I
Nous supposons donc que Machiavel, mort, hélas! trois siècles trop
tôt, assistât vivant à la scène diplomatique que nous avons sous les
yeux, et qu'interrogé par les Italiens ses compatriotes sur le
meilleur parti à prendre pour régénérer l'Italie, il prît la parole
à Naples, à Rome, à Bologne, à Venise, à Milan, à Turin, soit dans
un conseil de diplomates italiens délibérant en famille sur les
affaires de la grande nation qui veut revivre, soit dans une de ces
tribunes que l'esprit moderne relève au milieu des peuples longtemps
muets.
Que verrait-il et que dirait-il? Il faudrait ici avoir le génie de
ces discours dont il illumine l'histoire ancienne pour le faire
parler dans sa langue; mais, sans prétendre à son nerveux et sublime
langage, laissons parler seulement son rude et clair bon sens.