A peine le train entre-t-il en gare que plusieurs citoyens, de Montréal,
parmi lesquels nous avons remarqué M, Arthur Dansereau, l'honorable E.
Thibaudeau, M. C. A. Corneiller, l'échevin Mount et autres, montent
dans le train et viennent serrer la main aux officiers et aux amis du
bataillon.
L'honorable E. Thibaudeau et M. A. Dansereau présentent au colonel
Ouimet un magnifique bouquet de rosés et de lys.
Le maire de Saint-Martin s'avance à son tour et lit cette adresse au
colonel:
Présentée au 65ème bataillon à son passage à la Jonction de
Saint-Martin, au retour de son expédition au Nord-Ouest.
Vaillant colonel et braves soldats,
Si jamais, nous, citoyens de Saint-Martin, avons été fiers et joyeux
de recevoir des amis c'est bien aujourd'hui. Aussi, est-ce de toute
l'effusion de nos coeurs que nous vous disons: soyez les bienvenus;
soyez les bienvenus, parce que à l'aide de votre bravoure, de votre
courage, et surtout de votre sagesse que vous avez déployé dans
cette expédition, vous nous avez convaincus que notre pays et notre
nationalité continueront de se fortifier et de se développer comme
par le passé. Vous nous avez convaincus que vous étiez les vaillants
descendants de Salaberry, et des héros des Plaines d'Abraham et de
Carillon.
Vaillant colonel et braves soldats, pendant que vous étiez là-bas
exposés aux misères des camps et à des dangers imminents, nous étions
dans l'anxiété et nous anticipions les événements tant nous avions à
coeur votre retour au milieu de nous. Enfin, vous voilà revenus sains
et saufs pour le plus grand nombre, ne laissant que quelques pertes
précieuses à déplorer. Et ce qui, nous fait plaisir c'est que le
bataillon, emporte avec lui les sympathies et l'estime de ceux que,
là-bas, vous avez contribué à faire rentrer dans le devoir.
Et voua, vaillant colonel en particulier, votre esprit de justice noua a
concilié l'estime des habitants du Nord-Ouest en adoptant des procédés
que tout homme juste doit approuver. Nous avons admiré votre conduite
quand vous avez établi à Edmonton une garde composée de Métis.
Comme vous nous pensons que ces hommes peuvent remplir dans leur pays
des charges, tout aussi bien que tout étranger qui nous arrive de
l'autre côté de l'océan. Peut-être que si ces procédés avaient été
suivis plus tôt par d'autres fonctionnaires publics, nous n'aurions pas
aujourd'hui tant de désastres à déplorer.
Dans les temps difficiles que nous traversons nous sommes heureux de
rencontrer des hommes forts et courageux pour sauver la barque fragile
de notre nationalité. Ainsi recevez donc nos éloges les plus sincères,
ils partent de coeurs vraiment généreux. Ce que nous, citoyens de
Saint-Martin, vous disons, tout le pays vous le dit. Vous avez mérité
beaucoup de la patrie et nous ne cesserons de vous féliciter.