Si à chanter tes louanges parfois je me risque, je n'ose dans mes
vers ton grand nom exprimer; sondant le moins profond de cette vaste
mer, je tremble de m'y perdre et aux rives m'assure. En te louant
mal, je crains de te faire injure tandis que, d'autre part, la foule
qu'intriguent ces éloges répétés, brûlant de te connaître, essaie
de deviner et va à l'aventure s'enquérant de ton nom vénéré; mais
ébloui, si visible qu'il soit il ne le voit pas. Ce public grossier
ne te découvre pas; il en a le moyen cependant, mais ne s'en avise
pas: que ne compare-t-il du monde toutes les perfections, et, entre
toutes, que ne distingue-t-il la plus parfaite; si alors il peut
encore parler, qu'il crie hardiment: La voilà!