un jour qu'il dînait chez
moi, ma fille, qui avait alors sept ans, me dit tout bas: Maman, ce
Monsieur, est-ce le roi?]
[8: Cette famille avait été comblée des bontés de la reine.]
[9: Les clairs sont au soleil; ce qu'il me faut appeler les ombres,
faute d'un autre mot, est le jour. (Note de l'Auteur.)]
[10: Les seuls membres de l'Académie royale de peinture avaient le droit,
à cette époque, d'exposer au salon.
(_Note de l'Éditeur_.)
]
[11: Ce tableau est au ministère de l'intérieur. On aurait bien dû me le
rendre, puisque je ne suis plus de l'Académie.
(_Note de l'Auteur_.)
]
[12: M. de Rivière était chargé d'affaires de la cour de Saxe. C'était
un homme distingué par son esprit et ses qualités morales.
(_Note de l'auteur_.)
]
[13: Aujourd'hui madame Regnault d'Angély].
[14: Les tableaux de Ménageot sont parfaitement bien composés et d'un
bon style historique. Ce peintre excellait dans la manière de draper.
Son Léonard de Vinci mourant dans les bras de François Ier est très
remarquable, mais ne vaut pas le _Méléagre_ que l'on garde aux Gobelins
depuis nombre d'années pour l'exécuter en tapisserie. M. Ménageot était
un très bel homme, parfaitement aimable, spirituel et très gai: aussi le
recherchait-on dans la meilleure société.]
[15: Il l'aurait payée bien tard; car elle ne l'a été tout-à-fait qu'à
mon retour de Russie en 1801. M. Lebrun m'avait laissé ce soin, à mon
grand désappointement.]
[16: Je l'ai représenté en Amour de la Gloire, agenouillé devant un
laurier et tressant une couronne. Ce tableau est toujours resté dans la
famille; le roi de Pologne m'a dit à Pétersbourg que jamais on n'avait
voulu consentir à le lui céder pour aucun prix.]
[17: Ce portrait a été acheté à la vente de M. Lebrun par M. le comte
d'Harcour.
(_Note de l'Auteur_.)
]
[18: Laruette n'a quitté qu'en 1799.
(_Note de l'Éditeur_.)
]
[19: Le prince de Ligne parle, dans ses Mémoires, de ce superbe saule.]
[20: J'y voyais souvent M. de Monville; aimable et très élégant, il nous
mena à sa campagne, appelée _le Désert_, dont la maison était une tour
seulement.]
[21: Madame Rousseau a laissé un fils, connu sous le nom d'Amédée de
Beauplan, qui est très bon musicien. Il compose des romances charmantes,
et les chante à merveille.
(_Note de l'Auteur_.)
]
[22: Elle a épousé depuis lord Fitz-Gerald, dont elle est veuve
maintenant, car elle vit encore, mais bien changée.
(_Note de l'Auteur_.)
]
[23: La veille de mon départ, j'allai chez ma mère, qui ne me reconnut
qu'à mon son de voix. Il n'y avait pas trois semaines que nous nous
étions vues.]
[24: J'ai vécu dans l'étranger des portraits que je faisais. Bien loin
que M. Lebrun m'ait jamais fait passer de l'argent, il m'écrivait des
lettres si lamentables sur sa détresse, que je lui envoyai une fois
mille écus et une autre fois cent louis, de même que plus tard j'envoyai
la même somme à ma mère.]
[25: J'avais fait ce portrait pour M. d'Angevilliers. Il a été soustrait
à son propriétaire lors de l'émigration, et porté depuis au ministère de
l'intérieur.]
[26: La plus grande partie de ces tableaux sont maintenant au Musée.
(_Note de l'Auteur_.)
]
[27: La plupart de ces portraits, notamment celui que j'ai fait au
pastel de la duchesse de Guiche, sont chez madame la comtesse de
Vaudreuil.]
[28: Il n'est mort qu'à quatre-vingt-six ans.
(_Note de l'Éditeur_.)
]