interrompu par un bruit qui fit trembler et entr'ouvrir la voûte.
Bientôt après, une vapeur se dissipant peu-à-peu, laissa voir Carathis
sur le dos de l'Afrite, qui se plaignait horriblement de son fardeau.
Elle sauta à terre, et s'approchant de son fils, lui dit: Que fais-tu
ici dans cette petite chambre? Voyant que les Dives t'obéissent, j'ai
cru que tu étais placé sur le trône des Rois préadamites.
Femme exécrable, répondit le Calife, que maudit soit le jour où tu m'as
mis au monde! Va, suis cet Afrite, qu'il te mène dans la salle du
prophète Suleïman; là, tu apprendras à quoi est destiné ce palais qui
t'a paru si désirable, et combien je dois abhorrer les connaissances
impies que tu m'as données!--La puissance où tu es parvenu, t'a-t-elle
troublé la tête, répliqua Carathis? Je ne demande pas mieux que de
rendre mes hommages à Suleïman le prophète. Il faut pourtant que tu
saches que l'Afrite m'ayant dit que ni toi ni moi ne retournerions à
Samarah, je l'ai prié de me laisser mettre ordre à mes affaires, et
qu'il a eu la politesse d'y consentir. Je n'ai pas manqué de mettre à
profit ces instants; j'ai mis le feu à notre tour, où j'ai brûlé tout
vif les muets, les négresses, les torpèdes et les serpents, qui pourtant
m'avaient rendu beaucoup de services, et j'en aurais fait autant au
grand visir, s'il ne m'avait pas abandonnée pour Motavekel. Quant à
Bababalouk, qui avait eu la sottise de retourner à Samarah, et tout
bonnement d'y trouver des maris pour tes femmes, je l'aurais mis à la
torture, si j'en avais eu le temps; mais comme j'étais pressée, je l'ai
seulement fait prendre, après lui avoir tendu un piége pour l'attirer
auprès de moi, aussi bien que les femmes; je les ai fait enterrer toutes
vivantes par mes négresses, qui ont ainsi employé leurs derniers moments
à leur grande satisfaction. Pour Dilara, qui m'a toujours plu, elle a
montré son esprit en se mettant ici-près au service d'un Mage, et je
pense qu'elle sera bientôt des nôtres. Vathek était trop consterné pour
exprimer l'indignation que lui causait un tel discours; il ordonna à
l'Afrite d'éloigner Carathis de sa présence, et resta dans une morne
rêverie que ses compagnons n'osèrent troubler.
Cependant Carathis pénétra brusquement jusqu'au dôme de Suleïman, et
sans faire la moindre attention aux soupirs du Prophète, elle ôta
audacieusement les couvercles des vases, et s'empara des talismans.
Alors, élevant une voix telle qu'on n'en avait jamais entendue dans ce
funeste Empire, elle força les Dives à lui montrer les trésors les plus
cachés, les antres les plus mystérieux, que l'Afrite lui-même n'avait
jamais vus. Elle passa par des descentes rapides qui n'étaient connues
que d'Eblis et des plus puissants de ses favoris, et pénétra au moyen de
ces talismans jusqu'aux entrailles de la terre d'où souffle le Sansar,
vent glacé de la mort: rien n'effrayait son coeur indomptable. Elle
trouvait cependant chez tout ce monde qui portait la main droite sur le
coeur une petite singularité qui ne lui plaisait pas.
Comme elle sortait d'un des abîmes, Eblis se présenta à ses regards.
Mais malgré tout l'imposant de sa majesté, elle ne perdit pas
contenance, et lui fit même son compliment avec beaucoup de présence
d'esprit: ce superbe Monarque lui répondit: Princesse, dont les
connaissances et les crimes méritent un siége élevé dans mon empire,
vous faites bien d'employer le loisir qui vous reste; car les flammes et
les tourments qui s'empareront bientôt de votre coeur, vous donneront
assez d'occupation. En disant ces mots, il disparut dans les draperies
de son tabernacle.
Carathis resta un peu interdite; mais résolue d'aller jusqu'au bout, et
de suivre le conseil d'Eblis, elle assembla tous les choeurs des Ginns,
et tous les Dives pour en recevoir les hommages. Elle marchait ainsi en
triomphe, à travers une vapeur de parfums, et aux acclamations de tous
les Esprits malins dont la plupart étaient de sa connaissance. Elle
allait même détrôner un des Solimans pour prendre sa place, quand une
voix sortant de l'abîme de la mort, cria: Tout est accompli! Aussitôt le
front orgueilleux, de l'intrépide Princesse se couvrit des rides de
l'agonie; elle jeta un cri douloureux, et son coeur devint un brasier
ardent: elle y porta la main pour ne l'en retirer jamais.
Dans cet état de délire, oubliant ses vues ambitieuses et sa soif des
sciences qui doivent être cachées aux mortels, elle renversa les
offrandes que les Ginns avaient déposées à ses pieds; et maudissant
l'heure de sa naissance et le sein qui l'avait portée, elle se mit à
courir pour ne plus s'arrêter, ni goûter un moment de repos.
A peu près dans ce même temps, la même voix avait annoncé au Calife, à
Nouronihar, aux quatre Princes et à la Princesse, le décret irrévocable.
Leurs coeurs venaient de s'embraser; et ce fut alors qu'ils perdirent le
plus précieux des dons du ciel, l'_espérance_! Ces malheureux s'étaient
séparés en se jetant des regards furieux. Vathek ne voyait plus dans
ceux de Nouronihar que rage et que vengeance; elle ne voyait plus dans
les siens qu'aversion et désespoir. Les deux Princes amis, qui jusqu'à
ce moment s'étaient tenus tendrement embrassés, s'éloignèrent l'un de
l'autre en frémissant. Kalilah et sa soeur se firent mutuellement un
geste d'imprécation. Tous, par des contorsions effroyables et des cris
étouffés, témoignèrent l'horreur qu'ils avaient d'eux-mêmes: tous se
plongèrent dans la foule maudite pour y errer dans une éternité de
peines.
* * * * *
Tel fut, et tel doit être le châtiment des passions effrénées, et des
actions atroces; telle sera la punition de la curiosité aveugle, qui
veut pénétrer au-delà des bornes que le Créateur a mises aux
connaissances humaines; de l'ambition, qui, voulant acquérir des
sciences réservées à de plus pures intelligences, n'acquiert qu'un
orgueil insensé, et ne voit pas que l'état de l'homme est d'être humble
et ignorant.
Ainsi le Calife Vathek, qui, pour parvenir à une pompe vaine, et à une
puissance défendue, s'était noirci de mille crimes, se vit en proie à
des remords, et à une douleur sans fin et sans borne; ainsi l'humble, le
méprisé Gulchenrouz, passa des siècles dans la douce tranquillité et le
bonheur de l'enfance.
FIN.
NOTES.
PAGE 1.
[1] _Calife._--Chez les Mahométans, ce titre comprend à la fois les
caractères réunis de prophète, de prêtre et de roi; on l'emploie
pour signifier le Vicaire de Dieu sur la terre.--_Etat de l'Empire
Ottoman, par Habesci, pag. 9. d'Herbelot, page 985._
[2] _Expirait à l'instant._--L'auteur de Nighiaristan nous a conservé
ce qui vient à l'appui de ce récit; et il n'y a aucune histoire de
Vathek, dans laquelle il ne soit fait mention de son oeil terrible.
PAGE 2.
[3] _Omar Ben Abdalaziz._--Calife distingué de tous les autres par sa
tempérance, et son abnégation de lui-même; au point que l'on croit
qu'il a été reçu dans le sein de Mahomet, en récompense de son
abstinence exemplaire dans un siècle de corruption.--_D'Herbelot, p.
690._
[4] _Samarah._--Ville de l'Iraque Babylonien, que l'on suppose avoir
été située sur le lieu où Nembrod éleva sa tour. Khondemir raconte
dans la vie de Motassem, que ce prince quitta Bagdad pour terminer
les disputes qui s'élevaient continuellement entre les habitants de
cette ville et ses esclaves Turcs; et qu'il choisit une situation
dans la plaine de Catoul, où il bâtit Samarah. On assure qu'il avait
dans les écuries de cette ville cent trente mille chevaux pies, dont
chacun transporta par son ordre un sac de terre sur la place qu'il
avait choisie: de cet amas énorme, il se forma une élévation qui
dominait sur toute l'étendue de Samarah, et qui servit de base à son
magnifique palais.--_D'Herbelot, p. 752. 808. 985. Anecdotes Arabes,
p. 413._
PAGE 3.
[5] _Mani._--Cet artiste vivait sous le règne de Schabur ou Sapor,
fils d'Ardschir Babegan; il était peintre et sculpteur de
profession, et il fut fondateur de la secte des
Manichéens.--_D'Herbelot, p. 548._
PAGE 23.
[6] _Giaour._--Infidèle.
PAGE 56.
[7] _Vases de Fagfouri._--Les Orientaux donnent le nom de Fagfouri à
la porcelaine de la Chine, dont l'usage est ancien chez eux. Ils
appellent l'Empereur de la Chine, le Fagfour.
PAGE 57.
[8] _Istakhar._--Cette cité était, sous les Rois des trois premières
races, l'ancienne Persépolis, la capitale de la Perse. L'auteur du
Lebtarikh dit que Kischtab établit son séjour dans cette ville;
qu'il y érigea plusieurs temples consacrés à l'élément du feu; et
qu'il fit creuser pour lui-même et ses successeurs, des sépulcres
dans les rochers de la montagne qui communiquaient à la cité. Les
ruines qui restent encore des colonnes et des figures mutilées par
Alexandre et par le temps, prouvent évidemment que ces anciens
potentats avaient choisi cet endroit pour leur
sépulture.--_D'Herbelot, p. 327._
[9] _Gian Ben Gian._--Par ce nom l'on distinguait le Monarque de cette
espèce d'êtres appelés par les Arabes, _Gian_, ou _Ginn_ qui
signifie Génie, et par les Tarikhs _Thabari_, Feez ou Fées. Gian Ben
Gian était fameux par ses expéditions guerrières et par ses édifices
prodigieux; suivant les écrivains Orientaux, les pyramides d'Egypte
étaient au nombre des monuments de sa puissance.--_D'Herbelot, p.
396. Bailly, sur l'Atlantide, p. 147._
[10] _Sultans préadamites._--Ces Monarques, qui étaient au nombre de
soixante-douze, avaient chacun le gouvernement d'une espèce
distincte d'êtres raisonnables, antérieurs à l'existence
d'Adam.--_D'Herbelot, p. 820._
PAGE 59.
[11] _Rocnabad._--Le ruisseau de ce nom coule près de la cité de
Schiraz. Ses eaux sont extraordinairement claires et limpides, et
ses bords couverts de la plus belle verdure.
PAGE 62.
[12] _Pots remplis de scorpions._--C'était un goût de famille.
Motavekel, frère de Vathek, régalait ses convives de la même manière
et s'amusait aussi quelquefois à les guérir avec une thériaque
admirable.--_D'Herbelot, p. 641._
[13] _Moullahs._--Titre de ceux qui, chez les Mahométans, étaient
élevés dans la science des lois: de leur classe on tirait les Juges
des villes et des provinces.
PAGE 63.
[14] _Bababalouk, hors de lui._--L'énormité de la profanation de
Vathek ne peut être sentie que par un Musulman orthodoxe, ou par
quelqu'un qui se rappelle l'ablution et la prière indispensablement
requises en pareil cas.--_Disc. prél. de Sale, p. 139. Alcoran,
chap. iv. Etat de l'Empire Ottoman, par Habetei, p. 93._
PAGE 65.
[15] _Vin de Schiraz._--Schiraz était fameuse dans l'Orient pour les
vins de différentes sortes qu'elle produisait, mais particulièrement
pour son vin rouge, qui était même plus estimé que le vin blanc de
Kirmith.
PAGE 80.
[16] _Des fours d'argent._--Les fours portatifs étaient une partie des
meubles des voyageurs Orientaux. S. Jérôme (_Compl. 8. 10._) les a
décrits en détail. Ceux des Califes étaient de la même espèce,
excepté qu'ils étaient d'argent au lieu de cuivre.
PAGE 81.
[17] _La Simorgue._--C'est cet oiseau chimérique de l'Orient dont on
dit tant de merveilles. Il avait non-seulement le don de la raison,
mais encore la connaissance de toutes les langues; d'où l'on peut
conclure que c'était un génie sous une forme empruntée. Cette
créature rapporte d'elle-même qu'elle avait vu douze fois commencer
et finir la grande révolution de sept mille ans, et que dans sa
durée, le monde avait été sept fois dépeuplé, et sept fois repeuplé
d'habitants. Elle est représentée comme la grande amie de la race
d'Adam et l'ennemie la plus décidée des Dives. Tahamurath et Aherman
apprirent par ses prédictions tout ce qui devait leur arriver, et
ils obtinrent qu'elle les seconderait dans toutes leurs entreprises.
Tahamurath, armé du bouclier de Gian Ben Gian, fut porté dans l'air
par la Simorgue, au-dessus du noir désert jusqu'à la montagne de
Caf; le panache de son casque était de plumes tirées du sein de cet
oiseau. La Simorgue était invulnérable dans les combats, et les
héros qu'elle favorisait, ne manquaient jamais de réussir.
Quoiqu'elle fût assez puissante pour exterminer ses ennemis,
cependant on supposait qu'il lui était interdit d'exercer ce fatal
pouvoir. Pour prouver combien la Providence est universelle dans le
soin qu'elle prend des êtres créés, Sadi prétend que la Simorgue,
malgré sa masse immense, n'est pas embarrassée de trouver sa
nourriture sur la montagne de Caf.
PAGE 82.
[18] _Afrites._--C'était une espèce de Méduse ou Lamie, le plus
terrible et le plus cruel de tous les ordres des Dives.
PAGE 88.
[19] _Le Bismillah._--Ce mot qui est à la tête de tous les chapitres
de l'Alcoran, excepté le dix-neuvième, signifie «Au nom du Dieu
très-miséricordieux.»
PAGE 90.
[20] _Tecthravan._--Cette espèce de trône ambulant, quoique plus
commun à présent que dans le temps de Vathek, est encore réservé aux
personnes du premier rang.
PAGE 103.
[21] _Des petits plats d'abomination._--Le Koran a établi diverses
distinctions, relativement à différentes sortes de nourritures; et
beaucoup de Mahométans sont assez scrupuleux pour ne pas toucher à
la viande de certains animaux, sur lesquels on a oublié de
prononcer, à l'instant de leur mort, le mot de Bismillah.--_Cérém.
Relig. vol. vii. p. 110._
PAGE 104.
[22] _Périses._--Le mot _Péri_, dans le langage Persan, signifie cette
belle race de créatures qui tient le milieu entre les anges et les
hommes. Les Arabes lui donnent le nom de Ginn ou Génie; et nous,
d'après les Persans, peut-être, nous les appelons, Fées.
PAGE 109.
[23] _Meignoun et Leilah._--Ces personnages sont considérés par les
Arabes comme les amants les plus beaux et les plus fidèles. Leurs
amours ont été célébrées avec tous les charmes de la poésie dans les
différentes langues de l'Orient.
PAGE 111.
[24] _Shaddukian et Ambreabad._--Deux villes des Péries dans la région
imaginaire du Ginnistan. La première signifie _plaisir_ et _désir_,
l'autre la _cité de l'ambre gris_.--Voyez _Richardson, Dissert. p.
169._
PAGE 118.
[25] _Sombres Goules._--_Goul_ ou _Ghul_ en Arabe, signifie un objet
épouvantable qui ôte l'usage des sens. De là dérive le nom de ces
espèces de monstres qui passent pour habiter les forêts, les
cimetières et les autres places désertes. On raconte que
non-seulement ils déchirent les vivants, mais encore déterrent les
morts pour les dévorer.--_Richardson, dissert. p. 174, 274._ _Voyez
aussi_ l'histoire d'Amine dans les Mille et une Nuits.
PAGE 119
[26] _Plumes de héron toutes étincelantes d'escarboucles._--Les
panaches de cette sorte font partie des attributs de la royauté
Orientale.
PAGE 120.
[27] _L'escarboucle de Giamchid._--Ce puissant Potentat était le
quatrième souverain de la Dynastie des Pischadians, et frère ou
neveu de Tahamurath. Son vrai nom était Giam ou Gem et Shilo,
lequel, dans l'ancien langage Persan, signifie le soleil, allusion
faite à la majesté de sa personne, ou à la splendeur de ses actions.
PAGE 132.
[28] _Les cris de Leillah-Illeilah._--Ces exclamations qui signifient,
«Il n'y a point d'autre Dieu que Dieu,» étaient ordinairement
prononcées avec une violente émotion.
PAGE 135.
[29] _Monkir et Nekir._--Deux Anges noirs, dont la fonction est
d'examiner tous les objets concernant la foi. Quiconque ne leur rend
pas un compte satisfaisant est certain d'être assommé avec des
massues de fer rouge, et d'être tourmenté au-delà de toute
expression.--_Cérém. Relig. vol. V. p. 101, vol. VII. p. 59, 68,
118._
[30] _Le pont fatal._--Ce pont, nommé Al Siral en Arabe, est supposé
s'étendre sur le gouffre infernal. On le représente aussi mince que
le fil d'une toile d'araignée et aussi étroit que le tranchant de la
lame d'un sabre.
PAGE 166.
[31] _Eblis._--D'Herbelot prétend que ce mot est une corruption du
grec _diabolos_. C'est une qualification conférée par les Arabes au
premier des Anges apostats. Il est représenté comme exilé dans les
régions infernales, pour avoir refusé à Adam l'hommage que Dieu
lui-même avait ordonné de lui rendre.
PAGE 180.
[32] _Balkis._--Nom de la reine de Saba, venue du Midi pour admirer la
sagesse et la gloire de Salomon. Le Koran représente cette reine,
comme une adoratrice du feu. Salomon a la réputation de l'avoir
non-seulement traitée avec magnificence, mais encore de l'avoir
honorée de son trône et de son lit.--_Alcoran chap. XXVII. et les
notes de Sale. D'Herbelot, p. 182._
PAGE 189.
[33] _Ouranbad._--Ce monstre est représenté sous la figure d'une hydre
ailée, très-féroce, et tient de la classe des Rakshes, qui font leur
nourriture ordinaire de serpents et de dragons; du Soham, qui a la
tête d'un cheval, avec quatre yeux, et le corps d'un dragon couleur
de feu; du Syl, espèce de basilic, avec une face humaine si
effroyable, qu'aucun mortel ne peut supporter son aspect; et ainsi
des autres.--_Voyez les titres respectifs dans le_ Dictionnaire
Persan, Arabe et Anglais de Richardson.
PAGE 190.
[34] _La forteresse d'Aherman._--Dans la mythologie Orientale, Aherman
est réputé le démon de la discorde. Les anciens romans de la Perse
abondent en descriptions de cette forteresse, dans laquelle les
démons subalternes s'assemblent pour recevoir les lois de leurs
princes; et c'est de là qu'ils partent pour aller exercer leur
malice sur toute la terre.--_D'Herbelot, p. 71._
[35] _Les salles d'Argenk._--Les salles de ce puissant Dive qui
régnait dans les montagnes de Caf, contenaient les statues des
soixante-douze Solimans, et les portraits des différentes créatures
qui leur étaient attachées. Aucune d'entr'elles n'avait rien qui
ressemblât à la figure humaine.
FIN DES NOTES.
LONDRES:
SCHULZE ET CO. POLAND STREET.