L’affaire de Tialo (1906), qui coûta la vie au djerma Smaïn, a enlevé
cette région aux Ouadaïens, qui n’y paraissent plus guère. C’est
pourquoi les Diongor du pied de la montagne peuvent actuellement
cultiver la plaine en toute sécurité. Ils récoltent principalement les
différentes variétés de mil, le sorgho, le maïs, les arachides et le
tabac[463]. Il y a également des champs de culture à l’intérieur de la
montagne, laquelle contient de l’eau durant toute l’année. Grâce au
refuge qu’elle constituait pour eux, les Diongor restèrent toujours
indépendants. Mais comme les villages sont nombreux, une centaine
environ, dont quelques-uns comptent plusieurs milliers d’habitants, les
Diongor étaient obligés d’utiliser la moindre parcelle de terrain. Rien
ne saurait donner une idée de la vie que menaient ces pauvres gens,
seuls à être restés indépendants dans leur âpre montagne, alors que les
pays d’alentour étaient sans cesse sillonnés et pillés par les
Ouadaïens. A la saison des pluies, quand l’eau entraînait le peu de
terre qui constituait le champ de mil de maint Diongor, celui-ci
reconstituait son champ avec de la terre rapportée, afin de pouvoir se
procurer le mil indispensable à sa misérable existence. Inutile de dire
que les habitants du pied de la montagne voyaient très souvent leurs
récoltes devenir la proie des Ouadaïens, lorsqu’elles n’étaient pas tout
bonnement saccagées ou incendiées. Les Diongor surpris dans la plaine
étaient réduits en esclavage.
La montagne était le refuge des Diongor et les faisait vivre. Tous les
efforts des Ouadaïens, pour réduire ce foyer d’indépendance, échouèrent
piteusement. Le sultan ʿAli lui-même y subit un sanglant échec, et le
souvenir de cette aventure est resté très vif dans l’esprit des
indigènes. Il est naturel d’ailleurs que, étant donnée la personnalité
de ʿAli, le vainqueur du mbang Abou Sekkin, la victoire des Diongor ait
eu un grand retentissement.
On raconte que ce sultan avait dit un jour à l’un de ses familiers :
« Dis-moi donc quel est le pays qui n’obéit pas à mes ordres ? » L’autre
lui répondit alors : « Oui, tous les pays, depuis le Darfour jusqu’au
Tchad et depuis le Chari jusqu’au Borkou reconnaissant ta puissance.
Seuls, les Djenakheré du Guéra sont restés indépendants et jamais
personne n’a réussi à pénétrer dans leur montagne ». ʿAli fut, dit-on,
piqué par cette réflexion et il voulut réduire les Diongor.
Le sultan du Ouadaï s’avança vers le Guéra avec son armée et attaqua le
massif du côté de son extrémité nord. Mais les Ouadaïens, obligés de se
servir des mains pour escalader les flancs abrupts de la montagne, ne
purent pas utiliser leurs fusils à pierre. De plus, les Diongor
faisaient rouler sur eux d’énormes blocs de rochers, qui rebondissaient
le long de la montagne et venaient écraser des groupes entiers d’hommes.
Les soldats de ʿAli, épouvantés par cette lutte inégale et reconnaissant
d’ailleurs l’inutilité de leurs efforts, prirent la fuite. C’est alors
que s’avança, au bruit sourd des noungaras, le contingent du valeureux
Meri, aguid ez Zebada, le chef favori du sultan. Tout en marchant à la
montagne, Méri se moquait des fuyards et leur faisait ses adieux sur un
ton enjoué : « _Sama léna_ ! Adieu, mes amis, car je ne sais si je vous
reverrai ». Il se précipita sur les rochers, à la tête de ses hommes, en
brandissant son fusil et en criant son mépris aux inabordables Diongor :
« la Djenakheré, Kirdi, Oulâd el Kafir ! » Mais il fut bientôt tué, et
sa troupe se replia en désordre sur le reste de l’armée.
De nombreux Ouadaïens trouvèrent la mort dans cette affaire. Il faut
d’ailleurs que le sultan ʿAli, homme d’une énergie et d’une ténacité peu
communes, ait subi des pertes considérables, pour qu’il se soit résigné
à être vaincu par des fétichistes. Les Diongor, après avoir dépouillé
les cadavres, en firent un grand tas, et ce monceau de morts cachait,
paraît-il, le tronc d’un gros arbre, que l’on peut encore voir sur les
lieux. Cet échec fut très sensible à ʿAli, qui mourut sur la route du
retour à Abéché.
Les habitants du Guéra furent dès lors laissés tranquilles[464]. Seul,
Acyl, quelque temps avant son arrestation (1903), essaya de pénétrer
dans la montagne. Son camp était installé dans la plaine, non loin du
village diongor de Am Mbazera (au sud-ouest de l’endroit attaqué par
ʿAli). C’est à peine si les gens d’Acyl purent escalader les quelques
contreforts qui se trouvent de ce côté du massif. Quand ils virent les
énormes rochers qui roulaient sur eux, ils prirent prudemment la fuite.
Grâce à l’impunité que leur assurait la montagne, les Diongor tombaient
sur tous ceux qui passaient à leur portée[465]. D’un autre côté, il
était imprudent pour eux de s’aventurer dans la plaine. Ces habitudes de
pillage réciproque étaient normales dans toute la région des
fétichistes. C’est pourquoi, à force de vivre en se tenant sur leur
gardes, le caractère de tous ces Kirdi, des Diongor en particulier, a
été rendu méfiant. Ils sont toujours portés à croire que l’on veut,
suivant la méthode ouadaïenne, les piller, les molester, enlever leurs
femmes et leurs enfants et les réduire eux-mêmes en esclavage. Rendus
très craintifs par les attaques auxquelles ils ont été en butte pendant
de longs siècles, l’apparition d’une troupe dans la plaine les fait
sauter sur leurs armes et se sauver dans la montagne, car ils sont
persuadés que l’on vient à eux avec des intentions hostiles. Il faudra
quelque temps pour leur faire entendre le contraire, ces primitifs ne
comprenant pas, au premier abord, quel but, autre que le pillage,
peuvent se proposer les étrangers qui viennent dans leur pays. C’est
pourquoi ils ne se décideront que bien lentement à quitter les
misérables champs de l’intérieur de la montagne, pour aller cultiver la
magnifique plaine qui s’étend tout autour.
Les Diongor ont de nombreux chevaux et quelques petites chèvres, qui
broutent autour des cases[466]. Chaque village du pied de la montagne
possède un petit groupe d’Arabes Hémat (ʿAmer), qui ont des vaches et
quelques moutons et fournissent leurs protecteurs de lait et de beurre.
Les montagnes de toute cette région des fétichistes produisent du miel.
Les gens de Guéra, quoique insoumis, dépendaient nominalement de l’aguid
el Djaadné.
Les Diongor habitent aussi l’Abou Telfan, où se trouve une ligne de
collines rocheuses presque orientée du Nord au Sud. On raconte que
Moḥammed Chérif, arrivant dans la région avec ses Ouadaïens, y chercha
vainement un endroit pour camper. Il se serait alors écrié : _dâr da
tolfan_, ce pays est idiot ! Le mot resta et le pays fut appelé _Abou
Telfan_ : le pays idiot.
Autrefois, les Arabes Missiriyé (_ḥoumr_ et _zourg_) venaient passer la
saison sèche dans cette région, qui était restée jusque-là à l’abri des
razzias ouadaïennes. Mais depuis 1905, tout a bien changé. Après son
échec de Yao, le djerma ʿOthmân alla piller l’Abou Telfan et, depuis, la
situation n’a fait que s’aggraver. Les Missiriyé ne viennent plus dans
le pays, et les pauvres Diongor, obligés de se cacher dans la montagne
pour ne pas être réduits en esclavage, ne peuvent pas cultiver leurs
champs de mil. La misère était si grande dans l’Abou Telfan, en 1906,
les Ouadaïens y avaient fait de si belle besogne, que les Diongor
vendaient leurs enfants pour quelques moudd de farine de mil. Disons
d’ailleurs, en passant, que, chez les fétichistes (Kenga, Diongor,
etc.), il n’est pas rare de voir les parents céder leurs enfants pour
payer une dette ou pour faire un achat quelconque[467].
Les Ouadaïens, voyant leurs ressources en esclaves diminuer de jour en
jour, se sont rabattus sur ce malheureux pays, qu’ils ont ruiné et
dépeuplé. En 1907, le capitaine Bordeaux trouva, dans une caravane de
Tripolitains se rendant d’Abéché à Benghazi, un lot d’esclaves capturés
dans l’Abou Telfan. Ces pauvres gens furent délivrés et renvoyés chez
eux, par le Kanem, Bokoro et Yao.
Avant les razzias fréquentes de ces dernières années, l’Abou Telfan
comprenait environ une cinquantaine de villages. Le sultan du Médogo,
ʿAbd er Raḥman, était en relations très amicales avec une partie de ses
habitants. On y trouve, indépendamment des Diongor, quelques Toundjour
et Pouls. Les Oulâd ʿAmer, qui y étaient autrefois, ont quitté le pays
et sont actuellement installés entre Moïto et Bokoro. L’Abou Telfan est
rentré, depuis quelque temps, dans notre zone d’influence et, de ce
fait, la situation de ce pays va en s’améliorant.
Les Diongor s’enduisent le corps d’huile et d’onguents. Comme ils ne se
lavent guère, ils répandent une odeur désagréable. D’étroites relations
de parenté les unissent aux Saba, qui habitent la région de Sorki : les
deux populations auraient une origine commune et parleraient la même
langue. En tout cas, Kossat, le second du chef de Sorki, reçut un
excellent accueil des habitants de Guéra. Les Saba de Sorki, très
nombreux, ont le commandement sur les autres indigènes habitant leur
pays : Boua, Fagnan, Komin (du côté de Kidil), Bolgo et aussi quelques
Arabes.
Les Kirdi de la région comprise entre les montagnes des Kenga et celles
de l’Abou Telfan forment une population plus ou moins mêlée.
Les Korbo sont apparentés aux Diongor. Ils parlent une langue se
rapprochant de celle parlée au Guéra. On dit que ces indigènes seraient
le produit d’un mélange de Diongor, de Dadjo et même de Pouls (?). On
commence déjà à trouver chez eux les déformations des lèvres, qui vont
s’exagérant au fur et à mesure que l’on descend vers le Sud et
atteignent leur maximum de hideur chez les femmes de certaines tribus
sara. Le groupe de Korbo comprend plusieurs villages, situés au pied des
montagnes : Korbo, Narbé, Toumka, Garbodjo, Tialo. Les habitants
possèdent quelques troupeaux et surtout des chevaux. La montagne de
Korbo est une véritable forteresse et ses nombreux habitants ont pu
défier bien des attaques. Au commencement de 1903, Acyl y essuya un
échec sérieux, qui coûta la vie à son cousin Adem Kordé.
Les Kirdi du groupe de Bara sont apparentés à ceux de Korbo.
Les Dadjo sont également nombreux dans toute cette région. Ils habitent
Déléb, Douziad, Kedja, Azi, Amdakou, Abéréché[468] et les villages à
l’ouest de Bara : Sewilwil, Zama, etc. Ils forment également les groupes
de Banda[469] et de Mongo. La colline rocheuse de Mongo est entourée
d’un certain nombre de villages : Térémélé, Robiana, Baldié, Gadiéra,
Djokhana, Tagda. Les habitants de ces lieux possèdent quelques troupeaux
et, réfugiés dans leurs rochers, ils peuvent faire une certaine
résistance. Les Dadjo dépendaient autrefois soit de El Mâgné (Azi,
Douziad, Abéréché, etc.), soit de l’aguid el Masmadjé (Sewilwil, Banda,
Mongo, etc.). Ils sont assimilés aux Kirdi par les autres indigènes :
beaucoup d’entre eux ont cependant adopté les pratiques musulmanes.
Indépendamment des Diongor et des Dadjo, ces montagnes sont encore
habitées par des Kenga, des Kouka, etc., qui se sont mélangés au reste
de la population. On y trouve des femmes qui ont des coiffures analogues
à celles des femmes lisi[470].
* * * * *
[Note 463 : Dans toute cette contrée, les Kirdi se sont fait une
spécialité de la fabrication des bourmas de toute grandeur et des pipes
en terre cuite.]
[Note 464 : Cependant l’aguid el Djaadné, en août 1904, après avoir
simulé une marche sur le Fitri, tourna brusquement au Sud et alla piller
Zama.]
[Note 465 : Les insulaires du Tchad (Boudouma et Kouri) agissaient de
même.]
[Note 466 : Ces animaux cherchent parfois leur nourriture dans les
immondices. C’est pourquoi des indigènes de Boullong, venus avec notre
détachement, ne voulurent pas manger d’un cabri que nous avait offert le
chef d’Am Mbazera. Ils disaient que les cabris de ce village se
nourrissaient de _doungues_ (immondices, ordures). Nous avons constaté
plus tard, que les indigènes de la Côte-d’Ivoire ne partagent pas du
tout cette manière de voir : leurs moutons et leurs cabris qui se
tiennent constamment dans les villages et se nourrissent surtout
d’épluchures de bananes et d’ignames, fournissent d’ailleurs une viande
excellente ; celle des « moutons de case » est même tout
particulièrement appréciée.]
[Note 467 : C’est ainsi que nous avons trouvé au Guéra des Toundjour du
Kanem, qui y étaient venus acheter des captifs. Un Diongor leur avait
vendu son enfant pour quelques pagnes avec lesquels il comptait payer
une dette urgente. Indépendamment des captifs que l’on se procure ainsi,
d’une façon régulière, il y a également les indigènes qui sont enlevés
et réduits en esclavage, soit qu’ils appartiennent à des fractions
ennemies, soit qu’ils aient tout bonnement le tort de passer à côté de
la montagne. Ceux qui, parmi ces derniers, ont été pris très jeunes,
s’attachent à leurs ravisseurs et ne veulent plus ensuite les quitter.
Nous citerons, par exemple, le fait suivant : Lors d’une reconnaissance
dans le Guéra (octobre 1907), certains indigènes soumis, qui avaient à
se plaindre des Diongor, suivirent notre détachement. Un Kenga
d’Abouṭiour, entre autres, réclama son fils qui, tout jeune, avait été
enlevé par les gens d’Am Mbazera. L’enfant avait grandi depuis et se
trouvait, à ce moment-là, âgé d’environ 13 à 14 ans. Quand nous voulûmes
le rendre à son père, il se mit à pleurer et à se rouler par terre, en
disant qu’il ne partirait pas, qu’il voulait rester avec les
Diongor..... Très ennuyé, comme on peut croire, par cette situation
bizarre, nous essayâmes de lui parler de la peine qu’il allait faire à
ses parents, en particulier à sa mère, laquelle attendait à Abouṭiour le
retour de l’enfant perdu. Le jeune Kenga devenu Diongor se releva alors
et répondit avec la plus grande vivacité. Son discours, qui nous fut
traduit en arabe, débutait à peu près ainsi : « Mon père, ma mère,
_marada_, je m’en f..... Je ne les connais pas et je ne veux pas les
connaître. Je suis toujours resté avec les Diongor, je me considère moi-
même comme Diongor et je ne veux pas aller demeurer avec les Kenga. Ici
je bois de la mérissé, etc... »]
[Note 468 : Ces villages se trouvent sur la route d’Abou Zérafa au
Guéra, ou dans les environs. Ils furent souvent pillés par les
Ouadaïens, Acyl razzia complètement Azi, en 1902.]
[Note 469 : Notons que deux villages de cette région portent les noms de
Sara (chez les Kenga) et de Banda (chez les Dadjo) : le fait est très
curieux.]
[Note 470 : L’occupation du Ouadaï par nos troupes, en assurant la
tranquillité des pays fétichistes, va permettre aux indigènes de
descendre dans la plaine pour y faire leurs plantations. Kenga, Diongor,
Dadjo pourront circuler et faire du commerce en toute sécurité, et la
région trouvera enfin une prospérité qu’elle n’a jamais connue.
Cependant, après les événements du Massalat, des Ouadaïens réfractaires
se sont réfugiés dans l’Abou Telfan, dans les premiers mois de 1911 : il
sera donc nécessaire de les traquer et de débarrasser définitivement le
pays de ces bandes malfaisantes, qui n’ont jamais laissé derrière elles
que la ruine et la désolation.]
IV
LES SOKORO
* * * * *
Les Sokoro habitent la région de Babna, Bédanga, Bondjo et Méré. On en
trouve aussi quelques-uns entre Bédanga et Melfi (Ngogmi-Boudia).
Ces indigènes appartiennent à la même famille que les Kenga : leur
langue est apparentée au kenga et Nachtigal dit qu’elle présente
quelques points de contact avec le maba[471].
* * * * *
[Note 471 : _Sahara und Sûdân_, t. II, p. 689.]
V
LES FAGNIA
* * * * *
Les Fagnia ou Fagnan habitent principalement, au sud de Boli, la région
comprise entre le pays des Boua et le lac Iro. Ces indigènes, qui
étaient souvent razziés par les Arabes et par l’alifa de Korbol, durent
se réfugier sur des rochers, où ils installèrent leurs villages. Ils
sont agriculteurs. Certains d’entre eux, surtout dans les districts du
Sud, sont musulmans, et cela leur vaut d’être appelés Nouba par les
Arabes.
* * * * *
VI
LES BOUA
* * * * *
Les Boua résident dans tout le pays au sud de Melfi, et particulièrement
dans la région Damraou-Korbol-Gamkoul. Ces indigènes ont la réputation
d’être très belliqueux. Ils habitaient autrefois du côté de Merdja, au
nord-est de Melfi, où ils eurent à repousser une attaque des Pouls.
L’alifa de Korbol, qui commandait aux Boua, était le vassal du sultan du
Baguirmi. Les luttes furent d’ailleurs fréquentes entre Baguirmiens et
Boua. Au moment où nous occupâmes le pays, l’alifa avait réussi à
s’affranchir de toute dépendance. C’est nous qui avons rétabli
l’autorité de Gaourang sur les Boua. L’accord ne régnant pas entre le
sultan et l’alifa, ce dernier fut exilé à Bol : on le renvoya plus tard
à Tchekna. Les Boua du chef Ouédou ont fait, tout dernièrement, une
tentative d’exode au Bornou (1908).
Les Boua sont bien bâtis et vigoureux : leur teint noir est généralement
assez foncé. Quoique divisés en un grand nombre de fractions, ils
possèdent cependant un dialecte commun. Leur langue se rapproche plus ou
moins du baguirmien et Nachtigal dit qu’elle présente, sur certains
points, quelque analogie avec celle des Pouls[472].
Les Boua sont des fétichistes vaguement islamisés. Ils sont
agriculteurs, et leurs villages se trouvent au pied des rochers qui
parsèment le pays.
FIN DU TOME PREMIER
[Note 472 : _Sahara und Sûdân_, II, 689.]
APPENDICE
* * * * *
Addition à l’article _Les Senoussi_, ch. II : LES TOUBOU (p. 127 et
suivantes).
Une section méhariste est installée en réserve à Tahoua. Elle aide la
section de l’Azbin à assurer la protection de l’azalaï, caravane de
Touareg qui, deux fois l’an, va chercher le sel du Kaouar : l’azalaï de
mars comprend 3.000 chameaux ; l’azalaï d’octobre a plus d’importance et
compte environ 10.000 chameaux.
* * * * *
Les Senoussia ont fortifié solidement le point de ʿAïn Galakka. De
nombreux guerriers — il y a, paraît-il, plus de 500 réguliers, pourvus
d’un uniforme et armés de fusils à tir rapide — assurent la domination
de Si Aḥmed Chérif au Borkou.
Une garnison ottomane, avec 6 pièces de canon et un colonel, se trouvait
à Bardaï, dans le Tibesti. Il est probable qu’elle évacua le pays dès le
début de la guerre italo-turque. Les Turcs ne se sont jamais installés à
ʿAïn Galakka, où les Senoussia restent les maîtres absolus. Il est donc
fort probable, ainsi que nous l’avons déjà dit, que les Khouân n’ont
arboré le drapeau ottoman que pour faire échec à l’occupation française.
Si Aḥmed Chérif attache une importance capitale à la possession de ʿAïn
Galakka. Le bruit a même couru qu’il songeait à évacuer Koufra pour
venir s’installer au Borkou. Il convient de n’accueillir ce
renseignement que sous toutes réserves : l’oasis de Koufra est un point
très bien situé, en plein centre des contrées qui reconnaissent
l’autorité spirituelle de Si Aḥmed Chérif, et il semble peu probable que
ce dernier se résigne à l’abandonner.
La sécheresse de l’année 1911 a provoqué une disette effroyable dans le
Tibesti et le Borkou, qui, en temps normal, sont déjà des pays
essentiellement déshérités. Les dattes et les quelques céréales de la
contrée n’ont fourni que de lamentables récoltes. Les habitants ont été
obligés, pour vivre, d’abattre un grand nombre de chameaux.
Les Senoussia du Borkou mènent une vie misérable, par suite de
l’impossibilité où ils se trouvent d’assurer leur ravitaillement en
grain. Au surplus, les fructueuses razzias de bétail, au détriment des
indigènes soumis à notre autorité, deviennent de plus en plus
problématiques. Néanmoins, les Khouân restent toujours nos adversaires
irréductibles : un de leurs rezzous est venu, en août 1911, piller la
région de Djadjidouna, en plein Territoire de Zinder.
Notons également qu’une mission allemande — comprenant un officier, mais
soi-disant scientifique — a, malgré l’opposition diplomatique de la
France, pénétré au Tibesti, venant de Mourzouk. Ce fait, s’ajoutant à
d’autres intrigues allemandes en Tripolitaine, a dû avoir une sérieuse
influence sur la brusque décision des Italiens d’envahir le vilayet,
pour profiter de la situation créée par l’affaire marocaine et, d’autre
part, mettre un terme à certaines convoitises étrangères.
* * * * *
=TABLE DES MATIÈRES DU TOME PREMIER=
* * * * *
Pages.
AVANT-PROPOS I
PREMIÈRE PARTIE
I. — _Les populations du Kanem._
I. — Les Kanembou 1
II. — Les Ḥaddâd nichâb 49
III. — Les Toundjour 73
IV. — Les Oulâd Slimân 85
V. — Le lac Tchad 104
DEUXIÈME PARTIE
II. — _Les Toubou._
I. — La population toubou 113
II. — Les Tedâ 122
III. — Les Ammâ Borkouâ 161
IV. — Les Toubou du Kanem 167
V. — Les Toubou du Baḥr el Ghazal et du Ouadaï.
Les Kreda 175
Les Kecherda 199
Les Noreâ 204
Les Cheurafadâ 207
VI. — Les Ḥaddâd Gourân 209
VII. — _Petite étude pratique de la langue toubou_
(dialecte des Dazagada) 213
TROISIÈME PARTIE
III. — _Les Lisi._
I. — Les Boulala 291
II. — Le Fitri 291
III. — Les Babalia 337
IV. — Les Kouka 339
V. — Les Médogo 349
QUATRIÈME PARTIE
IV. — _Les Fétichistes_ 353
I. — Les Kenga 354
II. — Les Abou Semen 363
III. — Les Diongor 365
IV. — Les Sokoro 373
V. — Les Fagnia 374
VI. — Les Boua 375
APPENDICE 377
* * * * *
ANGERS. — IMPRIMERIE ORIENTALE A. BURDIN ET Cie, RUE GARNIER.
Note du transcripteur :
Page 25, note 52, " _agaiast the tribus_ " a été remplacé par
" _against the tribes_ "
Page 32, " bornouanes du côté du Oudaï " a été remplacé par " Ouadaï "
Page 43, " partout, au Kanem et et au Dagana " a été remplacé par
" Kanem et au "
Page 73, " _Tounes et khadrâ djenna_ " a été remplacé par " _el_ "
Page 74, " abordé par par l’Ouest " a été remplacé par " abordé par
l’Ouest "
Page 104, " données fournies par les explorarateurs " a été remplacé
par " explorateurs "
Page 105, " La mission Thilo " a été remplacé par " Tilho "
Page 115, " _Fodidê_ (pr. _Foddê_) " a été remplacé par " pl. "
Page 132, " le désert ou il a établi " a été remplacé par " où "
Page 135, " le cas échant, s’employer énergiquement " a été remplacé
par " écheant "
Page 171, " seraient apparentés au Noreâ " a été remplacé par " aux "
Page 199, la section " III — LES KECHERDA " changée à " II "
Page 200, " sont actuellement intallés dans " a été remplacé par
" installés "
Page 204, la section " IV — LES NOREA " changée à " III "
Page 206, " L’occcupation du Ouadaï par nos " a été remplacé par
" L’occupation "
Page 207, le chapitre intitulé " IV — LA CHEURAFADA " de la 2e partie
a été traité comme une section du chapitre V.
Page 213, note 279, " _Sprachen der ulten Welt_ " a été remplacé par
" _alten_ "
Page 217, sous _Karraou_, " des Arabes " a été remplacé par " des
Kreda "
Page 238, note 309, " que les premières lettes " a été remplacé par
" lettres "
Page 279, sous [_Ngaéla koréï_] _gouïenga_, " il rend " a été remplacé
par " il prend "
Page 280, Référence manquante placée après _djoundou_ {panier} (p.
279), et celle-ci et sa note considérées comme note 378 (aurait été à
la note 380). Cf. Carbou, _Méthode pratique pour l'étude de l'arabe
parlé au Ouaday..._, 1913, p. 182.
Page 284, " dialecte des Dazagarda, faite " a été remplacé par
" Dazagada "
Page 285, note 387, " y a éga-ment d’étonnantes analogies " a été
remplacé par " également "
Page 287, " ne dazagada, par la lettre _tch_ " a été remplacé par
" en "
Page 295, " d’origine arabe (tribut Hémat) " a été remplacé par
" tribu "
Page 296, " Ce fait semble semble démolir " a été remplacé par " Ce
fait semble démolir "
Page 298, " Bart était persuadé " a été remplacé par " Barth "
Page 311, " premiers sultan Baguirmiens " a été remplacé par
" sultans "
Page 313, " à payer donéravant un tribut " a été remplacé par
" dorénavant "
Page 318, " mit le le pays en coupe réglée " a été remplacé par " mit
le pays "
Page 318, " Ce dernier avait du resté " a été remplacé par " reste "
Page 341, " répond parfois une odeur " a été remplacé par " répand "
Page 357, " _siyād ed doukhmat_ " a été remplacé par " _siyâd_ "
La plupart des occurrences de "cheik" ont été remplacées par "cheïk".
Concernant les lettres diacritées d'un point souscrit, le point a été
supprimé dans quelques cas de : Ibraḥim, Abdallaḥ, Maḥdi ; et il a été
ajouté dans quelques cas de : Ahmed, Bahr, Haddâd, Hadjer, Hassan,
Hassen, Mahâmid, Mahariyé, Mehâreb, Mohammed, Moustafa.
L'ʿaïn en forme de ʿ a été ajouté dans quelques cas de : Abd,
Abdoullahi, Ali, Amer, Omar, Othman.
De plus, quelques changements mineurs de ponctuation et d’orthographe
ont été apportés.
Toute traduction interlinéaire a été placée sur une seule ligne à
l'aide de "{}".