1º parties (De jour )
colorées. (et de nuit,)
) Absorbent de l'oxygène et exhalent de
(A. Pendant ) l'acide carbonique.
(la nuit, )
2º PARTIES ( (Décomposent l'acide
vertes. ( (carbonique, exha-
(B. Pendant (lent l'oxygène et (a. De l'air.
(le jour, (gardent le carbone. (b. Des racines.
(Cet acide provient (c. De la combinai-
(de trois sources. (son de l'oxygène
(absorbé pendant
(la nuit avec le
(carbone de la
(plante.
Les phénomènes qui constituent essentiellement la respiration des
végétaux diffèrent donc totalement de ceux que nous a présentés la
respiration des animaux; les premiers versent dans l'air de l'oxygène,
gaz bienfaisant, source de vie; les seconds répandent, au contraire,
autour d'eux des flots d'acide carbonique, gaz impur et qui devrait
vicier l'air qui le reçoit; la respiration végétale servirait donc, à
purifier l'air souillé par le souffle impur des animaux. Quelques
observations viendraient à l'appui de cette idée: on sait que le fond
des mares est souvent couvert de végétaux qui forment, par leur réunion,
comme un tapis de verdure au fond des eaux. M. de Humboldt, observant
les poissons qui s'y trouvaient, s'aperçut qu'ils étaient pleins
d'ardeur et de vie lorsque le soleil dardait ses rayons sur l'eau; ils
paraissaient souvent, au contraire, épuisés et malades lorsque le soleil
ne se montrait pas, et quelques-uns même finissaient par mourir si le
ciel restait longtemps couvert. Frappé de ce fait, l'illustre
observateur analysa l'eau de la mare quand le soleil donnait, et ce ne
fut pas sans étonnement qu'il trouva que l'air contenu en dissolution
dans l'eau renfermait 80 à 90 pour 100 d'oxygène; ayant soumis ensuite à
l'analyse une certaine quantité d'eau de la même mare recueillie pendant
un temps sombre, il n'y trouva plus que 16 à 17 pour 100 d'oxygène.
Cette différence énorme expliquait le malaise des poissons durant les
heures ou ils ne pouvaient respirer une quantité suffisante d'oxygène,
et l'augmentation de ce gaz précieux lors des jours de soleil, jours de
joie et de santé pour les poissons, ne peut être attribuée qu'à
l'influence des végétaux de la mare, dont la respiration, activée par la
présence du soleil, purifiait l'eau en y versant une proportion plus
considérable de gaz oxygène. Mais ce fait isolé ne prouve pas, quelque
curieux qu'il soit, les rapports constants que plusieurs physiologistes
ont voulu établir entre les deux règnes, les mettant pour ainsi dire
sous la dépendance l'un de l'autre, en donnant aux animaux la tâche de
fournir l'acide carbonique nécessaire au règne végétal, et en chargeant
les plantes de débarrasser l'atmosphère de ce gaz impur et de le
remplacer par l'oxygène. M. Martins se hâte de prévenir ses auditeurs
contre ces idées spécieuses au premier abord, mais que l'expérience ne
confirme pas. Considérant la plante dans son ensemble, il remarque que
les parties vertes sont toujours les plus nombreuses, que pendant la
nuit la plante vicie l'air au lieu de le purifier, que pendant l'hiver
l'action du règne végétal cesse presque entièrement, et qu'enfin,
pendant le jour et durant la belle saison, le soleil refuse souvent à la
terre ses rayons vivifiants. Le professeur en conclut que les deux
actions se balancent et qu'en somme la présence du règne végétal
n'influe pas ou n'exerce du moins qu'une faible influence sur la
composition de l'air. Les expériences de Link Woodhouse et Grish
viennent donner à cette opinion un cachet de certitude. Ces observateurs
placèrent sous de grandes cloches des plantes entières chargées de
feuilles, de fleurs et de fruits; après un temps assez considérable,
l'air de la cloche fut soumis à l'analyse, et sa composition était la
même qu'avant l'expérience: il y avait eu un équilibre parfait entre les
différents phénomènes; ce que l'air avait gagné en oxygène par l'action
des parties vertes lui avait été repris par les parties colorées; il en
avait été de même pour l'acide carbonique, et l'air de la cloche n'avait
été ni vicié ni amélioré par la respiration de la plante. La chimie, par
la voix de M. Dumas, vient d'ailleurs confirmer l'opinion des
botanistes. L'illustre savant nous prouve par des chiffres que
l'influence du règne végétal est nulle sur les animaux. L'air qui nous
entoure, dit-il, pèse autant que 581.100 cubes de cuivre d'un kilomètre
de côté; son oxygène pèse autant que 134.000 de ces mêmes cubes. En
supposant la terre peuplée de mille millions d'hommes et en portant la
population animale à une quantité équivalente à trois mille millions
d'hommes, on trouverait que ces quantités réunies ne consomment en un
siècle qu'un poids d'oxygène égal à 15 ou 16 kilomètres cubes de cuivre,
tandis que l'air en renferme 134.000. Il faudrait 10.000 années pour que
tous ces hommes pussent produire sur l'air un effet sensible à
l'eudiomètre de Volta, même en supposant la vie végétale anéantie
pendant tout ce temps.» Nous voyons donc que, par des considérations
différentes, M Martins et M. Dumas arrivent au même but. La chimie, la
balance en main, vient confirmer les doctrines de la physiologie
végétale; leurs résultats sont d'accord: nous ne devons pas nous en
étonner, car les sciences sont soeurs et doivent marcher en se donnant
la main.
[Illustration: deco]
Margherita Pusterla..