I
Pardon, amour! Pardon! Je te voue, ô Seigneur, le reste de mes ans,
ma voix, mes écrits, mes sanglots, mes soupirs, mes larmes et mes
cris; je ne veux rien de personne et tout tenir de toi. Hélas! comme
de moi la fortune se joue! Il n'y a pas longtemps, Amour, je me riais
de toi; j'ai eu tort, je le vois; je me rends, je suis pris, j'ai
trop défendu mon cœur et en suis aux regrets. Si, pour le garder,
j'ai retardé ta victoire, ne l'en maltraite pas; ta gloire en est
plus grande que si, du premier coup, tu m'avais abattu. Pense qu'un
vainqueur généreux, né pour être grand, une fois l'ennemi vaincu, dès
qu'il se rend, le doit estimer et l'aimer d'autant mieux qu'il a plus
combattu.