(1636-1711)
Boileau, dont le père était commis au greffe au Parlement de Paris fit
ses humanités et son droit en vue de lui succéder; mais attiré par les
lettres, il s'y consacra entièrement dès 1657. Une étroite amitié
l'unissait à Racine, à La Fontaine, et à Molière, qu'il retrouvait aux
cabarets de la "Pomme de Pin" ou du "Mouton blanc." Il discutait et
critiquait les ouvrages de ses amis et de ses contemporains en général
avec cette clarté de vue et ce bon goût qui font de lui un des premiers
et des plus grands critiques littéraires français. Son oeuvre est
presque exclusivement satirique et didactique; elle comprend douze
_Satires_, douze _Epitres_, un _Art poétique_ en quatre chants, un
poème satirique en six chants, _le Lutrin_, des poésies diverses et des
essais en prose.
Boileau se fait l'apôtre de la "_raison_," c'est-â-dire du _naturel_ et
de la _mesure_. Détesté et craint de la plupart de ses contemporains,
il jouit néanmoins de la faveur royale; Louis XIV se l'attacha comme
historiographe.