comte Schouvaloff. Elle s’en aperçut et s’en alla vers eux. Ils se
tenaient tous les deux vers le milieu de la chambre. Je n’entendis pas
trop ce qui se disait entr’eux; ils ne parlaient pas trop haut, et la
chambre était grande. A la fin j’entendis que le grand-duc disait en
élevant la voix: «Elle est d’une méchanceté terrible, et fort entêtée.»
Alors je vis qu’il s’agissait de moi, et en m’adressant au grand-duc, je
lui dis: «Si c’est de moi que vous parlez, je suis bien aise de vous
dire, en présence de Sa Majesté Impériale, que réellement je suis
méchante vis-à-vis de ceux qui vous conseillent à faire des injustices,
et que je suis devenue entêtée parceque je vois que mes complaisances ne
me mênent à rien qu’à votre inimitié.» Il se mit à dire à l’Impératrice:
«Votre Majesté Impériale voit elle-même comme elle est méchante, par ce
qu’elle dit.» Mais sur l’Impératrice, qui avait infiniment plus d’esprit
que le grand-duc, mes paroles firent une impression différente. Je
voyais clairement qu’à mesure que la conversation avançait, quoiqu’on
lui eût recommandé, ou qu’elle même eût pris la résolution de me montrer
de la rigueur, son esprit s’adoucissait par gradations, malgré elle et
ses résolutions. Elle se tourna cependant vers lui et lui dit: «Oh! vous
ne savez pas tout ce qu’elle m’a dit contre vos conseilleurs et contre
Brockdorf, au sujet de l’homme que vous avez fait arrêter.» Ceci devait
paraître une trahison en forme, de ma part, au grand-duc; il ne savait
pas un mot de ma conversation au palais d’été avec l’Impératrice, et il
voyait son Brockdorf, qui lui était devenu si cher et si précieux,
accusé auprès de l’Impératrice, et cela par moi; c’était donc nous
mettre plus mal ensemble que jamais, et peut-être nous rendre
irréconciliables, et me priver pour toujours de la confiance du
grand-duc. Je tombai presque de mon haut en entendant l’Impératrice
conter au grand-duc, en ma présence, ce que je lui avais dit et cru
avoir dit pour le bien de son neveu, tourner comme une arme meurtrière
contre moi. Le grand-duc, fort étonné de cette confidence, dit: «Ah!
voilà une anecdote que j’ignorais; elle est belle et elle prouve sa
méchanceté.» Je pensais en moi-même: «Dieu sait la méchanceté de qui
elle prouve!» De Brockdorf, par une transition brusque, Sa Majesté
Impériale vint à la connexion découverte entre Stambke et le comte
Bestoujeff, et me dit: «Je laisse à penser comme ce lui peut être
excusable, d’avoir des relations avec un prisonnier d’état.» Comme dans
cette affaire mon nom ne paraissait pas, et qu’il n’en avait pas été
fait mention, je me tus, le prenant pour un propos qui ne me regardait
pas; sur quoi l’Impératrice s’approcha de moi et me dit: «Vous vous
mêlez dans bien des choses qui ne vous regardent pas; je n’aurais pas
osé en faire autant du temps de l’Impératrice Anne. Comment, par
exemple, avez-vous osé envoyer des ordres au maréchal Apraxine?» Je lui
dis: «Moi!--jamais il ne m’est venu en idée de lui en
envoyer.»--«Comment,» dit-elle, «pouvez-vous nier de lui avoir écrit?
vos lettres sont là, dans ce bassin (elle me les montra du doigt). Il
vous est défendu d’écrire.» Alors je lui dis: «Il est vrai que j’ai
transgressé cette défense, et je vous en demande pardon; mais puisque
mes lettres sont là, ces trois lettres peuvent prouver à Votre Majesté
Impériale que jamais je ne lui ai envoyé d’ordres, mais que, dans l’une,
je lui disais ce qu’on disait de sa conduite.» Ici elle m’interrompit en
me disant: «Et pourquoi lui écriviez-vous cela?» Je lui répondis très
simplement: «Parceque je m’intéressais au maréchal que j’aimais
beaucoup. Je le priais de suivre vos ordres. Les deux autres lettres ne
contiennent, l’une qu’une félicitation de la naissance de son fils, et
l’autre que des compliments pour la nouvelle année.» A cela elle me dit:
«Bestoujeff dit qu’il y en avait beaucoup d’autres.» Je répondis: «Si
Bestoujeff dit cela, il ment.»--«Eh bien,» dit-elle, «puisqu’il ment sur
vous, je lui ferai donner la torture.» Elle croyait par là m’épouvanter.
Moi je lui répondis qu’elle était la souveraine maîtresse de faire ce
qu’elle jugerait à propos, mais que je n’avais absolument écrit que ces
trois lettres à Apraxine. Elle se tut et parut se recueillir.
Je rapporte les traits les plus saillants de cette conversation, qui
sont restés dans ma mémoire; mais il me serait impossible de me
ressouvenir de tout ce qui se dit pendant une heure et demie au moins
qu’elle dura. L’Impératrice allait et venait par la chambre, tantôt
s’adressant à moi, tantôt à monsieur son neveu, et plus souvent encore
au comte Alexandre Schouvaloff, avec lequel le grand-duc était pour la
plupart du temps en conversation, tandis que l’Impératrice me parlait.
J’ai déjà dit que je remarquais dans Sa Majesté Impériale moins de
colère que de souci. Pour le grand-duc, il fit paraître dans tous ses
discours, pendant cet entretien, beaucoup de fiel, d’animosité et même
d’emportement contre moi. Il cherchait autant qu’il pouvait, d’irriter
Sa Majesté contre moi; mais comme il s’y prit bêtement, et qu’il
témoigna plus de passion que de justice, il manqua son but, et l’esprit
et la pénétration de l’Impératrice la rangea de mon côté. Elle écoutait,
avec une attention particulière et une sorte d’approbation involontaire,
mes réponses fermes et modérées aux propos hors de mesure que tenait
monsieur mon époux, et dans lesquels on voyait, clair comme le jour,
qu’il visait à nettoyer ma place, afin d’y faire placer, s’il le
pouvait, sa maîtresse du moment. Mais ceci pouvait n’être pas du goût de
l’Impératrice, ni même peut-être de celui de MM. Schouvaloff, que de se
donner les comtes Voronzoff pour maîtres; mais ceci passait la faculté
judiciaire de Son Altesse Impériale, qui croyait toujours tout ce qu’il
souhaitait et qui écartait toute idée contraire à celle qui le
maîtrisait, et qui en fit tant que l’Impératrice s’approcha de moi et me
dit à voix basse: «J’aurais bien des choses encore à vous dire, mais je
ne puis parler parceque je ne veux pas vous brouiller plus que vous ne
l’êtes déjà.» Et, des yeux et de la tête, elle me montra que c’était à
cause de la présence des assistants. Moi, voyant cette marque d’intime
bienveillance, qu’elle me donnait dans une situation aussi critique, je
devins tout cœur et je lui dis, fort bas aussi: «Et moi aussi je ne
puis parler, quelque pressant désir que j’aurais à vous ouvrir mon
cœur et mon âme.» Je vis que ce que je venais de dire fit sur elle
une impression favorable pour moi. Les larmes lui étaient venues à
l’œil, et pour cacher qu’elle était émue, et à quel point, elle nous
congédia, disant qu’il était fort tard; et réellement il était près de
trois heures du matin. Le grand-duc sortit le premier; je le suivis. Au
moment où le comte Alexandre Schouvaloff voulut passer la porte après
moi, Sa Majesté l’appela, et il resta chez elle. Le grand-duc marchait
toujours à fort grands pas, je ne me pressai pas cette fois-ci de le
suivre; il rentra dans ses chambres et moi dans les miennes. Je
commençais à me déshabiller pour me coucher, lorsque j’entendis frapper
à la porte par laquelle j’étais entrée. Je demandai qui c’était. Le
comte Alexandre Schouvaloff me dit que c’était lui, me priant d’ouvrir,
ce que je fis. Il me dit de renvoyer mes femmes; elles sortirent; et
alors il me dit que l’Impératrice l’avait rappelé et qu’après lui avoir
parlé quelque temps, elle l’avait chargé de me faire ses compliments et
de ne pas m’affliger, qu’elle aurait une seconde conversation avec moi
seule. Je m’inclinai profondément devant le comte Schouvaloff, et lui
dis de présenter mes très humbles respects à Sa Majesté Impériale et de
la remercier de ses bontés pour moi, qui me rendaient la vie; que
j’attendrais cette seconde conversation avec l’impatience la plus vive,
et que je le priais d’en presser le moment. Il me dit de n’en parler à
âme qui vive, et nommément au grand-duc, que l’Impératrice voyait, à
regret, fort irrité contre moi. Je le promis. Je pensais: «Mais si on
est fâché qu’il soit irrité, pourquoi l’irriter encore plus par la
conversation au palais d’été, au sujet des gens qui l’abrutissaient.»
Ce retour imprévu de l’intimité et de confiance de la part de
l’Impératrice me fit cependant grand plaisir. Le lendemain je dis à la
nièce du confesseur de remercier son oncle du service signalé qu’il
venait de me rendre, en me procurant cette conversation avec Sa Majesté
Impériale. Elle revint de chez son oncle, et me dit qu’il savait que
l’Impératrice avait dit que son neveu était une bête, mais que la
grande-duchesse avait beaucoup d’esprit. Ce propos me revint de plus
d’un côté, et que sa Majesté ne faisait que vanter, entre ses intimes,
mes facultés, ajoutant souvent: «Elle aime la vérité et la justice,
c’est une femme qui a beaucoup d’esprit; mais mon neveu est une bête.»
Je me renfermais dans mon appartement comme ci-devant, sous prétexte de
mauvaise santé. Je me souviens que je lisais alors les cinq premiers
tomes de l’Histoire des voyages, avec la carte sur la table, ce qui
m’amusait et m’instruisait. Quand j’étais lasse de cette lecture, je
feuilletais les premiers volumes de l’Encyclopédie, et j’attendais le
jour où il plairait à l’Impératrice de m’admettre à une seconde
conversation. De temps en temps j’en renouvelais la demande au comte
Schouvaloff, lui disant que je souhaitais beaucoup que mon sort fût
enfin décidé. Pour du grand-duc, je n’en entendais plus du tout parler;
je savais seulement qu’il attendait avec impatience mon renvoi, et qu’il
comptait pour sûr épouser Elisabeth Voronzoff, en secondes noces: elle
venait dans son appartement et en faisait déjà les honneurs. Apparemment
que son oncle, le vice-chancelier, qui était un hypocrite, s’il en fut
jamais, apprit les projets de son frère, peut-être ou plutôt de ses
neveux, qui n’étaient que des enfants alors, le plus âgé ayant à peine
vingt ans ou environ; et crainte que son crédit réchauffé n’en souffrît
près de Sa Majesté, il brigua la commission de me dissuader à demander
mon renvoi; car voici ce qui arriva.
Un beau matin on vint m’annoncer que le vice-chancelier, comte M.
Voronzoff, demandait à me parler, de la part de l’Impératrice. Tout
étonnée de cette députation extraordinaire, quoique pas encore habillée,
je fis entrer monsieur le vice-chancelier. Il commença par me baiser la
main et me la presser avec beaucoup d’affection, après, quoi il
s’essuya les yeux dont il coulait quelques larmes. Comme j’étais alors
un peu prévenue contre lui, je ne donnai point grande confiance à ce
préambule, qui devait marquer son zèle, mais le laissai faire ce que je
regardais comme une espèce de simagrée. Je le priai de s’asseoir. Il
était un peu essoufflé, à quoi donnait lieu une espèce de goître duquel
il souffrait. Il s’assit avec moi, et me dit que l’Impératrice l’avait
chargé de me parler et de me dissuader d’insister sur mon renvoi; que
même Sa Majesté Impériale lui avait ordonné de me prier, de sa part à
elle, de renoncer à cette idée, à laquelle elle ne consentirait jamais,
et que lui particulièrement me priait et me conjurait de lui donner ma
parole de ne plus en parler jamais; que ce projet chagrinait vraiment
l’Impératrice et tous les honnêtes gens, du nombre desquels il m’assura
qu’il était. Je lui répondis qu’il n’y avait rien que je ne fis
volontiers pour plaire à Sa Majesté Impériale et aux honnêtes gens, mais
que je croyais ma vie et ma santé en danger par le genre de vie auquel
j’étais en butte; que je ne faisais que des malheureux; qu’on exilait
continuellement et qu’on renvoyait tout ce qui m’approchait; que le
grand-duc, on l’envenimait contre moi jusqu’à la haine; qu’il ne m’avait
d’ailleurs jamais aimée; que Sa Majesté me donnait aussi des marques
presque continuelles de sa disgrâce, et que, me voyant à charge à tout
le monde et mourant d’ennui et de chagrin moi-même, j’avais demandé
d’être renvoyée, afin de délivrer ce personnage si à charge et qui
dépérissait de chagrin et d’ennui. Il me parla de mes enfants. Je lui
dis que je ne les voyais pas, et que depuis mes relevailles je n’avais
pas encore vu la cadette, et ne pouvais la voir sans un ordre exprès de
l’Impératrice, à deux chambres de laquelle ils étaient logés, leur
appartement faisant partie du sien; que je ne doutais point qu’elle n’en
eût grand soin, mais qu’étant privée de la satisfaction de les voir, il
était indifférent pour moi d’être à cent pas ou à cent lieues d’eux. Il
me dit que l’Impératrice aurait avec moi une seconde conversation, et il
ajouta qu’il serait bien à souhaiter que Sa Majesté Impériale se
rapprochât de moi. Je lui répondis en le priant d’accélérer cette
seconde conversation, et que moi, de mon côté, je ne négligerais rien de
ce qui pût faciliter son vœu. Il resta plus d’une heure chez moi, et
parla longtemps et beaucoup, d’une quantité de choses. Je remarquai que
la hausse de son crédit lui avait donné, dans son parler et dans son
maintien, quelque chose d’avantageux qu’il n’avait pas ci-devant, où je
l’avais vu en rang d’oignon avec quantité de monde, et où, mécontent de
l’Impératrice, des affaires et de ceux qui possédaient la faveur et la
confiance de Sa Majesté Impériale, il m’avait dit un jour, à la cour,
voyant que l’Impératrice parlait fort longtemps à l’ambassadeur
d’Autriche, tandis que lui et moi et tout le monde se tenait debout
(nous étions las à mourir): «Voulez-vous parier qu’elle ne dit que des
fadaises?» Je lui répondis, en riant: «Mon Dieu! que dites-vous là!» Il
me répartit, en russe, ces paroles caractéristiques: «Она съ
природы......» (Elle est de nature.....[M]) Enfin il s’en alla en
m’assurant de son zèle, et prit congé de moi en me baisant de rechef la
main.
Pour le coup je pouvais être sûre de n’être pas renvoyée, puisqu’on me
priait de ne pas même parler de l’être; mais je jugeai à propos de ne
pas sortir et de continuer à rester dans ma chambre, comme si je
n’attendais la décision de mon sort que de la seconde conversation que
je devais avoir avec l’Impératrice. Celle-ci, je l’attendis long-temps.
Je me souviens que le 21 d’avril (1759), jour de ma naissance, je ne
sortis pas. L’Impératrice me fit dire, à l’heure de son dîner, par
Alexandre Schouvaloff, qu’elle buvait à ma santé. Je la fis remercier de
ce qu’elle voulait bien se souvenir de moi, ce jour, disais-je, de ma
malheureuse naissance, que je maudirais si je n’avais pas reçu le même
jour le baptême. Quand le grand-duc sut que l’Impératrice avait envoyé
chez moi, ce jour-là, avec message, il s’avisa de me faire le même
message. Quand on vint me le dire, je me levai, et, avec une très
profonde révérence, j’articulai mes remercîments.
Après les fêtes de ma naissance et du couronnement de l’Impératrice,
qui étaient à quatre jours d’intervalle, je restai encore sans sortir de
ma chambre, jusqu’à ce que le comte Poniatowsky me fit parvenir l’avis
que l’ambassadeur de France, marquis de l’Hôpital, donnait beaucoup de
louanges à la conduite ferme que j’avais, et disait que cette résolution
de ne pas sortir de ma chambre ne pouvait tourner qu’à mon avantage.
Alors, prenant ce propos pour un éloge perfide d’un ennemi, je pris la
résolution de faire le contraire de ce qu’il louait, et un dimanche,
lorsqu’on s’y attendait le moins, je m’habillai et sortis de mon
appartement intérieur. Au moment que j’entrai dans l’appartement où se
tenaient les dames et cavaliers, je vis leur étonnement et leur surprise
de me voir. Quelques instants après mon apparition le grand-duc arriva.
Je vis son étonnement aussi, peint sur sa physionomie, et comme je
parlais à la compagnie, il se mêla de la conversation, et m’adressa
quelques paroles aux quelles je répondis avec honnêteté.
Pendant ce temps-là, le prince Charles de Saxe était venu pour la
seconde fois à St Pétersbourg. Le grand-duc l’avait assez cavalièrement
reçu la première fois, mais cette seconde fois Son Altesse Impériale se
croyait autorisé de ne garder avec lui aucune mesure, et voici pourquoi.
A l’armée russe, ce n’était pas un secret qu’à la bataille de Zorndorf
le prince Charles de Saxe avait été un des premiers à fuir; on disait
même qu’il avait poussé cette fuite sans s’arrêter jusqu’à Landsberg.
Or Son Altesse Impériale, ayant entendu cela, prit la résolution qu’en
qualité de poltron avéré il ne lui parlerait plus, ni ne voulait avoir
affaire avec lui. A ceci il y a toute apparence que la princesse de
Courlande, fille de Biren, dont j’ai déjà souvent eu l’occasion de
parler, ne contribuait pas peu, parcequ’on commençait alors à chuchoter
que le projet était de faire le prince Charles de Saxe, duc de
Courlande. Le père de la princesse de Courlande était toujours retenu à
Yaroslav. Elle communiquait son animosité au grand-duc, sur lequel elle
avait conservé une sorte d’ascendant. Cette princesse était alors
promise, pour la troisième fois, au baron Alexandre Tcherkassoff,
qu’elle épousa effectivement l’hiver après.
Enfin, peu de jours avant que d’aller à la campagne, le comte Alexandre
Schouvaloff vint me dire, de la part de l’Impératrice, que je devais
demander par lui, cette après-dîner, à aller voir mes enfants, et
qu’alors, en sortant de chez eux, j’aurais cette seconde entrevue avec
Sa Majesté Impériale, depuis si longtemps promise. Je fis ce qu’on me
dit, et, en présence de beaucoup de monde, je dis au comte Schouvaloff
de demander à Sa Majesté Impériale la permission d’aller voir mes
enfants. Il s’en alla, et quand il revint il me dit qu’à trois heures je
pouvais y aller. Je fus très exacte à m’y rendre. Je restai chez mes
enfants jusqu’à ce que le comte Schouvaloff vint me dire que Sa Majesté
était visible. J’allai chez elle. Je la trouvai toute seule, et pour le
coup il n’y avait point d’écrans dans la chambre, par conséquent elle et
moi nous pûmes parler en liberté. Je commençai par la remercier de
l’audience qu’elle me donnait, lui disant que la promesse seule très
gracieuse qu’elle avait bien voulu m’en faire, m’avait rappelée à la
vie. Ensuite de quoi elle me dit: «J’exige que vous me disiez vrai sur
tout ce que je vous demanderai.» Je lui répondis par l’assurer qu’elle
n’entendrait que la plus exacte vérité de ma bouche, et que je ne
demandais pas mieux que de lui ouvrir mon cœur sans restriction
aucune. Alors elle me demanda de rechef si réellement il n’y avait eu
que ces trois lettres écrites à Apraxine. Je le lui jurai, avec la plus
grande vérité, comme en effet la chose était. Puis elle me demanda des
détails sur la vie du grand-duc..............
JEAN CHILDS ET FILS, IMPRIMEURS.
* * * * *
NOTES:
[A] Voir Memoirs of the Princess Daschkow. London. Trübner, 1858.
[B] Du développement des idées révolutionnaires en Russie. 2 Ed.
Londres, 1853.
[C] officiel?
[D] diplomatique?
[E] rancune?
[F] Devierre?
[G] montagnes russes?
[H] Dartres?
[I] éveillée?
[J] chambre?
[K] Tafeldecker?
[L] rancune?
[M] Sotte (DOURA, en russe).
* * * * *
On a effectué les corrections suivantes:
cruanté=> cruanté {pg ix}
premières annés=> premières années {pg 3}
Enfin le 29 aout=> Enfin le 29 août {pg 21}
tout ce automne=> tout cet automne {pg 21}
traineaux=> traîneaux {pg 25}
Ma mère sa fâcha=> Ma mère sea fâcha {pg 26}
par un salle commune=> par une salle commune {pg 27}
fort gènée=> fort gênée {pg 28}
ame qui vive=> âme qui vive {pg 38}
tout la cour=> toute la cour {pg 38}
finît=> finit {pg 40}
inouis=> inouïs {pg 44}
ou habitait=> où habitait {pg 48}
feras plaisir=> ferais plaisir {pg 54}
marionettes=> marionnettes {pg 54}
et se courrouca de=> et se courrouça de {pg 58}
l’après dinée=> l’après dîner {pg 62}
l’ainé=> l’âiné {pg 63}
Timothée Yéreinoff=> Timothée Yéveinoff {pg 64}
après-diners=> après-dîners {pg 65}
l’après-diner=> l’après-dîner {pg 66}
Zarskoé-sélo.=> Zarskoé-Sélo. {pg 73}
etait=> était {pg 80}
le crainte=> de crainte {pg 80}
Ce train de vie continua tant à la campagne qu’à ville=> Ce train de vie
continua tant à la campagne qu’à la ville {pg 82}
même au domestiques=> même aux domestiques {pg 83}
je faiais=> je faisais {pg 86}
il nous y avait logé cette=> il nous y avait logés cette {pg 88}
trainait=> trainaît {pg 97}
dinaient=> dînaient {pg 105}
au gens=> aux gens {pg 106}
précisement=> précisément {pg 108}
exercise détestable=> exercice détestable {pg 108}
etait attenante=> était attenante {pg 109}
Ne pouvent supporter=> Ne pouvant supporter {pg 109}
ce temps-lâ=> ce temps-là {pg 109}
puiné=> puîné {pg 112}
degrès=> degrés {pg 115}
common=> commun {pg 129}
la pomade=> la pommade {pg 137}
alors on vit=> alors on vît {pg 137}
ne négligaient=> ne négligeaient {pg 154}
pour régle=> pour règle {pg 155}
la galerie, ou je=> la galerie, où je {pg 156}
A dire la verité=> A dire la vérité {pg 156}
ainée=> âinée {pg 162}
Après pâques=> Après Pâques {pg 172}
addressait=> adressait {pg 174}
égoistes=> égoïstes {pg 178}
pour rémédier=> pour remédier {pg 184}
ou elle en voulait venir=> où elle en voulait venir {pg 187}
mon reveil=> mon réveil {pg 198}
inouie=> inouïe {pg 202}
la génerale Matiouchkine=> la générale Matiouchkine {pg 206}
ayant apris qu’elle=> ayant appris qu’elle {pg 209}
jusqu’au dents=> jusqu’aux dents {pg 201}
courait la ville et amusaient=> courait la ville et amusait {pg 229}
Broekdorf chez ces filles=> Brockdorf chez ces filles {pg 231}
chateau=> château {pg 236}
plus de sureté=> plus de sûreté {pg 244}
le comte Bruhl=> le comte Brühl {pg 255}
que m’avait inspiré=> que m’avait inspirés {pg 267}
ses yeux étaients=> ses yeux étaient {pg 267}
l’ainé=> l’âiné {pg 275}
passionément=> passionnément {pg 280}
rendu au troupes russes=> rendu aux troupes russes {pg 281}
il jettait et brûlait=> il jetait et brûlait {pg 283}
a être persuadé=> à être persuadé {pg 284}
l’avais empéché=> l’avais empêché {pg 287}
les fonds de baptême=> les fonts de baptême {pg 304}
consideration=> considération {pg 321}
Il est vrai que jai=> Il est vrai que j’ai {pg 342}
rémédier=> remédier {pg 331}
le relàche=> le relâche {pg 332}
rêduite=> réduite {pg 333}
réprésenta à l’Impératrice=> représenta à l’Impératrice {pg 338}