André Doria vieillissait dans sa gloire, et ne sortait plus de son
palais, où il était retenu par ses infirmités; il avait remis le
commandement actif de ses galères à son neveu Gianettino Doria.
Fieschi, ennemi des Doria, qui avaient écarté du pouvoir la
turbulence populaire et la tyrannie oligarchique, conspirait dans
Gênes contre les Doria. Il sort de son palais au milieu de la nuit
avec les conjurés, pour attaquer à la fois le palais des Doria hors
la ville, et pour s'emparer des galères dans le port: Gianettino
Doria, accourant au port pour défendre les galères, est tué à la
porte de la ville. André Doria s'enfuit dans la campagne pour y
rassembler ses partisans; la flotte était déjà surprise, et Fieschi
posait le pied sur une planche pour passer sur la galère de
l'amiral, quand il glissa dans la mer et s'y noya sous le poids de
son armure.
Ses complices, déconcertés par la disparition du chef, qui portait
seul le plan de la conjuration dans sa tête, abandonnent
l'entreprise, et offrent de remettre les galères et les ports au
seul prix d'une amnistie.
André Doria rentra, précédé de la terreur de son nom; sa vengeance
implacable, qui ne se ralentit qu'à l'âge de quatre-vingt-quatorze
ans, consterna Gênes et assombrit son nom. L'Espagne, après lui,
continua à prévaloir dans les conseils de la république.