Jusque-là le Piémont, peuplé de petites républiques municipales,
telles que Turin, Novarre, Asti, Brescia, Alexandrie, suivait de
loin les vicissitudes des républiques et des tyrannies lombardes.
Les marquis de Montferrat et les comtes de Savoie, princes des
montagnes des Alpes, descendaient de temps en temps sur l'Italie,
tantôt vainqueurs, tantôt vaincus par ces républiques, à peine
aperçus des grands États de la péninsule. L'Italie ne se doutait
pas que des gorges de la Savoie, domaine sauvage des peuplades
allobroges, sortirait une puissance envahissante, militaire et
politique, qui aspirerait, quelques siècles plus tard, à concentrer
et à posséder l'héritage de Rome dans la main d'un roi des Alpes
héritier des barbares dont Rome ne savait même pas le nom.