XXIX

Il revient de Vérone; par une série de manéges moitié loyaux, moitié

équivoques, il monte au ministère des affaires étrangères, d'où son

ami M. de Montmorency descend; il y monte sous prétexte de

temporiser avec M. de Villèle, pour ajourner l'intervention en

Espagne voulue par Mathieu de Montmorency, son patron; il n'est pas

plutôt ministre qu'il précipite, pour complaire aux royalistes,

cette même intervention en Espagne, et qu'il se vante de l'avoir

arrachée à lui tout seul au gouvernement. Il tombe ensuite du

ministère sous le juste mais excessif mécontentement de M. de

Villèle, premier ministre. Sa colère passe toutes les bornes, même

de l'honnête; il se fait le tribun implacable, non de ses principes,

mais de son ambition. Ses lettres, pendant qu'il est ministre, ne

sont que des billets: les ambitieux ont-ils le temps d'aimer? Les

apparitions à l'Abbaye-aux-Bois ne sont que des éclairs: les

ministres ont-ils des loisirs? La correspondance, brève et pleine de

réticences, respire encore la tendresse dans les mots, mais les

mots, quoique tendres, sont glacés; on sent qu'ils déguisent bien

des distractions et peut-être bien des offenses à l'amitié.

Cours familier de Littérature - Volume 09 · 第 68 / 215 题