De toutes les conséquences de la guerre d'Orient, la moins inattendue
n'est certes point celle que signale cette photographie de marins
américains visitant, en troupe, les ruines d'Éphèse, que nous
reproduisons ci-dessus... La nécessité de maintenir l'ordre dans le
Levant avait amené l'un des bâtiments de l'escadre internationale
envoyée dans les eaux turques, le _Tennessee_, battant pavillon des
États-Unis, à stationner devant Smyrne. Le calme de la région donna,
fort heureusement, des loisirs à l'équipage du cuirassé: ils furent
employés de profitable façon.
Un beau matin de janvier, les matelots du _Tennessee_ se rendirent, sous
la conduite de leurs officiers, à Éphèse, à 60 kilomètres de la côte.
Les fouilles de ces dernières années ont mis à jour les magnifiques
vestiges de cette ville, l'une des plus florissantes jadis d'Asie
Mineure. Les marins purent admirer les témoignages de son antique
grandeur, attestée par de nombreux monuments, les Thermes, la
Bibliothèque, le Forum, le Théâtre, enfin. Guidés dans cette promenade
archéologique par le professeur Lawrence, de l'Institut américain de
Smyrne, ils écoutèrent, en élèves attentifs, ses explications; et ce
furent, dans les ruines, de petits cours improvisés, auxquels les
uniformes donnaient un pittoresque imprévu.
[Illustration: Les derniers francs-tireurs de Fontenoy-sur-Moselle,
réunis pour célébrer l'anniversaire du combat du 22 janvier
1871.--_Phot. P. Valek._]