SCÈNE II

Une cour devant la maison de Pandare.

TROÏLUS et CRESSIDA.

TROÏLUS.--Ma chère, ne te tourmente pas, la matinée est froide.

CRESSIDA.--Alors, mon cher seigneur, je vais faire descendre mon oncle:

il nous ouvrira les portes.

TROÏLUS.--Non, ne le dérange pas. Au lit! au lit! Que le sommeil ferme

ces jolis yeux, et plonge tous tes sens dans un repos aussi profond que

le sommeil des enfants, qui est vide de toute pensée!

CRESSIDA.--Adieu donc.

TROÏLUS.--Je t'en prie, remets-toi au lit.

CRESSIDA.--Êtes-vous las de moi?

TROÏLUS.--O Cressida! si le jour actif, éveillé par l'alouette, n'avait

pas réveillé les hardis corbeaux et chassé les songes et la nuit, qui ne

peut plus couvrir de son ombre nos plaisirs, je ne me séparerais pas de

toi.

CRESSIDA.--La nuit a été trop courte.

TROÏLUS.--Maudite soit la sorcière! Elle demeure auprès des enchanteurs

nocturnes jusqu'à les lasser autant que l'enfer; mais elle fuit les

embrassements de l'amour d'une aile plus rapide que le vol de la

pensée.--Vous prendrez froid, et vous me le reprocherez.

CRESSIDA.--Je vous en conjure, restez encore: vous autres hommes, vous

ne voulez jamais rester. O folle Cressida!--Je pouvais vous tenir encore

loin de moi, et vous seriez resté alors. Écoutez, il y a quelqu'un de

levé.

PANDARE, _à haute voix, dans l'intérieur de la maison_.--Quoi! toutes

les portes sont-elles donc ouvertes ici?

Troïlus et Cressida · 第 27 / 51 题