EN BELGIQUE

L’armée belge, malgré la hâte avec laquelle un corps allemand

franchissant l’Escaut cherchait à l’obliger à se réfugier en Hollande,

échappait au danger, contenait un moment l’ennemi aux abords de Gand

et parvenait dans la région de la Flandre occidentale traversée par le

petit fleuve Yser. Les Allemands précipitaient leur marche; dès le 14,

ils arrivaient dans les régions de Bruges et de Thielt, se dirigeant

vers Ostende. Notre armée, appuyée par les Anglais, ayant déjà déblayé

tout le pays sur la rive gauche de la Lys, se portait à leur

rencontre. Nos avant-gardes atteignaient bientôt l’Yperlé ou canal

d’Ypres qui relie la ville d’Ypres à l’Yser: leur gauche s’étendait

jusqu’à la mer.

Le 16, le contact était pris: notre brigade de fusiliers marins,

attaquée sur le canal, repoussait l’ennemi, cependant bien plus

nombreux. A ce moment, les Allemands avaient atteint Ostende et

prolongé leurs lignes jusqu’à Menin par Thourout.

Le 17, ils attaquaient les Belges concentrés derrière l’Yser; là

encore ils échouaient. Le lendemain, portant sans doute leur effort

plus à l’Est, ils se contentaient d’une violente canonnade qui se

poursuivait depuis Nieuport, où intervenait l’escadre anglaise,

jusqu’auprès de Dixmude. Le même jour, les alliés prenaient

vigoureusement l’offensive et se portaient vers la ville de Roulers,

sur le chemin de fer de Lille à Ostende, à 20 kilomètres d’Ypres.

L’armée belge prenait une part prépondérante à ce combat. Les

Allemands, ayant reçu des forces nouvelles, continuent à menacer la

ligne de l’Yser. D’Ypres à Nieuport, l’action se poursuit très

violente. Le 21, elle s’est étendue au Sud d’Ypres jusqu’à la Lys,

autour de la ville franco-belge de Warneton.

L'Illustration, No. 3738, 24 Octobre 1914 · 第 18 / 25 题