A L'HÔTEL DE VILLE

A l'Hôtel-de-Ville, le maire demanda au colonel du bataillon de vouloir

bien arrêter un instant et monta au haut du perron. Près de lui vinrent

se ranger en haie les officiers supérieurs, les capitaines et les

lieutenants du bataillon.

La foule était énorme et une épingle n'aurait pu tomber à terre.

Quand le silence se fut un peu rétabli, le maire lut l'adresse suivante:

Col. Ouimet, officiers, sous-officiers et soldats du 65e bataillon.

Montréal par ma voix vous acclame et vous souhaite la plus cordiale et

la plus chaleureuse des bienvenues.

Montréal vous remercie pour vos sacrifices et pour votre ardent

patriotisme!

Vous avez répondu à l'appel de la patrie au moment du danger, et nous

vous avons suivis des yeux dans votre courte mais glorieuse carrière

militaire.

Vous vous êtes conduits là-bas comme des hommes de coeur et comme de

vieux soldats. C'est votre général qui se plait à le constater et je

suis heureux de pouvoir vous le dire au nom de tous les citoyens de

Montréal, sans distinction d'origine ou de croyance.

Soyez les bienvenus dans cette ville que vous aimez tant et qui,

aujourd'hui, est si fière de vous!

Soyez les bienvenus dans vos familles qui ont pleuré votre départ et qui

se réjouissent de votre retour.

Soyez les bienvenus parmi vos amis et parmi vos camarades de tous les

jours.

Au nom du conseil municipal, je vous offre officiellement les

remerciements de la ville de Montréal et je suis certain de me faire

l'écho de tous mes concitoyens, lorsque je déclare que le 65e bataillon

a bien mérité de la patrie.

Merci, colonel, merci, MM. les officiers! merci braves soldats qui êtes

allés offrir vos vies sur l'autel du patriotisme et du devoir.

Tous avez reçu le baptême de sang sans broncher et vos glorieux blessés

sont là pour prouver au monde que vous êtes les dignes fils des premiers

colons du Canada.

Le brave Valiquette a perdu la vie dans l'accomplissement d'un devoir

sacré.

--Honneur à sa mémoire!

Maintenant, mes amis, je comprends le légitime désir que vous avez

d'aller embrasser vos familles en passant par l'église où vous allez

remercier Dieu de vous avoir protégés tout spécialement.

Encore une fois, merci! Encore une fois, soyez les bienvenus parmi nous!

Permettez-moi, colonel. Ouimet, de vous presser la main, comme tous les

citoyens de Montréal voudraient pouvoir la presser, en ce moment, à tous

les hommes de votre bataillon!

***

Madame Beaugrand présente au colonel Ouimet un magnifique bouquet avec

attaches tricolores. Des bouquets sont aussi présentés aux majors Hughes

et Dugas, ainsi qu'aux officiers.

Puis on continue la marche; toujours la même foule, toujours le

même enthousiasme, et toujours les mêmes acclamations. Partout des

banderoles, des drapeaux, des festons, des saluts et des armes, et

à maints endroits des larmes de joie, d'orgueil et de triomphe. Nos

concitoyens anglais ont fait beaucoup pour ajouter à l'éclat de la

réception de nos troupes. Les bureaux du Pacifique, la Banque de

Montréal, le Bureau des Postes, le Saint Lawrence Hall, les Compagnies

d'Assurance, les banques, le Mechanics' Hall, la rue McGill, toute

belle, la partie de la rue Notre-Dame entre la rue McGill et la

paroisse, ravissante; il faudrait tout un volume pour décrire toutes ces

belles choses et pour dire avec quelle bonne volonté, avec quel coeur on

a fait tout ça.

Cent-vingt jours de service actif Récit Historique Très Complet de la Campagne du 65ème au Nord-Ouest · 第 76 / 83 题