Il revient de Vérone; par une série de manéges moitié loyaux, moitié
équivoques, il monte au ministère des affaires étrangères, d'où son
ami M. de Montmorency descend; il y monte sous prétexte de
temporiser avec M. de Villèle, pour ajourner l'intervention en
Espagne voulue par Mathieu de Montmorency, son patron; il n'est pas
plutôt ministre qu'il précipite, pour complaire aux royalistes,
cette même intervention en Espagne, et qu'il se vante de l'avoir
arrachée à lui tout seul au gouvernement. Il tombe ensuite du
ministère sous le juste mais excessif mécontentement de M. de
Villèle, premier ministre. Sa colère passe toutes les bornes, même
de l'honnête; il se fait le tribun implacable, non de ses principes,
mais de son ambition. Ses lettres, pendant qu'il est ministre, ne
sont que des billets: les ambitieux ont-ils le temps d'aimer? Les
apparitions à l'Abbaye-aux-Bois ne sont que des éclairs: les
ministres ont-ils des loisirs? La correspondance, brève et pleine de
réticences, respire encore la tendresse dans les mots, mais les
mots, quoique tendres, sont glacés; on sent qu'ils déguisent bien
des distractions et peut-être bien des offenses à l'amitié.