Vers la fin de sa vie, il perdit tout talent et peut-être sa fin
prématurée, encore qu'elle nous ait douloureusement chagrinés, lui
rendit-elle service. Il n'écrivait plus qu'avec ses procédés et ses
recettes d'accumulation et de répétition, sans qualités de narration, ce
qui, du reste, n'avait jamais été où il excellât, et désormais sans art
de description, de dessin ni de couleur. Mais ce qu'il y a à remarquer
ici, c'est que son caractère avait changé et aussi son point de vue. Il
était devenu optimiste autant que Renan écrivant _l'Avenir de la
science_; il croyait au progrès, aux puissances de l'humanité pour
devenir meilleure ou plus heureuse. 1848 renaissait en lui et Flaubert
n'eût pas reconnu le Zola qu'il avait pratiqué. Il se construisit, pour
soutenir et étayer ses nouvelles tendances, une philosophie très
sommaire, faite de croyance en la science considérée comme devant
renouveler l'essence morale de l'humanité et devant mener le genre
humain à la moralité et au bonheur. En cette conception nouvelle, il
procéda, comme précédemment, par affirmations énergiques, tranchantes et
répétées, sans instituer une théorie qu'il eût été très incapable de
concevoir et sans passer par des raisonnements qu'il eût été bien
incapable d'enchaîner, ni par des observations historiques dont tout
élément lui manquait. Il fut un très médiocre professeur de sociologie
scientifique et d'éthique scientifique, comme on pouvait facilement le
prévoir. Mais il fit, conduit par ces nouvelles rêveries un peu
confuses, des livres qui, s'ils étaient de mauvais romans, étaient de
bonnes actions. Tels _Travail_ et _Fécondité_.
Comme artiste il était fini et unanimement considéré comme tel; comme
bon apôtre, locution dont j'écarte l'ironie, il commençait. Il était
intéressant, du moins pour le psychologue, à suivre dans cette nouvelle
voie qui l'aurait amené, peut-être, comme un Tolstoï, dont je crois bien
que l'exemple l'hypnotisait un peu, à renier et à détester ses «oeuvres
de gloire». Il n'a eu, dans cette dernière manière, que des tâtonnements
qui n'attireront l'attention que de l'historien littéraire minutieux.