Les commandements se font entendre et enfin on se met en marche, les
vétérans en avant, la musique du 65e, le colonel Ouimet escorté des
officiers délégués de tous les autres régiments, et enfin le bataillon.
En haut de la rue des Casernes, attend la tête de la colonne qui se
compose ainsi:
Une section d'artillerie, deux pièces de canon, trente hommes et quatre
officiers, le 85ème bataillon, les officiers et sergents du Prince
of Wales, un détachement du 6ème Fusiliers, un détachement des Royal
Scotts, les vétérans du 65e, les membres fondateurs du bataillon,
la musique de la Cité, les officiers de la brigade militaire et le
bataillon.
Le passage était littéralement bloqué, l'enthousiasme ne se ralentissait
pas et les bravos étaient ininterrompus: "Il y avait peut-être un plus
grand déploiement de richesse à Paris, lors du retour des soldats de
Crimée," nous disait un Français, "mais certainement que la réception
n'était pas plus cordiale, ni l'enthousiasme plus grand."
Lemay et Lafrenière, les deux blessés, avaient pris place dans une
superbe voiture. Inutile de dire qu'ils ont été l'objet d'une ovation.
Les dames leur lancèrent tellement de bouquets, que la voiture en
étaient remplie.
L'aumônier du bataillon, l'excellent Père Prévost, toujours fidèle au
poste, accompagnait les bons enfants.
Ce digne prêtre pleurait de joie en voyant l'accueil fait à ses jeunes
amis et en remerciait Dieu tout bas.
L'entrée triomphale dans la cité de Montréal commença et on parcourut la
rue Notre-Dame jusqu'à l'Hôtel-de-Ville.
Partout des banderoles et des drapeaux tricolores décoraient les
maisons.