(21 septembre 1792)
Paris nomma, le 8 septembre, Danton représentant à la Convention
nationale. Dès longtemps son choix entre la fonction de ministre et
celle de député était fait. "Il n'hésitera pas un moment à quitter le
ministère pour être représentant du peuple", écrivait le 26 août
Camille Desmoulins à son père. [Note: _Oeuvres de Camille Demoulins_,
recueillies et publiées d'après les textes originaux, par M. Jules
Claretie, t. II, p. 369; Paris, Fasquelle.] Le 21 septembre, dans la
deuxième séance de la Convention nationale, Danton donna sa démission
du ministère. Il indiqua, en outre, dans son discours, le véritable
rôle de la Convention et les devoirs qu'elle assumait devant le peuple
dont elle était l'émanation. Improvisation brève et nerveuse, inspirée
des mêmes sentiments qui dictèrent celle sur les mesures
révolutionnaires.
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Avant d'exprimer mon opinion sur le premier acte [Note: L'abolition de
la royauté.] que doit faire l'Assemblée nationale, qu'il me soit
permis de résigner dans son sein les fonctions qui m'avaient été
déléguées par l'Assemblée législative. Je les ai reçues au bruit du
canon, dont les citoyens de la capitale foudroyèrent le despotisme.
Maintenant que la jonction des armées est faite, que la jonction des
représentants du peuple est opérée, je ne dois plus reconnaître mes
fonctions premières; je ne suis plus qu'un mandataire du peuple, et
c'est en cette qualité que je vais parler. On vous a proposé des
serments; il faut, en effet, qu'en entrant dans la vaste carrière que
vous avez a parcourir, vous appreniez au peuple, par une déclaration
solennelle, quels sont les sentiments et les principes qui présideront
à vos travaux.
Il ne peut exister de constitution que celle qui sera textuellement,
nominativement acceptée par la majorité des assemblées primaires.
Voilà ce que vous devez déclarer au peuple. Les vains fantômes de
dictature, les idées extravagantes de triumvirat, toutes ces
absurdités inventées pour effrayer le peuple disparaissent alors,
puisque rien ne sera constitutionnel que ce qui aura été accepté par
le peuple. Après cette déclaration, vous en devez faire une autre qui
n'est pas moins importante pour la liberté et pour la tranquillité
publique. Jusqu'ici on a agité le peuple, parce qu'il fallait lui
donner l'éveil contre les tyrans. Maintenant il _faut que les lois
soient aussi terribles contre ceux qui y porteraient atteinte_, que le
peuple l'a été en foudroyant la tyrannie; il faut qu'elles punissent
tous les coupables pour que le peuple n'ait plus rien à désirer. On a
paru croire, d'excellents citoyens ont pu présumer que des amis
ardents de la liberté pouvaient nuire à l'ordre social en exagérant
les principes eh bien, abjurons ici toute exagération; déclarons que
toutes les propriétés territoriales, individuelles et industrielles
seront éternellement maintenues. Souvenons-nous ensuite que nous avons
tout à revoir, tout à recréer; que la déclaration des droits elle-même
n'est pas sans tache, et qu'elle doit passer à la révision d'un peuple
vraiment libre.
V