NOTE DE TRANSCRIPTION:
L'orthographe originale a été conservée et n'a pas été harmonisée.
Seules quelques erreurs typographiques évidentes ont été corrigées.
Typographie: _italiques_
=gras=
caractères en exposant (à part les abréviations
courantes): 2^d, 8^{vo} etc.
caractères en indice: Y_{n}
Mathématiques: √(expression): racine carrée de (expression).
GASTON DARBOUX
PRINCIPAUX OUVRAGES DE M. ERNEST LEBON.
Chez M. Gauthier-Villars, Quai des Grands-Augustins, 55, Paris.
=Histoire abrégée de l'Astronomie.= Petit in-8, en caractères
elzévirs, titre en deux couleurs, avec 16 portraits et 1
Carte du Ciel; 1899 (_Ouvrage couronné par l'Académie
Française_). 8 fr.
=Théorie et Application des Sections homothétiques de deux
quadriques.= Grand in-8, avec 9 figures; 1884. 2 fr.
SAVANTS DU JOUR: _Biographie, Bibliographie analytique des
Écrits._ Grand in-8 (28-18), papier de Hollande, avec un
portrait en héliogravure (_Collection honorée d'une
Souscription de l'Académie des Sciences_):
=Henri Poincaré=, 1 vol. de VIII-80 p., 1er Juillet 1909. 7 fr.
Chez MM. Delalain Frères, Boulevard Saint-Germain, 115, Paris.
=Traité de Géométrie Descriptive= (comprenant la =Géométrie
Cotée=). 2 vol. grand in-8.
Ier VOLUME. _Classe de Mathématiques_, 286 épures dans
le texte; 3e éd., 1901. 5 fr.
IIe VOLUME. _Classe de Mathématiques spéciales_, 199
épures dans le texte, 1 Atlas in-8 de 14 planches
in-4 gravées; 1882. 12 fr.
=Table de Caractéristiques relatives à la base 2310 des
Facteurs Premiers d'un nombre inférieur à 30030.= Gr.
in-8, 12 pages de texte, 20 Tableaux; 1906 (_Ouvrage
honoré d'une Subvention de l'Association Française pour
l'Avancement des Sciences_). 1 fr. 50.
[Portrait de M. G. Darboux]
Phot. Valéry.
SAVANTS DU JOUR
GASTON DARBOUX
BIOGRAPHIE,
BIBLIOGRAPHIE ANALYTIQUE DES ÉCRITS,
PAR
Ernest LEBON,
Agrégé de l'Université,
Lauréat de l'Académie Française,
Correspondant de l'Académie royale des Sciences de Lisbonne
et de la Société royale des Sciences de Liége,
Membre honoraire de l'Académie de Metz.
[Logo de l'éditeur: ΑΕΙ Ο ΘΕΟΣ ΓΕΩΜΕΤΡΕΙ]
PARIS,
GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE
DU BUREAU DES LONGITUDES, DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE,
Quai des Grands-Augustins, 55.
10 JANVIER 1910.
(Tous droits réservés.)
TABLE DES MATIÈRES.
Abréviations. VI
SECTION I.--=BIOGRAPHIE.=
Notice sur M. GASTON DARBOUX. 1
Grades. Fonctions. Titres honorifiques. Prix. Décorations. 8
SECTION II.--=ANALYSE MATHÉMATIQUE.=
Rapport de M. CAMILLE JORDAN sur le Prix PETIT D'ORMOY. 13
Ouvrages. 15
Mémoires. Notes: _Analyse pure. Analyse appliquée à l'Algèbre._ 15
SECTION III.--=GÉOMÉTRIE INFINITÉSIMALE.=
Rapport de MICHEL CHASLES sur la Thèse de M. G. DARBOUX. 22
Analyse par JULES HOUEL d'un Ouvrage de M. G. DARBOUX. 23
Rapport de M. CAMILLE JORDAN sur le Prix PETIT D'ORMOY. 25
Ouvrages. 27
Mémoires. Notes. 29
SECTION IV.--=MÉCANIQUE ANALYTIQUE. MÉCANIQUE CÉLESTE
ET PHYSIQUE MATHÉMATIQUE.=
Analyse par PH. GILBERT de Notes de Mécanique dues à M. G.
DARBOUX. 37
Mémoires. Notes: _Mécanique analytique. Mécanique céleste.
Physique mathématique._ 41
SECTION V.--=MATHÉMATIQUES SUPÉRIEURES.=
Ouvrage. 47
Mémoires. Notes: _Algèbre. Géométrie synthétique. Géométrie
analytique. Mécanique._ 47
SECTION VI.--=HISTOIRE DES SCIENCES.=
Ouvrage. 55
Éloges et Notices historiques. 56
Discours nécrologiques. 57
Discours. 58
Conférence. 59
Notices nécrologiques. 59
Rapports. 60
Articles. 61
Analyses. 62
SECTION VII.--=PUBLICATIONS DIVERSES.=
Mémoires. Notes: _Mathématiques._ 68
Discours. 69
Rapports. 70
Comptes rendus. 71
Articles. 71
Préfaces. Analyses. 71
ABRÉVIATIONS.
A A I A _Archives de l'Association Internationale des Académies._
Paris, G.-V., in-4.
A M _Acta Mathematica._ Journal fondé et rédigé par G.
MITTAG-LEFFLER. Berlin, Stockholm; Paris, Hn., in-4.
A M P G _Archiv der Mathematik und Physik_, Geg. 1841 durch
J. A. GRUNERT, Her. von E. LAMPE,... Leipzig, B. G.
T., gr. in-8.
A S A P P _Annaes scientificos de Academia polytechnica do Porto_,
publicados sob a direcção de F. GOMES TEIXEIRA.
Coïmbre, gr. in-8.
A N S E N _Archives Néerlandaises des Sciences exactes et
naturelles_, La Haye, M. NIJHOFF, gr. in-8.
A S E N _Annales scientifiques de l'École Normale supérieure._
Paris, G.-V., in-4.
B A _Bulletin astronomique publié par l'Observatoire de
Paris._ Président de la Commission de rédaction: H.
POINCARÉ. Paris, G.-V., gr. in-8.
B A M S _Bulletin of the American mathematical Society._
Lancaster, PA., and New York, the MACMILLAN Society,
2^d s., in-8.
B D B _Börsenblatt für den Deutschen Buchhandel._ Redakteur:
MAX EVERS. Leipzig, in-4.
B M I P _Bulletin administratif du Ministère de l'Instruction
publique._ Paris, I. N., in-8.
B S M _Bulletin des Sciences mathématiques_, fondé en 1870
par GASTON DARBOUX, publié par GASTON DARBOUX, ÉMILE
PICARD et JULES TANNERY. De 1870 à la fin de 1884,
le titre fut _Bulletin des Sciences mathématiques et
astronomiques_. Paris, G.-V., gr. in-8.
B S M F _Bulletin de la Société mathématique de France._ Paris,
G. V., gr. in-8.
B S P _Bulletin de la Société philomathique de Paris._ Paris,
S., de 1864 à 1888, in-8; ensuite gr. in-8.
C E St L _Congress of Arts and Science, Universal Exposition,
Saint Louis, 1904._ Boston and New York, HOUGHTON,
v. I, 1905, large 8^{vo}.
C M C _In Memoriam_ DOMINICI CHELINI _Collectanea
mathematica_, nunc primum edita cura e studio L.
CREMONA et E. BELTRAMI. Neapoli, Pisis, sumptibus
ULRICI HOEPLI, 1881, gr. in-8.
C M D _Cours de Mécanique_ par M. DESPEYROUS. Paris, Hn.,
t. I, 1884; t. II, 1886, gr. in-8.
C M F _Časopis pro pěstování matematiky a fysiky_, redigu jí
K. PETR, BOH. KUČERA. Praze, B. STÝBLA, gr. in-8.
C R _Comptes rendus hebdomadaires des Séances de l'Académie
des Sciences._ Paris, G.-V., in-4.
E C C Affaire DREYFUS. La Revision du Procès de Rennes.
Enquête de la Chambre criminelle de la Cour de
Cassation, 5 mars-19 novembre 1904. Paris. Ligue des
Droits de l'Homme, 1908, 1909, gr. in-8.
I _L'Institut._ Journal universel des Sciences et des
Sociétés savantes en France et à l'Étranger.
Première section jusqu'à la fin de 1872. Nouvelle
série à partir de 1873. Paris, in-4.
I F _Institut de France._ Paris, F.-D., in-4.
I M _L'Intermédiaire des Mathématiciens_ fondé en 1894 par
C.-A. LAISANT et ÉMILE LEMOINE. Paris, G.-V., in-8.
J F M _Jahrbuch über die Fortschritte der Mathematik._ Beg.
von CARL OHRTMANN. Her. von EMIL LAMPE. Berlin,
GEORG REIMER, gr. in-8.
J L _Journal de Mathématiques pures et appliquées_ fondé
par J. LIOUVILLE, rédigé par CAMILLE JORDAN. Paris,
G.-V., in-4.
J S _Journal des Savants._ Paris, H., in-4.
J S T _Jornal de Sciencias mathematicas e astronomicas_
publicado pelo Dr GOMES TEIXEIRA. Coïmbre, gr. in-8.
L C D _Literarisches Centralblatt für Deutschland._ Beg. von
FREDRICH BARNCKE. Her. von EDWARD BARNCKE. Leipzig,
E. AVENARIUS, in-4.
L C K _Leçons de Cinématique_ professées à la Sorbonne par
GABRIEL KŒNIGS. Paris, Hn., 1897, gr. in-8.
L T S D _Leçons sur la Théorie générale des surfaces et les
Applications géométriques du Calcul infinitésimal_,
professées à la Sorbonne par GASTON DARBOUX. Paris,
G.-V., 1887-1896, 4 v. gr. in-8.
M A _Mathematische Annalen_, Beg. 1868 durch ALFRED CLEBSCH
und CARL NEUMANN. Her. von FELIX KLEIN,... Leipzig,
B. G. T., gr. in-8.
M A S _Mémoires de l'Académie des Sciences de l'Institut de
France._ Paris, G.-V., in-4.
M G G _The mathematical Gazette_ edited by W.-J. GREENSTREET.
London, GEORGE BELL, in-8.
M G M N _Mitteilungen zur Geschichte der Medizin und der
Naturwissenschaften._ Her. von S. GÜNTHER und K.
SUDHOFF. Hamburg, Voss, in-4.
M M P _Monatshefte für Mathematik und Physik._ Her. von G.
V. ESCHERICH, F. MERTENS und W. WIRTINGER. Wien, J.
EISENSTEIN, gr. in-8.
Ms _Mathesis._ Recueil mathématique publié par P. MANSION
et J. NEUBERG. Gand, AD. HOSTE; Paris., G.-V., gr.
in-8.
M S A S _Mémoires présentés par divers Savants à l'Académie
des Sciences de l'Institut de France._ Paris, I. N.,
in-4.
M S S B _Mémoires de la Société des Sciences physiques et
naturelles de Bordeaux._ Paris, G.-V.; Bordeaux, gr.
in-8.
N _Nature._ London and New York, in-4.
N A M _Nouvelles Annales de Mathématiques_, fondées en 1842
par GÉRONO et TERQUEM, dirigées par C.-A. LAISANT,
C. BOURLET et R. BRICARD. Paris, G.-V., in-8.
N A W _Nieuw Archief voor Wiskunde_ onder redactie van J. C.
KLUYVER, D. J. KORTEWEG en P. H. SCHOUTE. Amsterdam,
DELSMAN en NOLTHENIUS, gr. in-8.
N T M _Nyt Tidsskrift for Matematik_, Redigeret of C. JUEL
og V. TRIER. Kobenhavn, JUL. GJELLERUP, in-8.
P L M S _Proceedings of the London Mathematical Society._
London, F. HODGSON, in-8 jusqu'en 1903, gr. in-8 à
partir de 1904.
P M L _Periodico di Matematica per l'Insegnamento
secondario_, diretto dal Prof. GIULIO LAZZERI.
Livorno, R. GIUSTI, gr. in-8.
R I E _Revue internationale de l'Enseignement_ publiée par
la Société de l'Enseignement supérieur. Rédacteur en
chef: FRANÇOIS PICAVET. Paris, 20, rue Soufflot, gr.
in-8.
R M _La Revue du Mois._ Directeur: ÉMILE BOREL. Paris,
H. LE SOUDIER, gr. in-8.
R M M _Revue de Métaphysique et de Morale_: Secrétaire de la
rédaction: M. XAVIER LÉON. Paris, A. C., gr. in-8.
R O _Revue générale des Sciences pures et appliquées._
Directeur: LOUIS OLIVIER. Paris, in-4.
R P A B _Rapport sur les Progrès les plus récents de l'Analyse
mathématique_ par J. BERTRAND. Paris, Impr. Impér.,
1867, gr. in-8.
R P G C _Rapport sur les Progrès de la Géométrie_ par M.
CHASLES. Paris, I. N., 1870, gr. in-8.
R R _Revue scientifique. Revue rose._ Directeur de la
rédaction: CH. MOUREU. Paris, 41 _bis_, rue de
Châteaudun, in-4.
S S A S _Société de secours des Amis des Sciences. Compte
rendu des Exercices._ Paris, G.-V., in-16 jésus.
U P R Académie de Paris. Conseil général des Facultés ou
Conseil de l'Université de Paris, à partir de
1895-1896. _Rapports sur les travaux et les actes
des Établissements d'Enseignement supérieur pendant
l'année scolaire..._ Paris, gr. in-8.
Z M P _Zeitschrift für Mathematik und Physik._ Her. von O.
SCHLÖMILCH und M. CANTOR. Leipzig, B. G. T., gr. in-8.
aa. aargang.
Afd. Afdeling.
Abt. Abteilung.
Bd. Band.
Beg. Begründet.
d. R. dritte Reihe.
f. fascicule.
Geg. Gegründet.
Ht. Heft.
Her. Herausgegeben.
J. Jahrgang.
Lit. Literaturberichte.
n. note.
n. s. nouvelle série, new series.
R. Ročnick.
S. Seite.
s. série, series.
A. C. Armand Colin.
A. M. A. Marty.
B. G. T. B. G. Teubner.
D. Delagrave.
F.-D. Firmin-Didot.
G.-V. Gauthier-Villars.
H. Hachette et Cie.
H. L. H. Laurens.
Hn. A. Hermann; Hermann et Fils.
I. N. Imprimerie nationale.
S. A la Sorbonne.
GASTON DARBOUX
SECTION I.
BIOGRAPHIE.
NOTICE SUR M. GASTON DARBOUX.
M. _Jean-Gaston_ DARBOUX, aîné des deux fils d'un commerçant en
mercerie, naquit à Nîmes le 13 août 1842, dans une maison qui avait été
autrefois une chapelle de la cathédrale. Son père, de santé délicate,
mourut en 1849. C'était un homme instruit. Il laissait quelques livres
qui firent les délices de l'enfance et de la jeunesse de son fils aîné.
Sa mère prit avec courage la suite des affaires. Elle plaça ses deux
enfants dans une institution voisine de sa demeure, puis, en 1853, au
lycée de Nîmes. A cette époque le régime scolaire était plus sévère
qu'aujourd'hui: les deux frères, demi-pensionnaires, entraient au lycée
dès 6h du matin et n'en sortaient qu'à 8h du soir. Mme Darboux,
douée d'une intelligence peu commune, voyant que ses fils avaient
d'heureuses dispositions pour les travaux intellectuels, mit leur avenir
au-dessus de tout: au lieu de les associer à son commerce, elle leur
permit de continuer leurs études quand ils eurent pris le baccalauréat
ès sciences.
En octobre 1859, M. DARBOUX entra dans la classe de Mathématiques
spéciales du lycée de Montpellier. Le professeur, Charles Berger,
exposait clairement les matières de son cours, s'occupait de ses élèves
pendant les veillées, conduisait les meilleurs d'entre eux à la
bibliothèque où il leur faisait lire des Ouvrages de hautes
Mathématiques. Après une seule année de travail, M. DARBOUX se présenta,
surtout pour faire plaisir à son professeur, aux examens du concours
d'admission à l'École Polytechnique; déclaré admissible, il ne
voulut pas subir l'examen du second degré, car il avait déjà le désir
d'entrer dans l'enseignement. Il suivit de nouveau le cours de Charles
Berger et eut le rare bonheur, en octobre 1861, d'être admis premier à
la fois à l'École Polytechnique et à l'École Normale supérieure dans la
section des Sciences. Fidèle à son idée de devenir professeur, M.
DARBOUX choisit l'École Normale.
Cette résolution, qui lui avait été inspirée par son goût pour
l'enseignement, eut alors un grand retentissement dont J.-J. Weiss s'est
fait l'écho dans le _Journal des Débats_[1]. Auparavant l'immense
majorité des élèves qui étaient à la fois reçus aux deux Écoles, dans un
bon rang, entraient à l'École Polytechnique. M. DARBOUX a donné un
exemple qui a été suivi immédiatement; il a été le premier d'une série
qui contient des noms tels que ceux de Didon, de Paul Appell, d'Émile
Picard et de bien d'autres qui, comme lui, ont opté pour l'École
Normale. Sa mère vint elle-même le présenter à Pasteur, directeur des
études scientifiques. Comme il est naturel, celui-ci approuva tout à
fait la résolution prise par elle et par son fils. Bientôt après, en
parlant de ce choix, Désiré Nisard, directeur de l'École, écrivait, dans
une Lettre[2] adressée au ministre de l'Instruction publique, cette
phrase que Mme Darboux aimait à répéter à son fils: «C'est, dans nos
annales domestiques, le premier exemple d'une conquête de ce genre.»
M. DARBOUX eut en outre la satisfaction d'être autorisé par le ministre
à suivre, en dehors de l'École Normale, les cours qui lui plairaient. Il
profita de cette faveur pour assister aux leçons que Joseph Bertrand,
son maître de conférences à l'École, professait au Collège de France sur
la Physique Mathématique. Ce fut l'origine de l'amitié de ce géomètre
pour M. DARBOUX, qui, plus tard, conquit aussi l'estime et la
bienveillance d'autres savants, notamment de Bouquet, de Briot, de
Chasles et de Serret.
Pendant ses trois années de séjour à l'École Normale, M. DARBOUX se
livra, dans ses loisirs, à l'étude approfondie des belles questions
géométriques qu'avaient résolues Monge, Gauss, Poncelet, Dupin, Lamé,
Jacobi; il fit même, sur la théorie des surfaces orthogonales, un
travail que Serret présenta à l'Académie des Sciences le 1er août
1864 et dont le résumé fut inséré aux _Comptes rendus_. Bientôt après,
le 20 septembre 1864, M. DARBOUX était reçu premier au concours
d'agrégation des Sciences mathématiques. Pour lui, Pasteur fit alors
créer une place de préparateur agrégé de Mathématiques à l'École
Normale, car il voulait lui permettre de poursuivre des recherches si
bien commencées. M. DARBOUX eut ainsi le temps de composer, _sur les
surfaces orthogonales_, une thèse où il donnait beaucoup de résultats
nouveaux et qu'il soutint brillamment en Sorbonne le 14 juillet 1866.
Ses juges, Chasles, Serret, Bouquet, le félicitèrent hautement en le
déclarant docteur ès sciences mathématiques.
En 1866-1867, M. DARBOUX fut pris par Joseph Bertrand comme
remplaçant pour son cours de Physique mathématique au Collège de France,
et, en octobre 1867, Bouquet le fit nommer son suppléant dans la chaire
de Mathématiques spéciales au lycée Louis-le-Grand. Du 10 septembre 1868
au 26 septembre 1872, M. DARBOUX fut titulaire de cette chaire. Bien que
cette période ait été la plus chargée de sa vie professorale, c'est
l'une de celles où il fit, en Analyse et en Géométrie, un grand nombre
d'importantes recherches dont les résultats attirèrent l'attention des
savants français et étrangers. Parmi les publications de cette période,
il faut en citer deux, parues en 1870: d'abord des Notes _Sur les
équations aux dérivées partielles du second ordre_, qui ont ouvert une
voie nouvelle dans cette difficile théorie et dont la plus complète a
été reproduite par M. Paul Mansion dans un Ouvrage publié en 1892;
ensuite un long Mémoire _Sur une classe remarquable de courbes et de
surfaces algébriques et sur la théorie des imaginaires_, qui contient
soit le développement, soit le germe de plusieurs méthodes
intéressantes.
Le 1er octobre 1872, M. DARBOUX quitta définitivement l'enseignement
secondaire pour remplir les fonctions de maître de conférences de
Mathématiques à l'École Normale supérieure. Dès lors il se consacra,
avec un zèle soutenu, à la tâche si belle qui lui était confiée. Bersot,
directeur de l'École, appréciant ses efforts, lui témoignait son estime
et sa confiance en le consultant volontiers sur les questions relatives
à la Section des Sciences. Les résultats de ce zèle et de ces efforts
ont été ainsi appréciés, en 1895[3], par M. Jules Tannery: «Je ne veux
pas parler de ceux qui sont trop près de nous. Comment ne pas rappeler
pourtant que la Section mathématique de l'École a brillé d'un éclat
incomparable pendant que M. DARBOUX la dirigeait.»
Le 24 janvier 1873, M. DARBOUX fut désigné pour suppléer Liouville dans
sa chaire de Mécanique rationnelle à la Sorbonne. Mais à ses débuts il
se trouvait en présence de cinq ou six auditeurs seulement: les élèves
de l'École Normale avaient déserté le cours que Liouville, âgé et
malade, ne faisait que très irrégulièrement, et auquel Briot suppléait
dans ses conférences à l'École. Dès l'année suivante, ces derniers
reprirent le chemin de la Sorbonne, et M. DARBOUX eut la satisfaction
d'avoir des auditeurs aptes à suivre un enseignement qu'il avait dû
établir sur des bases nouvelles. Parmi eux, il convient de citer MM.
Paul Appell et Émile Picard, aujourd'hui ses collègues à l'Institut. On
retrouve dans ses Mémoires et dans les Notes qu'il a insérées à la fin
du _Cours de Mécanique_ de Despeyrous quelques-uns des points nouveaux
qu'il a développés en Sorbonne de 1873 à 1878.
La chaire de Géométrie supérieure à la Faculté des Sciences de Paris
avait été créée en 1846 pour que Chasles y développât les résultats
de ses nombreuses recherches ainsi que les théories de ses devanciers.
Mais plusieurs des questions que traitait ce géomètre ne tardèrent pas à
être enseignées dans les lycées. Aussi M. DARBOUX, succédant, le 28
décembre 1880, à Chasles, dont il avait été le suppléant pendant 2 ans,
dût-il donner au cours une physionomie tout autre. Par ses remarquables
travaux analytiques et géométriques, il s'était merveilleusement préparé
à inaugurer une ère nouvelle dans l'enseignement de la Géométrie
supérieure à la Sorbonne: c'est pourquoi, depuis une trentaine d'années,
cet enseignement s'est tellement modifié que la chaire occupée par M.
DARBOUX paraîtrait mieux dénommée si elle s'appelait chaire de
_Géométrie infinitésimale_.
M. DARBOUX possède les qualités d'organisateur à un degré aussi élevé
que celles de professeur. Il l'a révélé dans les hautes et délicates
fonctions de doyen de la Faculté des Sciences de Paris, auxquelles il
fut nommé, sur la proposition de ses collègues, par le ministre de
l'Instruction publique, le 12 novembre 1889. Mais, désireux de prendre
un repos qu'il avait bien mérité, M. DARBOUX demanda à être relevé de
ses fonctions avant l'expiration de son cinquième mandat: il fut nommé
doyen honoraire le 4 mars 1903. Le vif regret causé par cette démission
fut exprimé, dans les Rapports relatifs à l'Enseignement supérieur
pendant l'année scolaire 1902-1903, par M. L. Liard, vice-recteur de
l'Académie de Paris, président du Conseil de l'Université de Paris, et
par M. P. Appell, successeur de M. DARBOUX au décanat.
Au nom de M. L. Liard, le rapporteur, M. Ch. Lyon-Caen, a écrit: «M.
DARBOUX a, avec un zèle infatigable et l'intelligence la plus éclairée,
contribué au développement considérable qu'a reçu dans les dernières
années la Faculté des Sciences, et à l'organisation de l'Université de
Paris reconstituée. Son nom aura une place d'honneur dans l'histoire de
la Faculté des Sciences et dans celle de l'Université.»
Et M. P. Appell, plus explicite, a parlé en ces termes: «La Faculté
adresse à M. DARBOUX tous ses remercîments pour l'activité incessante,
pour l'intelligence vive et pratique, avec laquelle il a toujours
défendu ses intérêts, étendu son enseignement et accru son influence; la
comparaison de l'affiche des cours de 1888 et du budget de cette époque
avec le tableau de l'enseignement et du budget actuels montrent combien
l'administration de M. DARBOUX a été féconde. Jamais, d'ailleurs, aucun
de nos doyens ne s'était trouvé en présence d'une œuvre aussi
considérable à accomplir tant dans le domaine matériel que dans le
domaine de l'enseignement: reconstruction de la Sorbonne; constructions,
agrandissements et créations de laboratoires; organisation du P. C. N.;
créations de chaires et de maîtrises de conférences nouvelles.»
M. DARBOUX eut encore l'occasion de s'occuper d'affaires
administratives comme membre du Conseil supérieur de l'Instruction
publique, dont il fit presque toujours partie depuis 1888. Le 4 juillet
1908, il fut nommé vice-président de ce Conseil et bientôt après membre
de sa Commission permanente. Grâce au renom qu'il s'est acquis comme
savant et administrateur, il est devenu membre ou président d'un grand
nombre de Commissions universitaires, de divers Bureaux scientifiques de
l'État, de Conseils d'Observatoires nationaux, d'institutions
officielles ou privées.
Après avoir eu la vive satisfaction de voir ses recherches favorablement
appréciées par les savants, M. DARBOUX eut la joie d'être élu, le 3 mars
1884, membre de l'Académie des Sciences, dans la Section de Géométrie.
On peut se rendre compte de l'importance et de la variété des travaux
qui lui ont valu cet honneur si recherché en parcourant le Rapport que
M. Camille Jordan lut en public peu de temps après. Plus tard, le 21 mai
1900, en élevant M. DARBOUX aux fonctions de Secrétaire perpétuel pour
les Sciences mathématiques, ses collègues de l'Académie lui accordaient
la plus haute des marques d'estime et de confiance dont ils puissent
disposer. A cette nouvelle satisfaction éprouvée par M. DARBOUX se
joignirent de profonds regrets qu'il a exprimés publiquement en de
nobles termes, le 16 décembre 1901, dans un Éloge historique dont voici
le début: «Appelé pour la première fois à prendre la parole dans cette
enceinte, je crois remplir un devoir en vous présentant d'abord l'éloge
d'un homme que j'ai beaucoup aimé et profondément admiré, mon illustre
maître Joseph Bertrand.» En choisissant M. DARBOUX comme Secrétaire
perpétuel, l'Académie des Sciences a été bien inspirée. Ce savant marche
sur les traces de son spirituel devancier: comme lui, dans des Éloges et
Notices historiques, il expose en un style élevé la vie et l'œuvre
d'Académiciens décédés; comme lui, en présentant les pièces de la
correspondance, il donne d'intéressantes explications que les Membres de
l'Académie et le public écoutent toujours avec le plus vif plaisir.
Outre qu'il fait partie de l'Institut de France, M. DARBOUX est membre à
divers titres de 21 Académies royales ou impériales, docteur _honoris
causâ_ des Universités de Cambridge, Christiania et Heidelberg, membre
honoraire de l'Université de Kasan et de 11 Sociétés scientifiques
étrangères.
Le présent Opuscule contient la liste, le plus souvent avec des
analyses, de toutes les publications mathématiques de M. DARBOUX; il
suffit donc, dans cette Notice, d'indiquer les principaux caractères des
recherches de ce géomètre. M. DARBOUX a généralisé des questions dont
des cas particuliers avaient seuls été abordés. Il a su établir des
rapprochements entre des théories dont on n'avait pas encore aperçu les
points communs. Il a fait faire de sensibles progrès à la solution
de problèmes qui se rencontrent en Analyse et en Physique mathématique.
Dans un important Ouvrage sur la Géométrie infinitésimale, dont les
quatre Volumes ont été publiés de 1887 à 1896, il a exposé non seulement
les travaux de ses devanciers, mais encore ses recherches personnelles
qui auraient pu donner naissance à un grand nombre de Mémoires
originaux. A côté d'une exposition très complète des travaux des anciens
géomètres sur les surfaces minima, il faut remarquer des théories
entièrement nouvelles: celles, par exemple, de l'équation de Laplace, de
la déformation infiniment petite et des 12 surfaces, des systèmes
conjugués, des mouvements relatifs; une exposition originale des
principes de la Dynamique, une solution aussi complète qu'il est
possible de la donner actuellement du problème de la représentation
sphérique, etc. Il a aussi semé dans son travail un grand nombre de
remarques qui paraissent contenir le germe de futures découvertes.
Enfin, il ne néglige jamais de présenter les considérations géométriques
auxquelles conduit l'Analyse, ni celles qui permettent d'écrire avec le
plus de simplicité les équations qu'exige la solution algébrique d'un
problème. Avec le même soin et la même compétence, M. DARBOUX a commencé
en 1898, _Sur les systèmes orthogonaux et les coordonnées curvilignes_,
la publication d'un Ouvrage qui complète le précédent et dont on
souhaite vivement voir apparaître la suite. Il serait superflu de
rappeler que les deux théories précédentes ont toujours fait l'objet de
ses recherches favorites.
L'ensemble de ces deux Ouvrages constitue une histoire documentée de la
Géométrie infinitésimale pendant le XIXe siècle. M. DARBOUX a tracé les
grandes lignes de cette histoire dans la Conférence qu'il a faite au
Congrès des mathématiciens tenu à Rome en avril 1908. Quelques années
avant, au Congrès d'Arts et de Science tenu à Saint-Louis en septembre
1904, il avait lu une étude approfondie sur le développement de toute la
Géométrie moderne. De plus, il a fourni de précieux matériaux à
l'histoire des Sciences en analysant un grand nombre d'Ouvrages variés,
en composant quelques Éloges et Notices historiques et plusieurs
Discours qu'il a lus dans de solennelles cérémonies où il représentait
l'Institut, le Gouvernement ou l'Université de Paris. Tous ces écrits
donnent à M. DARBOUX une place importante dans le monde des lettres.
De taille élevée, d'aspect sévère et froid, M. DARBOUX intimide ceux qui
l'abordent pour la première fois. Heureusement cette impression s'efface
vite après quelques minutes d'entretien. On reconnaît alors qu'il est
bienveillant et que sous une écorce rude il cache un cœur généreux.
Il a plusieurs fois donné des preuves de ces deux qualités, notamment
depuis une dizaine d'années comme président de la Société de secours des
Amis des Sciences. Sa conversation, qui roule sur les sujets les plus
divers, est à la fois instructive et attrayante. Il reconnaît que
ses professeurs de Mathématiques ont découvert, éveillé et entretenu son
goût pour la Géométrie et il répète leurs noms avec émotion et plaisir.
Il s'efforce de juger sans parti pris et avec équité les questions qui
lui sont soumises. Lorsqu'il préside une commission, il a une confiance
absolue en ses collègues et il les défend s'ils sont attaqués. A
quelqu'un qui lui avait écrit qu'on avait cherché à surprendre la bonne
foi du président, il répondit: «Soyez persuadé, Monsieur, qu'aucun des
membres de la commission n'est capable de chercher à abuser de la
confiance de ses collègues». Dans toutes les circonstances de la vie, M.
DARBOUX procède avec méthode; il ne faut donc pas être surpris de
retrouver cette qualité lorsqu'il développe le programme de son cours et
qu'il écrit sur le tableau les équations dans l'ordre où elles se
présentent. Très consciencieux par nature, il ne laisse inachevé aucun
raisonnement et expose à ses auditeurs des leçons toujours soigneusement
préparées. Il existe dans sa bibliothèque une preuve irréfutable de ce
dernier fait: elle consiste en une douzaine de gros cahiers reliés, où
l'on peut trouver, clairement écrits par lui-même, les développements
des cours qu'il professa en Physique mathématique, en Mécanique
analytique et en Géométrie infinitésimale. Ces précieux manuscrits
renferment des méthodes et des remarques qu'il n'a pas publiées, mais
dont on pourra plus tard tirer profit, car son intention est de les
donner à l'Institut. M. DARBOUX est resté simple et modeste, bien qu'il
soit arrivé à une situation très élevée. Il importe de faire remarquer
qu'il la doit seulement à ses efforts et à son talent: aucun de ses
ascendants n'a occupé de position même modeste, dans le monde de la
science, de l'administration ou de la politique; si des savants l'ont
protégé au début de sa carrière et lui ont ouvert les portes de la
gloire, c'est qu'ils avaient vu dans ses travaux des points de nature à
faire progresser la Science et reconnu en lui des qualités de premier
ordre.
Désiré Nisard ne s'était pas trompé lorsque, dans sa Lettre[2] au
ministre de l'Instruction publique, il signalait M. Darboux comme «un
jeune homme du plus rare savoir et de la plus haute espérance».
E. L.
NOTES.
[1] _Journal des Débats_, Paris, 20 nov. 1861, in-fol., p. 1.
[2] _Journal général de l'Instruction publique_, Paris, v. 30,
nº 90, 9 nov. 1861, in-4, p. 723.
[3] _Le Centenaire de l'École Normale_, 1795-1895, Paris, H., 1895,
in-8 jésus, p. 394.
GRADES. FONCTIONS. TITRES HONORIFIQUES. PRIX. DÉCORATIONS.
JEAN-GASTON DARBOUX,
Né à Nîmes le 13 août 1842.
Élève au Lycée de Nîmes, du mois d'octobre 1853 au mois d'août 1859.
Élève au Lycée de Montpellier, du mois d'octobre 1859 au mois d'août
1861.
Bachelier ès Sciences, _reçu_ le 22 juillet 1859.
_Admis le premier_ à l'École Polytechnique, le 15 octobre 1861, et à
l'École Normale supérieure, section des Sciences, le 25 octobre 1861.
Élève à l'École Normale supérieure, du 25 octobre 1861 au mois d'août
1864.
Licencié ès Sciences mathématiques, _reçu_ le 9 juillet 1863.
Licencié ès Sciences physiques, _reçu_ le 7 août 1863.
Agrégé des Sciences mathématiques, _reçu le premier_ le 20 septembre
1864.
Docteur ès Sciences mathématiques de la Faculté des Sciences de Paris,
_reçu_ le 14 juillet 1866.
Préparateur pour les Sciences mathématiques et Sous-Bibliothécaire à
l'École Normale supérieure, _nommé_ le 26 septembre 1864.
Professeur suppléant en Mathématiques spéciales au Lycée SAINT-LOUIS, à
Paris, de 1864 à 1865.
Professeur suppléant en Mathématiques spéciales au Lycée LOUIS-LE-GRAND,
à Paris, _nommé_ le 31 octobre 1867.
Professeur de Mathématiques spéciales au Lycée LOUIS-LE-GRAND (ou
DESCARTES), à Paris, du 10 septembre 1868 au 26 septembre 1872.
Professeur remplaçant de M. J. BERTRAND au Collège de France, pour le
Cours de Physique mathématique, pendant l'année scolaire 1866-1867.
_Chargé_ de Conférences de Calcul différentiel et de Calcul intégral à
l'École Normale supérieure, le 1er octobre 1872; Maître de Conférences
de Mathématiques à cette École, du 18 septembre 1873 au 30 juillet 1881.
Professeur suppléant de M. LIOUVILLE à la Faculté des Sciences de Paris,
pour le Cours de Mécanique rationnelle, du 24 janvier 1873 jusqu'à la
fin de l'année scolaire 1877-1878.
Professeur suppléant de M. CHASLES à la Faculté des Sciences de Paris,
pour le Cours de Géométrie supérieure, du 18 septembre 1878 au 18
décembre 1880.
_Chargé_ du Cours de Géométrie supérieure à la Faculté des Sciences de
Paris, le 28 décembre 1880.
Professeur de Géométrie supérieure à la Faculté des Sciences de Paris,
_depuis_ le 9 avril 1881.
Membre du Comité de patronage de l'École pratique des Hautes Études,
_depuis_ le 20 novembre 1882; Vice-Président de la Section des Sciences
mathématiques de ce Comité, _nommé_ le 16 janvier 1901; Président de
cette Section _depuis_ le 16 janvier 1905.
Doyen de la Faculté des Sciences de l'Université de Paris, du 12
novembre 1889 au 4 mars 1903.
Doyen honoraire de la Faculté des Sciences de l'Université de Paris,
_nommé_ le 4 mars 1903.
Chargé de Conférences de Mathématiques à l'École Normale d'Enseignement
secondaire pour les jeunes filles, à Sèvres, _depuis_ le 31 octobre
1881.
Membre de l'Académie des Sciences (Institut national de France), à
Paris, _élu_, dans la Section de Géométrie, le 3 mars 1884.
Secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences pour les Sciences
mathématiques, _élu_ le 21 mai 1900.
Président de la première Assemblée générale de l'Association
internationale des Académies, à Paris, du 16 au 20 avril 1901.
Membre du Bureau national des Longitudes, à Paris, _nommé_ le 1er
décembre 1902.
Membre correspondant de l'Académie des Sciences de l'Institut royal de
Bologne, _élu_ le 1er mai 1873.
Membre correspondant de la Société royale de Liége, _élu_ le 19 mai
1873.
Membre correspondant de l'Institut royal Lombard de Sciences et de
Lettres, _élu_ le 7 février 1878.
Membre étranger de la Société royale des Sciences de Gœttingue, _élu_
le 6 juillet 1901; _élu_ Membre correspondant le 1er décembre 1883.
Membre étranger de la Société royale des Sciences de Danemark, à
Copenhague, _élu_ le 5 avril 1889.
Membre étranger de l'Académie royale des Lincei, à Rome, _élu_ le 13
février 1890.
Membre étranger de l'Académie royale des Sciences de Turin, _élu_ le 14
juin 1903; _élu_ Membre correspondant le 9 mars 1890.
Membre correspondant de l'Académie impériale des Sciences de
Saint-Pétersbourg, _élu_ le 29 décembre 1895 (v. s.).
Membre correspondant de l'Académie royale des Sciences de Prusse, à
Berlin, _élu_ le 11 février 1897.
Membre étranger de la Société royale des Sciences de Bohême, à Prague,
_élu_ le 11 janvier 1899.
Membre correspondant de l'Académie royale des Lettres et des Sciences de
Bavière, à Munich, _élu_ le 19 juillet 1899.
Membre ordinaire de la Société royale des Sciences d'Upsal, _élu_ le 2
novembre 1900.
Membre étranger de l'Académie royale des Sciences de Suède, à Stockholm,
_élu_ le 10 avril 1901.
Membre étranger de l'Académie royale des Sciences d'Amsterdam, _élu_ le
20 avril 1901.
Membre correspondant de l'Académie royale des Sciences de Hongrie, à
Budapest, _élu_ le 9 mai 1902.
Membre honoraire de la Société royale d'Édimbourg (_Societas Regia
Edinensis_), _élu_ le 7 juillet 1902.
Membre étranger de la Société royale de Londres, _élu_ le 27 novembre
1902.
Membre de la Société royale des Sciences de Christiania, _élu_ le 23
mars 1906.
Associé étranger de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des
Beaux-Arts de Belgique, à Bruxelles, _élu_ le 14 décembre 1906.
Membre correspondant étranger de l'Académie royale des Sciences de
Vienne, _élu_ le 28 mai 1907.
Membre correspondant de l'Institut royal Vénitien des Sciences, Lettres
et Arts, à Venise, _élu_ le 13 juin 1909.
Membre honoraire de la Société philomathique de Paris, _depuis_ le 23
décembre 1881; _élu_ Membre titulaire le 23 décembre 1871.
Membre honoraire de l'Académie de Nîmes, _élu_ le 5 décembre 1896.
Membre honoraire de l'Université impériale de Kasan, _élu_ le 28 mai
1893 (v. s.).
Docteur _honoris causâ_ en Sciences de l'Université de Cambridge, _élu_
le 2 juin 1899.
Docteur _honoris causâ_ en Mathématiques de l'Université royale
Frédéricienne de Christiania, _élu_ le 6 septembre 1902.
Docteur _honoris causâ_ en Philosophie naturelle de l'Université de
Heidelberg, _élu_ le 8 août 1903.
Vice-Président du Conseil supérieur de l'Instruction publique, _nommé_
le 4 juillet 1908; Membre de ce Conseil du 11 mai 1888 au 31 mai 1904 et
_depuis_ le 6 mai 1907; Membre de la Section permanente de ce Conseil du
2 juin 1896 au 31 mai 1904 et _depuis_ le 5 décembre 1908.
Membre du Conseil académique de Paris, à titre de Doyen de la Faculté
des Sciences, du 12 novembre 1888 au 4 mars 1903.
Président du Congrès des Sociétés savantes tenu à Montpellier en avril
1906, sous les auspices du Ministère de l'Instruction publique.
Au Ministère de l'Instruction publique:
Président du Comité des Travaux historiques et scientifiques,
_nommé_ le 3 décembre 1908; Vice-Président de ce Comité, _nommé_
le 20 novembre 1907; Membre de ce Comité _depuis_ le 4 novembre
1877;
Président du Comité consultatif de l'Enseignement public,
Commission des Sciences, _depuis_ le 18 mars 1907; Membre de ce
Comité _depuis_ le 4 juin 1880;
Vice-Président de la Commission des Bibliothèques populaires,
_nommé_ le 3 avril 1903; Membre de cette Commission _depuis_ le
11 avril 1882;
Membre de la Commission chargée d'examiner l'opportunité et les
conséquences de l'extension du système décimal aux mesures de
l'espace angulaire et du temps, _nommé_ le 12 janvier 1885;
Membre du Conseil d'administration et Président de la seconde
Section de la Commission technique de la Caisse des recherches
scientifiques, _depuis_ le 6 décembre 1902;
Membre, à titre de Secrétaire perpétuel, du Conseil des
Observatoires de province, _depuis_ sa création le 15 février
1907.
Président du Conseil de l'Observatoire national de Paris, _nommé_ le 20
mars 1908 et le 25 février 1909; Vice-Président de ce Conseil de 1903 à
1908; _nommé_ Membre de ce Conseil le 9 novembre 1892.
Vice-Président du Conseil du Bureau central météorologique de France, à
Paris, _depuis_ le 13 janvier 1899; _nommé_ Membre de ce Conseil le 11
décembre 1896.
Membre du Conseil de l'Observatoire national d'Astronomie physique de
Meudon, _nommé_ le 20 décembre 1899.
Président du Conseil de l'Institut Pasteur, _depuis_ le 24 juillet 1907;
Membre de ce Conseil, _depuis_ le 23 mai 1900.
Membre du Bureau national des Poids et Mesures, _nommé_ le 30 mars 1907.
Membre du Conseil du Muséum d'Histoire naturelle, _nommé_ le 9 février
1908.
Membre du Conseil supérieur des Beaux-Arts, _nommé_ le 15 juin 1908.
Membre du Conseil d'administration de l'Institut Océanographique,
_depuis_ le 18 octobre 1908.
Membre du Comité international des Poids et Mesures, _élu_ le 27 février
1909.
Membre du Conseil d'administration de la Fondation CARNEGIE, _élu_ par
l'Académie des Sciences le 10 janvier 1910.
_Délégué_ permanent de l'Académie des Sciences auprès de l'Association
Internationale des Académies _depuis_ le 31 juillet 1900; a assisté aux
Sessions de Paris en 1900 et 1901, de Londres en 1903 et 1904, de Vienne
en 1906 et 1907, de Rome en 1909.
_Délégué_ permanent du Gouvernement Français auprès de l'Association
géodésique internationale le 16 juin 1903.
_Délégué_ permanent du Gouvernement Français auprès de l'Association
internationale de Sismologie le 23 mai 1908.
_Délégué_ par le Gouvernement français pour le représenter aux Fêtes
organisées par la Ville et l'État de New York en l'honneur de HUDSON et
de FULTON, du 25 septembre au 9 octobre 1909.
Par le Ministère de l'Instruction publique:
_Nommé_ Membre de la Commission de publication des _Œuvres de_
FERMAT le 28 juillet 1882;
_Chargé_ de publier les _Œuvres de_ FOURIER le 29 mars 1885;
_Chargé_ de continuer la publication des _Œuvres de_ LAGRANGE
le 29 mars 1885.
Fondateur en janvier 1870, et premier Rédacteur depuis cette époque, du
_Bulletin des Sciences mathématiques et astronomiques_.
Directeur de la publication des _Annales scientifiques de l'École
Normale supérieure_, _depuis_ janvier 1901; Secrétaire de la Publication
de janvier 1885 à janvier 1901.
Directeur, à partir de 1894, de la publication d'un _Cours complet de
Mathématiques élémentaires_ (dont les Auteurs sont MM. ANDOYER, BOURLET,
HADAMARD, TANNERY, TISSERAND).
Membre du Comité de rédaction du _Journal des Savants_, de janvier 1900
à décembre 1902, du 22 avril 1907 au 31 décembre 1908.
Président du Bureau régional Français pour la publication de
l'_International Catalogue of scientific Literature_, _nommé_ le 16
novembre 1900.
Membre honoraire de la Société des Sciences physiques et naturelles de
Bordeaux, _élu_ le 17 février 1881; _élu_ Membre correspondant le 10
février 1870.
Président de la Société mathématique de France en 1878; Vice-Président
en 1877.
Membre honoraire de la Société scientifique et littéraire d'Alais, _élu_
le 9 janvier 1886.
Membre honoraire de la Société d'études des Sciences naturelles de
Nîmes, _élu_ le 14 avril 1893.
Membre du Grand Conseil du Musée social, à Paris, _depuis_ 1900.
Président du Conseil d'administration de la Société de secours des amis
des Sciences, _élu_ en avril 1900.
Vice-Président d'honneur du Congrès d'Arts et de Science tenu à Saint
Louis (États-Unis) du 19 au 24 septembre 1904.
Membre honoraire de la Société mathématique de Londres, _élu_ le 9 mai
1878.
Membre honoraire de la Société de Littérature et de Philosophie de
Manchester, _élu_ le 26 avril 1892.
Membre de la Société mathématique de Moscou, _élu_ le 17 mars 1896 (v.
s.).
Membre honoraire de la Société des Sciences de Finlande (_Societatis
Scientiarum Fennicæ_), à Helsingfors, _élu_ le 13 avril 1896.
Membre étranger de la Société Hollandaise des Sciences, à Harlem, _élu_
le 16 mai 1896.
Membre de la Société philosophique Américaine, à Philadelphie, _élu_ le
4 avril 1902.
Membre de la Société des Sciences mathématiques et physiques de
Budapest, _élu_ le 12 octobre 1905.
Membre honoraire de la Société mathématique de Kharkow, _élu_ le 12
novembre 1906 (v. s.).
Membre étranger de la Société Italienne des Sciences (_dite_ des XL), à
Rome, _élu_ le 10 mai 1908.
Membre pour les Mathématiques et l'Astronomie de l'Académie
LÉOPOLDINE-CAROLINE des naturalistes Allemands, à Halle, _élu_ le 4 août
1908.
Membre honoraire de la Société helvétique des Sciences naturelles, à
Genève, _élu_ le 31 août 1908.
_Décerné_ par l'Académie des Sciences de l'Institut national de France:
Prix PONCELET, pour l'ensemble de ses Travaux mathématiques, le
27 décembre 1875;
Grand Prix des Sciences mathématiques, le 23 avril 1877;
Prix PETIT D'ORMOY, pour les Sciences mathématiques, le 5 mai
1884.
Officier d'Académie, _nommé_ le 10 janvier 1872.
Officier de l'Instruction publique, _nommé_ le 10 janvier 1877.
Chevalier de la Légion d'honneur, _nommé_ le 27 juillet 1879.
Officier de la Légion d'honneur, _promu_ le 5 janvier 1892.
Commandeur de la Légion d'honneur, _promu_ le 10 août 1899.
Commandeur du Sauveur de Grèce, _nommé_ le 24 février 1893.
Grand-Officier de la Couronne de Roumanie, _nommé_ le 31 mai 1893.
Commandeur de l'Étoile Polaire de Suède, _nommé_ le 16 février 1896.